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Tribune

Les peuples lointains sont devenus voisins

Par Gabriel BANON | Edition N°:5746 Le 22/04/2020 | Partager

On le connaît pour avoir tenu un débat/chronique sur Atlantic Radio. Gabriel Banon, ingénieur civil, économiste et expert en géopolitique, a développé une double carrière, en politique et en tant que patron d’entreprises industrielles. Conseiller économique de différents chefs d’Etat, il fut appelé dès le début du processus de paix au Moyen-Orient auprès du président Yasser Arafat (1994-2004). Chroniqueur sur Atlantic Radio, conférencier, consultant international, il a été élu «Géopoliticien de l’année 2003», par un panel de journalistes spécialisés à Genève. Gabriel Banon a publié 6 livres. Le 7e un manuel de géopolitique sorti l’année dernière. On soulignera que son angle de vue est celui des pays du Maghreb et du Moyen-Orient (Ph. L’Economiste)  

Le monde s’est immobilisé à mesure que le coronavirus se propageait. Avions cloués au sol, écoles fermées au Japon, en Italie, en France, au Maroc…  Les rassemblements sont interdits en Suisse et ailleurs. L’économie mondiale fait face au pire risque de récession depuis la crise financière de 2008.

Bien avant l’éclosion de l’épidémie, le Fonds monétaire international (FMI) avait prévenu que la reprise mondiale serait «poussive», «fragile» et susceptible de vaciller au moindre risque.

Les marchés financiers instables

Le coronavirus a démontré l’interdépendance des économies mondiales et l’inanité du contrôle de l’information devant le développement du Web et des réseaux sociaux. Le monde a pu constater que la planète est devenue un grand village où les peuples lointains sont devenus des voisins.

Les marchés financiers s’affolent face à la propagation du virus. La Bourse de Paris est à son plus bas niveau depuis 2016, et celle de Shanghai à son plus bas niveau depuis 2015. Celle de Milan s’est effondrée de 11% et celle de New York de plus de 7%. L’indice CAC40 est passé de 6.110 à 4.750 en quelques jours, soit une baisse de 24%. 25% de la capitalisation boursière a disparu. Comment, qui va assumer? Lui, vous, moi, nous. Les épargnants, les retraités assumeront une grande partie de ce marasme. Ces pertes vont hypothéquer le futur des jeunes générations. 

On remarquera que certaines des données chez les pays les plus riches ne sont pas à jour: Le libéralisme, en voulant redresser la gestion médicale, a créé des zones de risques, entraînant la mort, sans que le personnel politique s’en soit préoccupé. (Voir info ci-dessous)

Dans les secteurs concernés, l’industrie automobile, le secteur de l’électronique, et le secteur textile, dans chacune de ces branches, se joue un «effet domino».

Un «effet domino» lié au fait que la Chine représente 30% de tout ce qui est fabriqué dans le monde contre 1,2% en 2000.

Corona attaque les chaînes industrielles

On assiste à une réaction en chaîne, dans la mesure où les entreprises, quelles qu’elles soient, comptent sur une chaîne d’approvisionnement, qui mobilise l’ensemble de leurs fournisseurs.

L’automobile, par exemple, est un secteur qui fonctionne à flux extrêmement tendus: à chaque étape de la chaîne, il y a très peu de stock.

En paralysant l’économie réelle et la finance, l’épidémie du coronavirus a bouleversé la vie industrielle et politique un peu partout dans le monde.

  C’est un véritable coup d’arrêt que subit l’économie mondiale. Les conséquences vont se faire sentir durant des mois, voire quelques années, obligeant les gouvernements à mettre en priorité les dossiers économiques et sociaux. Les grandes manœuvres géopolitiques, les guéguerres interpuissances devront mettre une sourdine. N’en déplaise à Messieurs Trump et Boris Johnson, qui ont depuis mis de l’eau dans leur whisky.

Le changement qui se profile est ailleurs.

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Pour certains gouvernements, l’interdépendance a des limites et demande à revoir les politiques de délocalisation. Ira-t-on jusqu’à violer les lois du marché? Difficile!

  Si la mondialisation a eu un effet bénéfique sur les populations pauvres, elle a, par contre, porté un sérieux coup au pouvoir d’achat des classes moyennes en Occident.

  Toutes les mesures qu’il faudra bien prendre pour venir en aides aux entreprises et aux familles, toutes les politiques fiscales et budgétaires pour répondre à la grogne des classes moyennes, qui ira grandissantes, vont se faire dans les pires conditions. Celles d’une crise mondiale, d’un ralentissement du commerce international et de crash successifs dans les Bourses et les marchés financiers, bonjour les faillites.

Certains pays européens comme la France n’ont aucune marge de manœuvre budgétaire pour pratiquer la relance. Dans leur cas, la réduction du déficit public et de la dette est devenue pénalisante. Le retournement de la conjoncture, constaté bien avant l’apparition du coronavirus, va s’accélérer du fait des mesures qu’impose l’épidémie.

Il est d’ores et déjà crucial de préparer la sortie de crise à l’échelle nationale et encore plus, à l’échelle continentale. L’Europe et la BCE devront montrer leur détermination à frapper très vite et très fort pour stimuler la relance et rassurer les consommateurs et les entreprises.

La confiance, la confiance est de loin le meilleur antidote contre les crises.

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