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Economie

Mais où sont passés les masques?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5746 Le 22/04/2020 | Partager
Sur les 6 millions réservés aux pharmacies lundi, seul 1,2 million sur le marché
Le Conseil de l’Ordre des pharmaciens évoque des difficultés logistiques
Il assure que dans moins d’une semaine il y en aura suffisamment pour tous!

Des masques, le Maroc en fabrique des millions tous les jours. Le potentiel actuel est de 6 millions par jour. Parole du ministère de l’Industrie, qui annonce même que nous passerons à 10 millions quotidiennement d’ici la semaine prochaine. Mais où sont-ils?

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D’ici la semaine prochaine, le ministère de l’Industrie prévoit de monter à une production de 10 millions de masques par jour. Encore faut-il qu’ils arrivent jusqu’aux usagers... Ils devraient être notamment disponibles dans les pharmacies et les épiceries

Les masques sont quasi introuvables, que ce soit dans les pharmacies ou chez les épiceries, les deux canaux de vente retenus. Lundi 20 avril, quelque 11 millions d’unités ont été distribuées, selon le ministère, dont 6 millions pour les pharmacies d’officine. Or, les pharmaciens n’en auraient réellement reçu que 1,2 million. Comment expliquer un écart aussi gros?! Un seul masque sur cinq est ainsi parvenu aux acheteurs… Où sont passés les autres (4,8 millions)? 

Récemment, l’Ordre des pharmaciens a proposé de faire rentrer la grossisterie pharmaceutique dans le circuit de distribution. La décision a été prise lundi 13 avril pour les intégrer, afin d’alimenter les 12.000 pharmacies que compte le Maroc. Comment ça marche? «Le ministère de l’Industrie a choisi de vendre la totalité de sa production à un groupe privé. Ce dernier procède au dispatching sur huit plateformes qu’il possède dans plusieurs régions.

Les grossistes peuvent ainsi s’alimenter auprès des plateformes les plus proches d’eux, pour ensuite livrer les pharmacies d’officine», explique Hamza Guédira, président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens. Les grossistes ont commencé à s’approvisionner auprès des plateformes vendredi dernier. Le même jour dans l’après-midi, ils ont démarré la distribution.

«Il nous a fallu quelque trois jours pour mettre les choses en place. Nous sommes en train de monter en cadence», précise Guédira. Mais alors, où sont passés les quelques millions de masques manquant à l’appel. Guédira évoque des difficultés logistiques, pour une opération «assez lourde» à gérer.

Ce mardi 21 avril, 2 millions d’unités devaient être distribuées dans les pharmacies. Le Conseil de l’Ordre assure que dans moins d’une semaine le marché sera suffisamment alimenté. Guédira parle même «d’inonder le marché», avec au moins 3 millions d’unités quotidiennement, uniquement dans les pharmacies. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne? On le saura bien assez tôt…    

«Toute tentative de spéculation sera sévèrement punie. De toutes les manières, il s’agit d’un prix réglementé, à l’instar des médicaments. La boîte de 10 bavettes est vendue à 8 DH. L’idée au départ était de permettre à tout un chacun de se protéger afin de lutter contre la pandémie. Nous ne sommes pas dans une optique de business», souligne le président du Conseil de l’Ordre des pharmaciens, qui se défend de tout objectif commercial.

Selon Guédira, les pharmaciens gagnent 0,15 centime par unité, desquels il faut retrancher 20% de TVA. Le reste ne couvrirait même pas les charges. «Les pharmacies ont subi une baisse de 70% de leur activité en raison du confinement, alors qu’elles supportent des charges fixes substantielles, en plus des frais pour assurer leur sécurité et celle de leurs assistants. Nous estimons, néanmoins que c’est notre devoir de nous mobiliser pour notre pays», confie Guédira.

Les pharmacies vont non seulement vendre les masques, mais elles devront également conseiller les usagers sur la bonne manière de les porter, et aussi de s’en débarrasser, pour limiter au maximum les risques de contamination.

Ahlam NAZIH  

Masques en tissu: 9 entreprises certifiées

Après les masques à usage unique, l’Institut marocain de normalisation vient d’annoncer la liste des entreprises textile habilitées à fabriquer des masques en tissu lavable. Il s’agit de neuf entreprises dont trois sont basées à Casablanca et Tanger, une à Marrakech et deux à El Jadida. A noter que ces masques sont soumis à toute une batterie de tests, surtout en ce qui concerne l’innocuité du tissu à partir duquel ils sont fabriqués.
Le marché informel s’est déjà intéressé à la production de ces masques avec des produits à la qualité douteuse. Plusieurs descentes policières ont permis de démanteler des ateliers clandestins attelés à leur fabrication.
A.A

                                                                                 

Les masques «disponibles»… à la télévision

Les masques de protection sont devenus des sujets de plaisanterie. «Ils sont disponibles en quantités suffisantes pour tous les Marocains. Si vous voulez les acheter, il faut s’adresser directement à la télé…», ironise-t-on. Sur le terrain, l’on parle d’une denrée rare qui s’arrache au prix de «faveur»?

C’est ce qu’affirme Hassan Ataiche, président de la Chambre syndicale des pharmacies d’officine de Fès (CSPOF) pour qui «les masques subventionnés sont bel et bien arrivés chez les distributeurs de produits pharmaceutiques de la ville de Fès, vendredi dernier, et le lendemain en pharmacies, mais en petites quantités».

En fait, «les pharmaciens n’en ont reçu, depuis, que 3 ou 4 paquets de 10 unités par jour… ce qui est dérisoire par rapport à la forte demande quotidienne sur ces masques». Dénonçant une «mauvaise gestion sur toute la ligne, de l’obligation entrée en vigueur depuis deux semaines, à la communication, en passant par la production et la distribution», le président de CSPOF appelle à «revoir toute la démarche». «Il faut opter pour une répartition rationnelle des quantités produites sur l’ensemble des pharmacies», suggère-t-il. Ceci afin d’endiguer le phénomène de la pénurie et éviter les ambitions spéculatives.

En attendant, les textiliens sont sur le point de lancer la production de masques réutilisables et stérilisables. Ceci, après plusieurs jours d’attente (une semaine à deux pour les plus chanceux). «Trois de mes échantillons ont été validés par le Centre technique du textile et habillement (CTTH)», confie un opérateur de la ville de Fès. Pour avoir le fameux sésame du centre technique, il faut s’acquitter d’un test technique facturé à 4.000 DH pour chaque échantillon.

En plus, il faut payer les tests d’imperméabilité, chimiques, et la certification de l’institut national de normalisation (Imanor) pour un montant total de 6.000 DH. «Ce qui porte le prix de la certification global à 10.000 DH pour chaque échantillon», précise ce textilien de la ville de Fès.

A cet investissement s’ajoute la mise aux normes des ateliers de production (hygiène, mesures barrières…etc). Encore, faudrait-il trouver le tissu aux normes pour produire les masques et convaincre les ouvriers à regagner leurs postes dans les usines pour une poignée de DH de plus que le chômage partiel versé par la CNSS.

Y.S.A

 

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