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Economie

Crédits Covid: Des patrons témoignent

Par Franck FAGNON | Edition N°:5744 Le 20/04/2020 | Partager
Des délais d’instruction variables selon l’établissement
Incompréhensions sur les conditions de report des échéances de crédit
Attention, le crédit Covid ne résoudra pas vos difficultés structurelles

«J’ai sollicité mes quatre banques le lendemain du déploiement du dispositif. A ce jour, je n’ai reçu aucune réponse», désespère un industriel de jus de fruit. A cause des mesures d’urgence, les ménages se sont rabattus sur les produits de première nécessité. Mais, une bonne partie de l’industrie agroalimentaire (biscuiterie, confiserie, jus de fruits…) pâtit de la crise.

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Deux semaines après le déploiement du dispositif de soutien bancaire aux entreprises touchées par la crise du coronavirus, plusieurs dirigeants relèvent des obstacles pour accéder à ces mesures (Ph. L’Economiste)

Pour la structure de notre interlocuteur, la baisse du chiffre d’affaires est abyssale et avoisine 70%! «Nous subissons la crise depuis un mois mais, nous avons maintenu tous les emplois et n’avons pas réduit les salaires. Si je n’ai pas de réponse des banques dans les prochains jours, je serai dans l’incapacité de garder tous les emplois», confie le dirigeant.

Fin mars, le gouvernement et le secteur bancaire ont dévoilé un programme de soutien aux entreprises touchées par la crise. Celui-ci leur permet de reporter les échéances de crédit et de bénéficier de crédits de trésorerie plafonnés à 20 millions de DH pour les entreprises ayant déjà des lignes de financement à court-terme et 5 millions de DH pour les premières demandes.

Trois semaines après, les témoignages de chefs d’entreprise relatant un parcours du combattant pour bénéficier des aides affluent. L’un des griefs les plus fréquents concerne l’instruction des dossiers.

«Le processus est complexe et il y a trop de bureaucratie. Chaque jour, on nous demande de fournir de nouveaux documents», fulmine un patron. «L’instruction des dossiers est relativement longue. En outre, les modalités sont variables d’une banque à l’autre», note un industriel.

Certains chefs d’entreprise se montrent, pour l’instant, compréhensifs sur les délais dans la mesure où les banques font face à un volume de dossiers par dizaines de milliers à traiter dans une période très courte. Or, elles aussi ont dû prendre des mesures pour préserver la santé de leur personnel. Leur capacité de traitement en est donc affectée. A l’étranger, «les process sont tout aussi longs», relève un patron.

Si pour partie ces griefs envers les banques sont fondés, il faut cependant nuancer. Tous les dossiers ne sont pas éligibles à ce soutien financier. Exemple: bien des PME sous-capitalisées affichent des comptes-courants associés bien garnis ou des entreprises qui affichent des fonds propres négatifs. Celles-là ont peu de chance de décrocher un financement. Les banquiers avaient déjà prévenu: «le financement Covid-19 n’a pas vocation à régler les difficultés structurelles des entreprises». Par ailleurs, des entreprises qui accumulent des dépassements de découvert sont parfois retoquées au guichet bancaire. 

Aujourd’hui, les entreprises sont engagées dans une course contre la montre. «Des milliers d’entre elles sont en train de baisser le rideau. Si on leur apporte le soutien au bon moment, elles pourront s’en sortir. Sinon, ce sera peut-être trop tard», s’alarme un dirigeant. Les récits de patrons ayant des difficultés à joindre leur banque ou ceux dont les dossiers ont été rejetés sont aussi nombreux. Par ailleurs, des incompréhensions persistent sur les conditions de report des échéances de crédit leasing.

Si des PME évoquent des difficultés à accéder au dispositif de soutien, les TPE seraient plus marginalisées selon certains observateurs. «Des TPE ayant sollicité le soutien des banques se sont heurtées à des demandes inadmissibles, comme le fait de justifier un arrêt d’activité de plus de 50% », indique Abdellah El Fergui, président de la confédération de la TPE-PME. Les banques seraient très sélectives et prioriseraient les «gros dossiers».

Les besoins des TPE, eux, sont plus faibles et s’élèvent à quelques centaines de milliers de DH. La confédération marocaine de la TPE-PME a récemment adressé une lettre au chef de gouvernement et au ministre des Finances demandant entre autres une adaptation du produit Damane Oxygène de sorte à mieux prendre en considération la spécificité des demandes des TPE.

La confédération requiert la mise en place de lignes de crédit de 500.000 DH maximum à un taux de 0% ou 2% en faveur des TPE et totalement garanties par la CCG. Par ailleurs, elle suggère l’allongement de la durée de report des crédits au-delà de trois mois.

Malgré le contexte, les banques ont averti dès le départ que le dispositif de soutien ne sera pas l’occasion de rattraper les affaires qui étaient déjà fragiles avant la crise ou même les structures mal gérées. Si le dispositif de soutien soulève des critiques, d’un autre côté, de nombreuses  entreprises n’ont pas à se plaindre.

F. Fa.

 

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