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Economie

Pour les «PME-Covid-19», les urgences c’est la banque!

Par Franck FAGNON | Edition N°:5736 Le 08/04/2020 | Partager
Les autorités monétaires ont fait preuve d’agilité
La baisse du dirham reste pour l’instant dans la fourchette de fluctuation
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 François Marchal, directeur général de Société Générale Maroc: «Tout en accompagnant les entreprises et les ménages dans cette crise, les banques procèdent aux premières estimations du Covid-19 sur leurs propres activités à la fois en termes de perte de revenus, mais surtout de hausse du coût du risque» (Ph. Société Générale Maroc)

- L’Economiste: Avez-vous évalué l’impact du Covid-19 sur vos propres activités?
- François Marchal:
Nous sommes en train de procéder aux estimations à la fois en termes de perte de revenus, mais surtout de hausse du coût du risque. Mais nos priorités ont été à la mise en place des mesures de continuité d’activité, de préservation de la santé de nos collaborateurs et d’accompagnement de nos clients.

 - A ce stade, y a-t-il un risque sur la santé des banques?
- Le Maroc dispose d’un secteur bancaire solide, bénéficiant d’un régulateur rigoureux et ouvert, et il saura trouver l’équilibre entre le nécessaire accompagnement des clients qui font face à des difficultés inédites avec les conséquences de cette crise et la préservation de ses capacités pour ne pas ajouter de difficultés supplémentaires à l’économie du pays et être en mesure de soutenir son redémarrage.

- Comment une entreprise ou un ménage peut-il justifier l’impact du Covid-19?
- Aussi bien pour les ménages que pour les entreprises, l’impact est facilement visible par la banque, au travers de la comparaison de l’activité sur les comptes par rapport aux périodes antérieures: absence ou réduction de salaires ou de revenus pour les ménages et absence ou réduction forte des volumes d’encaissements pour les entreprises.
D’autres éléments justificatifs peuvent être apportés comme l’arrêt de certains marchés ou chantiers, la mise en chômage partiel des salariés, l’arrêt d’activité des principaux clients. Certains secteurs comme le tourisme, l’automobile ou le textile sont touchés de manière générale, mais il est important que les mesures exceptionnelles prises servent les acteurs qui sont directement impactés par les conséquences de la crise Covid-19, et elles ne peuvent être mises en œuvre qu’à la demande des clients.

- Quel est le plan des banques pour tous les clients hors périmètre de ce dispositif?
- Le dispositif public couvre de façon très large toutes les personnes et entités impactées par les conséquences de la crise Covid-19. Au-delà des mesures générales portées par les autorités et mises en place par les banques, nous continuons à être à l’écoute des besoins de nos clients et à les accompagner en fonction de leur profil et des impacts de la crise sur leur activité, aussi bien en facilitant leur propre continuité d’activité par la mise en place rapide de solutions de banque à distance qu’en leur proposant des financements complémentaires si leur capacité de remboursement le permet.

- Qu’est-ce qui explique le comportement du dirham depuis quelques jours et quid de vos anticipations à court terme?
- Les conséquences de la crise Covid-19 affectent tous les secteurs pourvoyeurs de devises pour le Maroc: recettes du tourisme, exportations des secteurs automobiles et aéronautiques, transferts des MRE qui souffrent eux-mêmes des conséquences des mesures de confinement prises dans leurs pays de résidence. En outre, sur les autres secteurs comme l’agroalimentaire qui continuent de fonctionner, les chaînes logistiques sont perturbées (fermeture des marchés de gros en Europe) et ne permettent plus de maintenir tous les débouchés.
Face à cela, les importations sont également fortement réduites, et la baisse des cours du pétrole réduit le coût de la facture énergétique du Royaume, mais cela ne suffit pas forcément à équilibrer la balance des paiements. Le dirham, qui s’était significativement apprécié dans le cadre de la flexibilisation, a donc inversé la tendance. Mais il reste pour l’instant dans la fourchette de flexibilité définie et semble commencer à trouver un point d’équilibre. Et le Maroc dispose de réserves de changes confortables si le mouvement actuel devait perdurer.

- Que conseillez-vous aux clients des salles de marchés?
- Le marché fonctionne à l’import comme à l’export sur des volumes réduits. Toute transaction importante va donc avoir un impact plus fort sur l’équilibre entre l’offre et la demande, ce qui va générer une volatilité plus importante, sans pouvoir nécessairement anticiper le sens de l’évolution.
Dès lors, il est préférable de lisser ses besoins et de ne pas concentrer ses demandes sur une seule date d’exécution, et de procéder pour les entreprises qui ont de la visibilité sur leurs besoins aux couvertures des paiements ou des revenus à venir. Dans ces contextes de volatilité, nous conseillons à nos clients de se concentrer sur leur activité et de ne pas prendre de risques sur le taux de change.

Propos recueillis par Franck FAGNON

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