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Economie

R&D: En face, personne pour faire le lien avec le monde industriel!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5735 Le 07/04/2020 | Partager
Le potentiel universitaire reste inexploité, faute d’accompagnement
Des recherches virologiques existent, mais à petite échelle
De rares laboratoires à haute sécurité, inaccessibles aux chercheurs

En matière de virologie, des initiatives existent, tant bien que mal. «Dans chaque université des chercheurs œuvrent déjà dans la recherche sur les virus. Evidemment, dans la limite de ce que permettent des laboratoires simples comme ceux dont nous disposons», relève Adnane Remmal.

Il est l’un des rares grands chercheurs marocains reconnus à l’international, enseignant à l’université de Fès, travaillant sur des molécules capables de combattre les bactéries résistantes aux antibiotiques.

«Pour manipuler un virus pathogène, il faut des laboratoires avec un niveau de biosécurité élevé. Même à l’international, ce genre de laboratoires n’est pas logé dans les universités. Cependant, les chercheurs peuvent en trouver quelques-uns dans leur pays, contrairement au Maroc. Les rares dont nous disposons sont inaccessibles aux chercheurs», regrette Remmal.

Pour faire décoller la recherche, il n’y a pas de mystère, il faudrait toute une chaîne de valeur qui associerait chercheurs et industriels, œuvrant ensemble pour répondre à des besoins concrets. «Les universités américaine, européenne, japonaise ou coréenne sont performantes en recherche médicale d’abord parce qu’elles sont sollicitées par les sociétés pharmaceutiques. Depuis une trentaine d’années, les Big pharma ont sous-traité leur recherche auprès de ces universités. Elles ont trouvé cela plus efficace et moins cher», explique Adnane Remmal.

Autre maillon de la chaîne, et non des moindres, l’accompagnement pour la valorisation des résultats de la recherche. «Un chercheur ne peut se transformer en businessman du jour au lendemain», insiste Remmal, relevant l’exemple des TTO (Technology transfer offices).

Ces centres de transfert de technologies que l’on trouve au sein des grandes universités, gérés par des consultants internationaux à même d’établir le lien avec le monde industriel. Ils sont aussi chargés de procéder à une veille technologique et d’orienter les chercheurs vers les pistes à explorer.

Au Maroc, les chercheurs sont seuls. Même avec les trouvailles les plus ingénieuses, ils ont du mal à trouver preneur, et à monter un business autour de leurs inventions. Le monde économique, pour sa part, regarde ailleurs que dans les universités, dont le potentiel reste inexploité.

Startups nées de la R&D: Aucun système de subvention

Jusque-là, les startups montées à l’issue de projets R&D ne bénéficient d’aucun traitement de faveur destiné à encourager les chercheurs à continuer à s’engager dans la recherche. Leur seule option, un système bancaire à convaincre (ce qui reste difficile), imposant les mêmes contraintes à tous. «En Suisse, par exemple, les chercheurs créant des startups bénéficient de subventions étatiques pour démarrer leur business. Quand l’entreprise démontre sa viabilité, elle peut profiter de subventions supplémentaires pour son développement», relève Adnane Remmal. Au Maroc, rien de tel. Après cette crise du Covid-19, peut-on toujours se permettre de négliger le monde de la recherche et de l’innovation?

A.Na

 

 

 

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