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Economie

RAM: Nouveau bras de fer entre les pilotes et le PDG

Par Amin RBOUB | Edition N°:5730 Le 31/03/2020 | Partager
Gel des salaires: La goutte qui a fait déborder le vase
Jusqu’ à 30% de retenues sur salaire en mars
L’AMPL conteste vigoureuse­ment cette décision et compte faire valoir ses droits
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En voilà d’autres dommages collatéraux de la crise sanitaire du coronavirus qui risquent de compromettre la reprise de l’activité aérienne dans les mois à venir (Ph. L’Economiste)

C’est le énième épisode d’un feuil­leton de bras de fer entre le management de Royal Air Maroc. Après les péripéties de l’été 2019 et les séries de grèves perlées de la corporation du personnel navigant, les pilotes montent encore une fois au créneau et dénoncent la décision du management d’ordonner le gel des salaires et retenues sur rémunération.

«C’est une décision il­légale, courtermiste et bancale», s’insurge l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL). Selon cette instance représentant le PNT (personnel navigant technique) de la compagnie, les moyens et méthodes mis en ooeuvre par le management sont «contes­tables».

Plus encore, l’AMPL qualifie la décision du PDG d’ordonner des prélève­ments sur les revenus nets «d’illégale tant qu’elle a été imposée sans le consentement des principaux concernés», les pilotes eux-mêmes.

L’Association rappelle que le contexte actuel de baisse, voire d’arrêt de l’activité aérienne, depuis la crise sani­taire du coronavirus, s’est traduite par une chute conséquente des revenus. La réduc­tion des salaires liée à la baisse d’activité et au nombre d’heures de vol est estimée à quelque 40% du revenu d’un pilote de ligne. S’y ajoutent les prélèvements de l’ordre de 30% sur le salaire du PNT de ce mois de mars. Du coup, la baisse du revenu est esti­mée, en moyenne par l’AMPL, à «plus de 60%»!

Aujourd’hui, compte tenu du risque de rallongement du confinement sanitaire et par ricochet l’arrêt prolongé de l’activité aérienne et des voyages, la corporation des pilotes redoute que ces prélèvements soient appliqués sur une plus ou moins longue pé­riode... jusqu’à décembre 2020.

«Non seu­lement nous n’avons pas été concertés par le management, mais en plus il n’y a rien qui précise la durée ni les modalités encore moins un échéancier de rétribution», confie un pilote. Face à cette situation, l’AMPL dénonce le «diktat» d’une décision unila­térale. «Nous comptons examiner toutes les voies de recours juridiques possibles et ima­ginables...»

Plus encore, l’AMPL annonce demander la reddition des comptes sur la gouvernance et la gestion «cafouilleuse» de la compagnie. Contactée par L’Economiste, une source proche du management bat en brèche les contestations «infondées» des pilotes.

«En ces temps de crise, l’ensemble des ressources de la compagnie doit faire preuve de solidarité. Face à la situation assez critique de la trésorerie et des caisses vides, la direction a décidé la retenue de 10 à 30% du salaire qui sera restituée dès le retour à des conditions normales».

Et d’ajouter: «Les pilotes refusent la retenue alors que certains d’entre eux perçoivent... 160.000 DH net par mois... D’autant plus ils n’ont pas contribué au Fonds de solidarité, ne serait-ce que le versement d’une journée de travail». Sur ce point précis, un communiqué de l’AMPL apporte un démenti formel.

Les pilotes pré­cisent qu’ils ont «contribué à l’élan de soli­darité en versant un montant qui s’élève à 2 millions de DH au fonds spécial du Trésor public». Par ailleurs, le Bureau de l’associa­tion invite l’ensemble de ses membres à res­ter mobilisés afin de continuer à contribuer à cet élan de solidarité nationale en fonction de l’évolution de la situation».

Plan d’austérité

Pour rappel, les décisions du management de RAM interviennent dans un contexte assez particulier. Le management avait dévoilé, dès le début de la crise du coronavirus et en exclusivité à L’Economiste, les détails d’un plan d’austérité afin de réduire les charges et limiter les dégâts. Parmi les mesures prises par le management, la réduction de la voilure, le gel des recrutements, la gestion des congés, l’arrêt systématique des achats hors besoins d’exploitation courante ou encore une adaptation des programmes et budgets compte tenu de l’effondrement de la demande...

Amin RBOUB

 

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