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    Economie

    Coronavirus - Tourisme: Comment se relever du coronavirus

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5727 Le 26/03/2020 | Partager
    Revoir la stratégie nationale et mettre le cap sur les territoires
    L’implication des régions dans la promotion est vitale
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    Le découpage proposé par la Smit retient 8 territoires touristiques. Il s’agit du «Cap Nord», «Maroc Méditerranée», «Maroc Centre», «Maroc atlantique», «Atlas et vallées», «Marrakech Atlantique», «Souss Sahara Atlantique», et «Grand Sud Atlantique». Cette répartition géographique des territoires touristiques n’existe que sur la carte ou tout au plus naturellement dans ces territoires

    Coronavirus. Une pandémie à l’échelle planétaire qui a cloué au sol les avions (navires et autocars aussi), confiné plus d’un milliard de personnes, et foudroyé des économies. L’activité touristique, l’une des plus touchées par cette maladie, subit les effets collatéraux des crises à succession (guerre du Golfe, attentats, et maintenant pandémie).

    C’est le pire scénario que craignent les opérateurs du secteur du tourisme. Certes, à chaque fois, ces derniers se relèvent, parfois difficilement. Mais cette fois-ci, le retentissement du virus meurtrier est inédit. «C’est une crise exceptionnelle que le secteur n’a jamais traversé auparavant», souligne le Conseil national de tourisme, estimant à 34 milliards de DH les pertes de chiffres d’affaires (cf. L’Economiste du 18 mars 2020).

    Dans cette analyse, nous présentons quelques pistes de relance. Celles-ci se basent essentiellement sur la promotion des territoires avec l’implication des Régions. Une démarche qui devrait se reconstruire et se mettre en œuvre dès la fin de la pandémie. Décryptage.

    ■ Concevoir une nouvelle stratégie régionale
    Les contraintes du développement ont poussé le Maroc depuis son indépendance à mettre en œuvre successivement différentes politiques touristiques. Celles-ci lui ont permis, chacune à sa façon, d’atteindre le degré de développement touristique qui est le sien actuellement. «Ainsi, le Royaume a eu recours à des politiques d’intervention dans le domaine touristique où l’Etat décidait des programmes de réalisation et mettait en place un éventail d’incitations et d’encouragements au profit du secteur privé», rappelle Hafid Ouchchak, secrétaire général du CRT de Fès et ancien délégué du tourisme. «Le Maroc a aussi fait appel à des politiques de partenariat public-privé où des investisseurs étrangers et nationaux avaient eu le libre choix d’orienter leurs programmes en fonction des disponibilités des infrastructures et de la demande des clientèles touristiques…», ajoute-t-il. Après avoir expérimenté la privatisation qui a été à la mode au cours des deux dernières décennies du XXe siècle, le Royaume, sous l’impulsion des professionnels, a dû concevoir et mettre en marche des politiques globales de développement touristique, à savoir les visions 2010 et 2020, voulant faire de tout le pays une destination touristique de choix. Jusqu’ici, ce sont des politiques touristiques nationales qui ont été conçues et mises en œuvre par l’administration centrale pour les différentes parties du territoire national et la régionalisation, aussi bien touristique qu’administrative, en vigueur avant 2015, évoquée à plusieurs occasions, est restée tout simplement théorique, car sans compétences suffisantes, sans ressources et sans outils d’intervention autonomes.

    ■ Le rôle des territoires touristiques est primordial
    A présent, avec la mise en marche de la régionalisation avancée, dotée de statut lui conférant plus d’autonomie, plus de compétences dans différents domaines, plus de ressources, plus d’outils d’intervention…, les choses peuvent évoluer autrement et notamment pour le tourisme. Dans cette perspective nouvelle, les acteurs sont plus nombreux à participer à l’effort du développement. Les outils, comme les moyens d’action, sont plus efficaces. «Par conséquent, les régions ont un rôle primordial dans le développement et la relance du secteur touristique», estime Ouchchak. Ce dernier insiste sur l’élaboration d’une politique touristique décentralisée, participative, durable et solidaire. Pour aller vite, «il faut opérationnaliser la notion de la région Touristique conçue par le ministère du tourisme qui reste pour le moment une notion fictive», souligne l’ancien vice-président du conseil régional (Fès-Boulemane). En ce sens, la mise en exergue des huit territoires touristiques, qualifiés par la Smit, d’«homogènes et compétitifs à l’international, différenciés et complémentaires», est cruciale.

    ■ Un découpage désordonné qui freine les ambitions
    De l’avis des professionnels, la répartition de l’espace touristique national «est restée un vœu pieux, car la réalité est toute autre». En effet, le tourisme est concentré à une grande proportion à Marrakech et Agadir. Les autres régions du pays ont grandement besoin d’être développées, tant elles recèlent pour cela toutes les potentialités requises. A ce propos, le ministère du Tourisme et les instances qui en dépendent travaillent pour le développement des 8 territoires touristiques pour couvrir tout l’espace marocain. «Toutefois, le découpage des régions touristiques semble ne pas reposer sur des critères bien définis et particuliers pouvant constituer une offre touristique spécifique à chaque territoire et attirer les investisseurs et les flux touristiques conséquents», fait remarquer Ouchchak. «Le balnéaire, la nature et le culturel, considérés comme traits caractéristiques distinctifs généraux des territoires touristiques marocains, ne sont en fait que des potentialités et ne suffisent pas pour constituer une différenciation de produits singuliers et une diversification de l’offre de chaque territoire», argue-t-il. Et de poursuivre: «La répartition géographique proposée par la Smit ne repose pas sur des études socioéconomiques permettant aux territoires concernés de disposer de moyens matériels et immatériels à même de réaliser par eux-mêmes les objectifs du développement durable souhaités». Elle n’est pas, non plus, consacrée par des textes lui permettant de jouir des prérogatives et des ressources nécessaires propres à des entités pareilles de droit public. En plus, elle n’a pas reçu l’adhésion des structures démographiques en place, tant des localités et des communautés peuvent se trouver disloquées ou artificiellement intégrées dans des ensembles qui ne leur sont pas naturels.

    Ce que propose la CNT

    La Confédération nationale du tourisme (CNT) a proposé des mesures d’aides au secteur dont la suspension des charges sociales et qui a déjà été accordée par le comité de veille économique. Celui-ci a décidé la mise en place d’un moratoire pour les remboursements bancaires au profit des entreprises. «Mais, ce n’est pas suffisant», selon les professionnels qui  demandent des dégrèvements d’impôts (IR, IS, TVA...) pour toute la période de crise. Le report des échéances bancaires de 12 mois sans frais ni pénalités, le maintien des lignes de crédit et l’ouverture de lignes d’emprunts sur 12 mois (avec réduction du taux d’intérêt à 2%), figurent également parmi les propositions. La prise en charge par l’Etat d’une partie des salaires des chômages partiels n’est pas en reste.

    Youness SAAD ALAMI

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