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Société

Enquête L’Economiste-Sunergia: Cachez-moi ce fumeur de cannabis que je ne saurais voir!

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5711 Le 04/03/2020 | Partager
65% affirment curieusement ne pas en connaître
Un constat perceptible au niveau des tranches d’âge, des catégories sociales…
Pourtant, le débat sur la léga­lisation a été relancé

Voici une enquête qui va briser un tabou dans la consommation du canna­bis. A la question, «existe-t-il dans votre entourage proche ou connaissez-vous un ami ou un parent qui fume du canna­bis?», l’enquête rapporte une réponse sans la moindre ambigüité. C’est un non pour 65% des répondants.

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Outre son usage non médical qui est réprimandé, les vertus thérapeutiques du cannabis sont importantes. Il est également utilisable dans la construction et le textile (Ph. L’Economiste)

A l’inverse 32% affir­ment qu’elles connaissent des personnes qui en utilisent et 3% avouent ne pas le savoir. Compte tenu de l’interdiction de la consommation de haschich, les marocains semblent encore peu enclins d’en parler probablement par peur. La loi relative à la détention et à la consommation du canna­bis prévoit une peine de 2,5 mois à 1 an de prison.

En pratique, il arrive souvent que les poursuites soient annulées si l’auteur de l’infraction accepte d’aller en cure de désintoxication. D’autant plus que fumer des joints est mal considéré auprès de la société car c’est «haram» ou honteux. C’est ce qui expliquerait probablement cette écrasante domination du non en particulier dans la catégorie des jeunes.

On découvre que parmi les 18-24 ans, 64% affirment ne pas savoir que dans leur entourage proche des individus utilisent le cannabis. Même chose pour les 60% des 25-34 ans et les 64% des 35-44 ans. Plus on monte dans l’âge, moins on connaît de personnes qui fument du «shit». Même chose pour les femmes, elles sont 72% à l’affirmer comme 58% des hommes à peine.

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L’enquête ne laisse pas ressortir de dif­férence de taille concernant les régions. C’est quasiment l’unanimité. 64% des répondants dans les villes et 67% dans les campagnes ne connaissent aucune per­sonne de leur entourage qui fume la résine de cannabis. Dans le Nord-Est, le Centre ou encore le Sud, les résultats sont quasi­ment les mêmes.

Le Maroc mène un combat sans relâche contre le cannabis à l’heure où le débat est relancé sur sa légalisation ou du moins sa régulation. En effet, des quantités impor­tantes de cannabis et de résine de canna­bis sont constamment saisies, des réseaux démantelés et des mis en cause traduits devant la justice.

Il faut dire que l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) avait tiré en mars 2019 la sonnette d’alarme concernant l’usage non médical de cannabis au Maroc en 2019. Dans son rapport sur l’exercice 2018, l’organisation avait relevé que le Maroc était le pays qui avait signalé la plus grande saisie, avec plus de 117 tonnes de résine et 283 tonnes d’herbe.

Le pays a été placé avec l’Afghanistan, parmi l’un des deux pre­miers producteurs mondiaux de résine de cannabis par l’ONU. De plus, les pertes pour l’économie sont importantes. Le dé­partement d’État américain indique que l’activité représente environ 20% du PIB.

Ainsi selon le rapport de l’institut Prohi­bition Partners, 80% de la production du cannabis au Maroc était destinée à l’export en 2017 et les 20% restants sont pour la consommation locale. Il faut savoir égale­ment que 90.000 à 140.000 familles vivent de la culture et de la commercialisation du cannabis dans le nord du Maroc. Au total, près de 800.000 personnes seraient employées dans cette activité illégale. La valeur du kilogramme de cannabis brut qui ne dépasse pas 8 euros, s’arrache entre 3.000 et 17.000 euros une fois transformée en résine en Europe.

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65% des Marocains ne connaissent personne de leur entourage (famille ou ami) qui fume du cannabis, alors que 32% affirment le contraire. A peine 3% avouent ne pas le savoir

Ceci dit, l’OICS a mis en garde sur les risques de détournement liés à l’ou­verture du marché à la consommation de cannabis à des fins récréatives. A ce titre, le Maroc a déjà entamé ce débat depuis quelques années déjà. Tout récemment (début janvier 2020), le groupe parle­mentaire Parti authenticité et modernité (PAM) a déposé deux propositions de loi sur la légalisation de la culture du canna­bis à la chambre des conseillers du Parle­ment.

Ce même parti avait en 2014 déjà proposé une loi sur l’amnistie générale pour les cultivateurs et proposé la création d’une agence pour la culture du cannabis pour mettre en place un plan stratégique pour permettre de créer une économie alternative dans les régions connues his­toriquement par cette culture.

Dans ce sillage, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) vient derniè­rement d’annoncer le lancement d’une étude sur l’alternative de sa valorisation. Justement, de nombreux chercheurs du monde étudient actuellement les effets potentiels surtout thérapeutiques des par­ticules qui composent le THC (principe actif du cannabis) et leurs mécanismes de fonctionnement dans le corps humain.

Il serait donc grand temps de penser à des initiatives pour l’exploitation alternative du cannabis pour des activités autres que la fabrication du haschich pour le domaine médical et la santé. Le chanvre peut comme nous l’abordions dans nos colonnes précédemment être utilisé dans différents secteurs comme la construction, le textile… D’après l’étude publiée par l’institut Prohibition Partners, le Maroc pourrait drainer 100 milliards de DH de revenu.

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Les disparités sur la perception du cannabis sont quasiment inexistantes

                                                                               

Fiche technique

L’Enquête Etudes rentre dans le cadre de Market Insights du groupe Sunergia. La méthodologie repose sur l’enquête téléphonique sur système CATI. L’enquête a été réalisée lors de la rentrée des vacances estivales, sur la période allant du 5 septembre au 31 octobre 2019.

Au total, 6.257 personnes ont été contactées dont 1.000 entretiens réalisés. L’échantillon compte 1.000 personnes interrogées de façon aléatoire, soit une marge d’erreur de +/-3,1%. La structure de l’échantillon a été redres­sée de façon à appliquer exactement la structure de la population marocaine issue du recensement (RGPH 2014) du Haut-Commissariat au plan (HCP).

La réalisation a été confiée aux équipes de Marketphone, filiale du groupe Suner­gia à Casablanca. Cinq critères de quo­tas ont été appliqués: sexe, âge, milieu d’habitation, région et CSP.

Les sondés sont à 49% des hommes (490) et à 51% des femmes (510). 60% des répondants vivent en milieu urbain contre 40% en milieu rural. Les caté­gories socioprofessionnelles relèvent des CSP suivantes: A et B (13%), D et E (31%) ou encore C (56%). Toutes les grandes régions y sont représentées.

M.A.B

 

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