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Société

Cocaïne: Les nouvelles filières du trafic

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5709 Le 02/03/2020 | Partager
L’Europe est approvisionnée par la voie saharienne
Le Maroc est devenu un marché
Le rapport traite pour la première fois la prévention chez les jeunes

Le dernier rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), relevant des Nations unies, est saisissant, particulièrement sur les nouveaux chemins de la cocaïne. Cette drogue dure, en provenance de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale, est destinée aux pays d’Europe.

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L’essor du trafic international de drogues dures met sous pression les services du ministère de l’Intérieur et d’autres départements en charge de la lutte contre ces réseaux. Selon un document du ministère de l’Intérieur, en 2017, une seule opération a permis de saisir plus de 2.500 kg de cocaïne et de faire tomber un réseau ayant des ramifications en Europe et en Amérique latine (Ph. L'Economiste)

Vu que les Etats ont serré les vis des réseaux traditionnels, la cocaïne transite par la filière subsaharienne. En dépit des grandes saisies, le marché prospère. D’ailleurs, on assiste à une augmentation de la superficie des champs de culture de la cocaïne. N’empêche qu’une partie de ce trafic reste dans ces régions notamment en Côte d’Ivoire, au Nigéria, l’autre va vers l’Afrique australe, en descendant vers notamment le Kenya, la Tanzanie et l’Afrique du Sud.

L’autre partie remonte toujours par le Sahara vers l’Afrique du Nord. De là, l’Europe est approvisionnée, mais une partie de la marchandise est écoulée sur le marché marocain.

C’est de notoriété publique, «les réseaux de trafic, quand ils passent par un pays, s’arrangent pour laisser une partie de la marchandise sur place. Ce système permet de financer le transit et de créer un marché local», souligne Jalal Toufik, expert et membre de l’OICS lors d’une conférence donnée vendredi dernier à Rabat, à l’occasion de la publication du rapport de 2019 de cette instance onusienne. En tout cas, sur les indicateurs indirects, les demandes de traitements des consommateurs sont en progression.

D’ailleurs, les saisies de grandes quantités de cocaïne se sont multipliées au cours des derniers mois. L’essor du trafic international de drogues dures met sous pression les services du ministère de l’Intérieur et d’autres départements en charge de la lutte contre ces réseaux.

Souvent, ils optent  pour le transport de ces cargaisons par voie maritime. La longueur du littoral et la sophistication des moyens utilisés par les trafiquants n’arrangent pas les affaires de Rabat. Depuis ces dernières années, ils ont opté pour des liaisons maritimes dans le sud du Maroc. Ils exploitent ainsi la situation sécuritaire fragile, avec des frontières poreuses, dans le Sahel et le Sahara, pour en faire de nouveaux circuits de trafic de drogues dures.

Le trafic de cocaïne en provenance de l’Amérique du Sud en direction de l’Afrique, notamment du Nord, a atteint des niveaux inquiétants. La cocaïne passe par le Maroc soit par voie aérienne en utilisant les vols commerciaux ou maritime pour ensuite transborder les marchandises vers d’autres destinations.

Pour contrecarrer ces pratiques, des mesures de contrôle à l’aéroport Mohammed V de Casablanca ont permis le démantèlement de divers réseaux qui opèrent dans ce créneau. Selon un document du ministère de l’Intérieur, en 2017, une seule opération a permis de saisir plus de 2.500 kg de cocaïne et de faire tomber un réseau ayant des ramifications en Europe et en Amérique latine.

Le rapport de l’OICS traite pour la première fois de l’amélioration des services de prévention et de traitement chez les jeunes, qui sont de plus en plus exposés aux problèmes de la drogue. Beaucoup d’études avec des collectes de données ont été menées, mais très peu de choses ont été entreprises sur le plan de la prévention.

Cet organisme onusien recommande de continuer à collecter les données mais préconise de mener des programmes dans les écoles, avant même l’âge de la prise de drogue. Pour Jalal Toufik, le Maroc est le seul pays du continent et de l’Afrique du Nord-Moyen-Orient à mener des études.

La principale recommandation est de continuer à collecter les données, à bâtir des programmes de prévention sur des procédures scientifiques, et surtout sur des interventions précoces. «Nous savons aujourd’hui que plus nous intervenons précocement, plus nous détectons à l’avance, plus nous agissons de façon efficace et efficiente», dit-il.

D’ailleurs, la volonté de connaître les choses sur les jeunes ne date pas d’aujourd’hui. Le Maroc effectue des enquêtes sur les populations de jeunes. C’est le ministère de l’Education nationale qui ouvre ses portes pour pouvoir les réaliser. Le département de la Santé se base sur les travaux menés dans les lycées marocains pour pouvoir établir des programmes de prévention.

«Nos études sont régulières. Ce n’est jamais une photo Polaroid, mais il s’agit de donner les tendances. L’enquête prochaine sera réalisée en avril-mai. Toutefois, la prévention reste toujours le parent pauvre», ajoute l’expert membre de l’OICS.

Le danger des substances psycho-actives

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Un chapitre du rapport annuel est consacré à l’usage des substances psycho-actives chez les jeunes de 15 à 24 ans. L’OICS appelle les gouvernements à mettre en œuvre au niveau national des politiques et des services fondés sur des données factuelles pour protéger les enfants et les adolescents de ces substances très dangereuses. Ces produits fabriqués dans des laboratoires clandestins par des chimistes sont extrêmement nocifs. Le contrôle est difficile en raison de la production à partir de précurseurs chimiques. «C’est le danger et le défi de demain dans le monde. Ce sont des comprimés qui peuvent être livrés à n’importe quel jeune. Il peut les commander avec un téléphone portable, et être livré chez lui. Ce sont des produits légers, qui traversent les frontières, souvent dans des petits colis», indique Jalal Toufik. Aujourd’hui, le moyen le plus utilisé par les trafiquants est la Poste. Il est très difficile de les contrôler. Selon les estimations en cours, plus de 700 nouvelles substances psycho-actives sont en circulation.

M.C.

 

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