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Béni Mellal-Khénifra: Plus de la moitié des entreprises meurt avant 10 ans

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5709 Le 02/03/2020 | Partager
Financement, foncier, mauvaise gestion… à l’origine de la mortalité
Le chef d’entreprise, souvent l’élément essentiel de la compétitivité, surtout de la petite entreprise
Le commerce, les services et l’industrie les plus sinistrés

Sur un total de 10 entreprises créées à Béni Mellal-Khénifra, seules 4 arrivent à dépasser une durée de vie de dix ans. Un amer constat auquel a abouti une étude portant sur la pérennité des entreprises diligentée, récemment, par le Centre régional d’investissement de la région. Elle a concerné l’ensemble des entreprises ayant été créées par l’intermédiaire du Centre entre 2005 et 2015.

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Trois ans après leur création, 79,7% des entreprises poursuivent leur activité, 65,9% parviennent à la 5e année et 42,5% à la dixième. La survie dépend non seulement de l’activité de l’entreprise, mais aussi des capacités managériales de l’entrepreneur, relève l’étude du CRI de Béni Mellal-Khénifra (Ph. L’Economiste)

L’étude, menée sous la direction du précédent directeur du CRI, Noureddine Darmouch, a également révélé que la quatrième et la dixième années sont les paliers les plus difficiles à franchir sachant que la dynamique de création enregistre un taux de projets mort-nés de 12,4%, soit donc des entreprises créées sans jamais pouvoir amorcer leurs activités.

Trois ans après leur création, 79,7% des entreprises poursuivent leur activité, 65,9% parviennent à la 5e année et 42,5% à la dixième. La survie dépend, non seulement, de l’activité de l’entreprise, mais aussi des capacités managériales de l’entrepreneur, relève l’étude.

Le secteur d’activité, le montant du capital initial injecté au démarrage, l’expérience professionnelle du chef d’entreprise sont également des facteurs déterminants de la survie. En effet, le chef d’entreprise est bien souvent l’élément essentiel de la compétitivité, surtout, de la petite entreprise.

Dans des structures à tailles petite et moyenne, le chef d’entreprise conserve un contact direct avec l’ensemble des éléments de l’entreprise. Il est ainsi souvent en mesure d’insuffler sa vision et de communiquer sa passion à ses collaborateurs.
Par secteur d’activité, l’étude a révélé que le commerce, les services et l’industrie sont les plus sinistrés en ce qui concerne le taux de survie à 4 ans.

Suite désastreuse ou nouvelles opportunités

Par ailleurs, les nouvelles entreprises réussissent mieux dans certains secteurs que dans d’autres. L’intensité de la concurrence dans des activités peut déterminer la part de marché à prendre pour les nouvelles entreprises.

Une concurrence plus forte peut avoir une suite désastreuse pour les entrants où elle peut créer de nouveaux débouchés. Elle détermine également la capacité de réaction des entreprises établies face à la «menace» des nouveaux arrivants.

En outre, les caractéristiques propres à chaque secteur influent sur les coûts d’entrée et entraînent des différences substantielles dans les taux de survie globaux. Les nouvelles entreprises sont plus susceptibles d’échouer dans les secteurs à taille d’entreprise relativement petite que dans les secteurs où la taille des entités est plus grande.

Le commerce reste l’activité où la survie est la plus difficile. Seules deux tiers des entreprises créées dans ce secteur restent encore actives quatre ans après leur création. Ce taux est de 69,6% pour les entreprises du secteur des services qui, notent les rédacteurs de l’étude, offre aux entreprises des chances de survie très faibles. A l’opposé, les secteurs les plus stables à quatre ans dans la Région Béni Mellal-Khénifra sont ceux du tourisme (100%) et de l’agriculture (82,4%) et, à moindre degré, celui de l’industrie (70,40%).

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Le commerce reste l’activité où la survie est la plus difficile. Seules deux tiers des entreprises créées dans ce secteur restent encore actives quatre ans après leur création. Ce taux est de 69,6% pour les entreprises du secteur des services qui offre aux entreprises des chances de survie très faibles. A l’opposé, les secteurs les plus stables à quatre ans dans la région sont ceux du tourisme (100%) et de l’agriculture (82,4%) et, à moindre degré, celui de l’industrie (70,40%)

Plus le capital est important plus la survie est élevée

Par ailleurs, les résultats de l’enquête montrent que, paradoxalement, les entreprises ayant des activités moins originales ont plus de chances de survivre à 4 ans, que celles exerçant des activités originales, souvent plus risquées et pour lesquelles le marché n’est pas, tout à fait, garanti. Les entreprises ont également plus de chances de survivre quand elles optent pour la diversification de leurs activités.

De même, il est relevé que le taux de pérennité augmente avec la taille de l’entreprise. Ainsi, plus le projet mobilise un capital de départ important, plus sa chance de survie est élevée. Pour un projet ayant un capital inférieur à 100.000 DH, le taux de survie à quatre ans est de 68,6%. Ce taux monte à 70,6% pour les projets avec un capital entre 100.000 et 300.000 DH, et à 84,5% pour ceux dont le capital est de plus de 300.000 DH. En effet, les risques encourus en cas d’échec du projet augmentent en fonction des capitaux investis. Ce qui rend les créateurs d’entreprises plus vigilants dans leurs investissements.

Il a été également constaté que les sociétés constituées en personnes morales affichent des performances supérieures aux entreprises individuelles (personnes physiques). En effet, ces dernières démarrent avec un financement très faible, ce qui accroît fortement le risque de cessation rapide de leur activité.

Côté financement, le taux de survie des entreprises ayant contracté un crédit bancaire est de 83,30%, contre 49,5% seulement pour les créations effectuées sans cette source de financement, en apport de capitaux propres. A cela, une explication est fournie par l’étude: la tentation serait de penser qu’un projet «mieux» financé a de meilleures chances de survie. Il faut cependant rester très prudent avec ce genre d’observation. Si un projet est jugé «solide», il recevra un financement plus élevé qu’un projet dans lequel le conseiller ou le comité de crédit a moins confiance. Ce n’est donc pas nécessairement le financement bancaire lui-même qui explique un meilleur taux de pérennité.

Il est à noter également que les entreprises féminines survivent moins sur le court terme (à 4 ans, le taux de pérennité est de 58% pour les entreprises créées par des femmes et de 72% pour celles créées par des hommes), mais mieux sur le long terme (à 10 ans, le taux de pérennité est de 48% pour les entreprises féminines contre 41% pour les entreprises masculines). Cette situation peut être expliquée par le fait que les hommes créateurs d’entreprises ne font pas le choix de l’entrepreneuriat comme un projet professionnel à long terme.

De même, notent les rédacteurs de l’étude, les entreprises qui adoptent des outils modernes de gestion (établissement d’un business plan, fixation des objectifs annuels, formation continue…) enregistrent des performances supérieures par rapport aux autres entités.

                                                                                 

Les contraintes qui écrasent la compétitivité

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L’étude a été complétée par une enquête effectuée auprès d’un échantillon de 500 entreprises. Elle a montré que l’entreprise de la Région  Béni Mellal-Khénifra fait face à de nombreuses contraintes qui affectent sa compétitivité et, par conséquent, sa pérennité: accès au financement, faiblesse des ressources à court terme, allongement des délais de paiement, difficultés de commercialisation, renchérissement des coûts de production, et dans une moindre mesure, l’effet de la pression fiscale, des procédures administratives et de la concurrence.

Interrogés sur leurs besoins en accompagnement, les entrepreneurs citent particulièrement un appui pour le financement, le renforcement des capacités, la réduction des coûts des facteurs, l’accès aux marchés (surtout publics), l’amélioration de l’environnement des affaires, l’orientation et l’accès au foncier.

Jamal Eddine HERRADI

 

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