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Culture

Cinéma: Les maux du pays auscultés dans un hôpital

Par Karim Agoumi | Edition N°:5704 Le 24/02/2020 | Partager
Le film «Une Urgence ordinaire» de Mohcine Besri sur les écrans le 26 février
Un microcosme choisi pour dépeindre la souffrance des Marocains
Une œuvre distinguée à plusieurs reprises à l’international
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Prévu dans les salles dès le 26 février prochain, le nouveau film de Mohcine Besri se déroule intégralement dans les couloirs sombres et bruyants d’un hôpital public. Un microcosme utilisé pour dépeindre les nombreux maux de la société, mais aussi ses multiples contradictions (Source: @UneUrgenceOrdinaire)

C'est dans les couloirs sombres et agités d’un hôpital public que Mohcine Besri a choisi d’installer son dernier film. Intitulé «Une urgence ordinaire» et prévu sur nos écrans le 26 février prochain, le long métrage utilise ce microcosme comme une allégorie pour dépeindre la souffrance de toute une nation. Une invitation à la réflexion mais surtout une aventure humaine à mille lieues des clichés habituels du genre.

Le film raconte l’histoire d’un jeune enfant, Ayoub, qui souffre de maux de tête inexpliqués depuis plusieurs semaines. Des symptômes inquiétants qui poussent ses parents – un couple issu de conditions modestes -  à le conduire au plus vite dans un hôpital public de Casablanca.

Parallèlement, le spectateur suit les péripéties d’un autre personnage qui survit à une tentative de suicide et est immédiatement conduit aux urgences du même établissement. Le sort des deux patients repose entre les mains de Tariq, un médecin consciencieux et surmené qui a abandonné une carrière prometteuse à l’étranger pour servir la cause de son pays.

Une galerie de personnages filmés de manière crue et réaliste pour ressentir davantage leurs émotions, mais également avec une légère pointe d’ironie ainsi qu’un méticuleux souci du détail. Objectif: faire ressortir leur mal-être et mettre l’accent sur les compromis qu’ils réalisent quotidiennement non sans regret, allant jusqu’à souhaiter bien souvent l’exil.

Un long métrage regorgeant de remises en question et des contradictions loin des discours moralisateurs qui pointent ainsi du doigt une société défaillante et pousse le public à s’interroger sur la responsabilité de tout un chacun.

«C’est au Maroc, terre de ma jeunesse, que j’ai voulu ancrer cette histoire universelle, celle de deux parents confrontés à la souffrance d’un fils et à la cruelle réalité du monde actuel, où l’argent, la cupidité, la course au profit, questionnent les liens familiaux, l’entraide et la solidarité», confie le cinéaste. Un objectif noble et ambitieux atteint en partie grâce à l’implication de comédiens tels que Hakim Noury ou encore Fatima Zahra Bennacer, particulièrement habités par leurs rôles.

Une œuvre maroco-suisse produite en 2017 qui s’est déjà fait distinguer à plusieurs reprises à l’international. Le film a notamment été sélectionné il y a quelques mois lors du plus important festival dédié au grand écran en Asie, le Busan International Film Festival. Mais la production a également fait parler d’elle durant la compétition officielle du Festival international du film de Marrakech en 2018.

Natif de Meknès et enseignant de mathématiques de profession, Mohcine Besri a commencé par jouer de petits rôles dans des films avant de réaliser respectivement en 2006 et 2007 deux courts métrages, «Mort ou vif!» et «Heaven». C’est plusieurs années plus tard, en 2011, que le réalisateur produit et met en scène son premier long métrage «Les Mécréants», puis «Laaziza» six ans plus tard.

Karim AGOUMI

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