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Sebta: Les commerçants de Tétouan veulent prendre la relève

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5703 Le 21/02/2020 | Partager
Les importations pourraient démarrer via le port de Tanger Med
Sebta veut éliminer les travailleurs transfrontaliers
Le commerce vit-il ses derniers jours?

Côté marocain, la fermeture de la frontière de Sebta au commerce transfrontalier ne passe pas inaperçue. Un dispositif d’importation est en train de se mettre en place pour le transit des marchandises issues de cette enclave mais cette fois via le port de Tanger Med.

Un groupe de commerçants de Tétouan a déjà visité les installations de ce port pour se renseigner sur les possibilités de l’importation de ces produits de manière «légale» via les installations du port tangérois à des conditions préférentielles, selon plusieurs sources.

Il s’agit pour ces opérateurs de profiter de l’occasion et de se lancer, pour certains d’entre eux de manière légale dans la commercialisation de ces produits. La démarche n’est pas sans plaire côté espagnol chez les grossistes de Sebta dont certains travaillaient presque de manière exclusive pour le Maroc avec nombre de produits adaptés à ce marché et estampillés en arabe.

Si le Maroc est prêt pour recevoir ces produits, il reste à leur assurer une sortie «légale» côté espagnol. En effet, ces produits sont acheminés à Sebta sous un régime d’exception commerciale qui n’est pas soumis à l’Union douanière européenne, leur réexportation donnera du fil à retordre aux logisticiens de ce pays.

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La solution au commerce transfrontalier passe par le poste de Tanger Med. Ce dernier deviendra le point de passage des produits dont la mortadelle et les jus (Ph. Adam)

En pratique, ces marchandises devraient être réacheminées vers Algésiras d’où elles seront réexportées vers TangerMed. Venant de Sebta, leur entrée sur le territoire de l’Espagne péninsulaire est l’équivalent d’une importation d’un pays tiers, soumise à des contrôles douaniers et sanitaires, des formalités que les commerçants de Sebta veulent alléger selon la presse espagnole. Ils demandent l’intervention de leurs autorités pour que le contrôle de ces marchandises, essentiellement des produits alimentaires, soit allégé pour faciliter un transit rapide, sans accrocs, vers le Maroc.

Une telle initiative serait tout bénéfice pour le pays qui récolterait les fruits en termes de recettes douanières mais aussi de traçabilité et de contrôle sanitaire. Ceci évitera aussi certains risques avec le respect des conditions de transport et de la chaîne de froid requis par bon nombre de ces produits alimentaires dont raffole le consommateur marocain comme la mortadelle ou les jus.

Ces initiatives interviennent alors que la situation à la frontière ne cesse de se compliquer. Après l'interdiction du Maroc de laisser passer les importations de produits frais, le poisson en tête, vers Sebta, et la fermeture du passage frontalier de Tarajal dédié aux porteurs, les voix s’élèvent auprès des autorités de l’enclave de Sebta pour des mesures de rétorsion.

Le président de la ville, Juan Vivas, a annoncé travailler sur des propositions à présenter au gouvernement espagnol pour faire face à la situation. Il s’agit, d’un côté, de demander des aides aux entreprises et aux personnes touchées par cette crise et de l’autre, la substitution des travailleurs frontaliers, (Marocains essentiellement issus de Tétouan) par des chômeurs de Sebta, une proposition qui trouve écho auprès des «Sebtaouis» très à droite en matière politique.

Une autre proposition, celle de suspendre l’exception au traité de Schengen qui concerne Sebta et Melilia. Ceci obligerait tout voyageur marocain voulant transiter par Sebta à présenter un visa Schengen, une formalité à laquelle ne sont pas assujetties les personnes originaires de Tétouan et des communes environnantes.

Une zone commerciale sous peu

Une zone commerciale installée à Tétouan devrait être lancée sous peu. Un appel à manifestation d’intérêt pour la mise en place d’une zone commerciale dans les environs de Sebta est actuellement à l’étude et sera publié dès la semaine prochaine. Il s’agit, selon des sources consultées par L’Economiste d’une zone qui sera dédiée au commerce et qui aura pour objectif, entre autres, de créer des postes de travail afin d’éponger le chômage qui risque d’augmenter en flèche avec le blocage au niveau de Bab Sebta.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

 

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