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Observatoire africain des migrations: Comment en faire un levier de développement

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5696 Le 12/02/2020 | Partager
Un outil au service de l’élaboration des politiques publiques
La feuille de route royale présentée au 33e sommet de l’UA
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 SM le Roi Mohammed VI: «La contribution des migrants au développement ne se fait pas à sens unique et «ne se résume pas seulement aux transferts de fonds vers les pays d’origine. Elle participe  également au développement des pays d’accueil.  D’autant plus qu’un grand nombre de migrants internationaux se trouvent dans les pays en développement. Pour autant, les stéréotypes autour des migrants africains demeurent un lieu commun universel. Les approches sécuritaires, les instrumentalisations politiciennes et les calculs électoraux participent à la déformation du phénomène migratoire» (Ph. MAP)

Comment tirer profit des flux migratoires en Afrique? C’est le grand défi dont le Souverain a développé les contours dans la feuille de route présentée au 33e sommet de l’Union africaine. Tout d’abord, un outil d’aide à la prise de décision: l’Observatoire africain des migrations.

Il sera implanté à Rabat, dans les meilleurs délais possibles et disposera «de locaux modernes équipés selon les normes et standards internationaux», est-il souligné dans le rapport royal. L’objectif étant de lui assurer les conditions nécessaires au démarrage effectif de ses activités.

L’Observatoire africain des migrations est une institution de l’UA articulée autour d’une «triple fonction, de compréhension, d’anticipation et d’action». Pour que les activités, de nature technique et opérationnelle, permettent de générer une «meilleure connaissance du phénomène migratoire, de renseigner et de favoriser l’harmonisation de politiques migratoires efficientes», indique le document.

Les données migratoires solides et fiables constituent des outils indispensables à l'élaboration de politiques adaptées à la réalité. Elles permettent aux pays du continent d’identifier les destinations de leurs  ressortissants, en particulier les jeunes, de connaître leurs itinéraires, de prendre la mesure des dangers et des risques qu’ils courent. Il s’agit aussi de se fixer sur les facteurs qui les ont poussés à quitter leurs foyers.

Dès lors, l’objectif est d’anticiper et d’agir en conséquence. Non pas pour nuire aux migrants, mais plutôt pour leur offrir des conditions de vie meilleure, en leur permettant de contribuer au développement du continent.

Par ailleurs, ce mécanisme régional de collecte, d’analyse, de gestion et d’échange de données dote l’Afrique d’un levier de développement, dans la mesure où les données permettent d’être au fait du degré d’influence des migrants sur les différents secteurs-clés. Mais aussi d’évaluer les politiques publiques des pays africains dans ces secteurs et de renforcer l’impact des migrations sur le développement, aussi bien pour les pays d’origine que d’accueil.

«L’Afrique gagnera également un instrument en faveur de la coordination puisque l'Observatoire implique une double coordination : au niveau national entre les différents départements et au niveau continental entre les différentes Communautés économiques régionales», explique le Souverain. Au demeurant, une base de données actualisée reste tributaire d’une coordination en termes de méthodologie de collecte et de définition des concepts.

Le rôle du Maroc dans la conception, le développement et la mise en œuvre de l’Observatoire traduit ainsi l’engagement du pays en faveur d’une nouvelle gouvernance de la migration. Son lancement imminent est une preuve que Rabat joint l’acte à la parole.

                                                                    

Quand le climat s'y met aussi

Les flux migratoires en Afrique sont générés, pour l’essentiel par le changement climatique. Le constat est fortement souligné dans le rapport royal présenté au 33e sommet de l’Union africaine. Inondations, sécheresse et autres effets du changement climatique chassent des millions d’Africains de chez eux. La migration en Afrique pâtit d’une fausse perception, puisqu’elle est  souvent associée uniquement à la pauvreté.

Sur les 140 millions de migrants potentiels (du fait du changement climatique), plus de la moitié, soit quelque 86 millions de personnes relèveraient de l’Afrique subsaharienne, d'ici à 2050. La migration est un facteur de développement puisque les migrants ont envoyé 529 milliards de dollars dans leurs pays d’origine en 2018, des transferts de fonds qui représentent très souvent des sommes supérieures à l’aide publique au développement et aux IDE. Cependant, l’Afrique est le continent qui reçoit le moins de fonds avec un montant de 46 milliards de dollars, contre 143 milliards en Asie de l’Est et Pacifique, 131 en Asie du Sud, 88 en Amérique latine et 59 en Europe et Asie orientale.

L’Afrique a les coûts les plus élevés au monde en matière de transferts de fonds : 9% contre 3% comme objectif mondial. Le transfert des fonds, qui représente un potentiel inexploité, peut constituer un véritable levier pour le développement endogène du continent. La migration internationale n’est pas africaine, le continent est davantage une terre d’immigration que d’émigration et le phénomène est plutôt intra-régional.

A.G.

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