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    Société

    Suicide des jeunes: Sourire de Reda décode leur jargon

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5693 Le 07/02/2020 | Partager
    L’association lance sa version de la Roue des émotions adap­tée au langage parlé de cette population
    Objectif: permettre de mieux les comprendre et répondre à leur mal-être
    Focus group, étude quantita­tive… Le fruit d’un travail de plusieurs mois
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    Créée en décembre 2009, Sourire de Reda - dirigée par Myriam Bahri - intervient quasi quotidiennement auprès des per­sonnes en souffrance via sa plateforme d’écoute anonyme «Stop Silence». Une helpline confidentielle et gratuite prise en charge par des spécialistes de la question et disponible en français, en anglais et en darija sur www.stopsilence.org. L’entité a également pour axe de travail la préven­tion, via la tenue régulière d’ateliers de sensibilisation dans les écoles (Ph. Fadwa Alnasser)

    Bon nombre de jeunes en souf­france ne parviennent pas à aborder la question de leur mal-être avec une tierce personne. C’est pour les reconnecter avec leurs émotions que l’association Sourire de Reda rendra opérationnel d’ici quelques jours sa propre Roue des émo­tions, thème phare de sa nouvelle cam­pagne de communication. Un outil conçu pour éviter autant que possible le passage à l’acte pendant qu’il en est encore temps.

    Après sa campagne #ana_m3ak, qui avait pour objectif de sensibiliser l’école et les familles sur leur pouvoir de sor­tir de l’isolement les jeunes exposés au risque de suicide, Sourire de Reda a réali­sé durant ces derniers mois un sondage en ligne des plus intéressants.

    En effet, l’on y apprend que 58,5% des jeunes en état de souffrance n’en parlent pas aux autres. «Une grande partie de cette population n’identifie pas ses émotions ressenties. Il y a alors confusion entre sentiments et sensations, ce qui peut aisément faus­ser le message transmis sur le moment à l’écoutant», confie la directrice du groupe Myriam Bahri.

    «Par ailleurs, d’autres freins, tels que les interdits sociétaux ou encore la faible maîtrise du champ lexical des émotions, rendent la tâche autrement plus ardue», explique la responsable. Le risque étant bien évidemment de ne pas se faire «précisément comprendre» et de commettre alors l’irréparable. «Si son ressenti n’est pas assi­milé avec exactitude, le jeune peut facilement tomber dans le piège de la drogue, devenir victime de troubles alimentaires graves et même s’enlever la vie», précise Bahri.

    Pour permettre à cette couche sensible de la popula­tion d’identifier avec précision ses sentiments et aux parents de mieux décoder leurs messages, Sourire de Reda remet ainsi au goût du jour la célèbre Roue des émotions du neuropsychologue Robert Plutchik auquel l’orga­nisme a réussi à greffer le «par­ler jeune».

    Partant des huit émo­tions de base, l’outil est ainsi agrémenté de multiples expres­sions et de mots utilisés par les jeunes dans leur vie quotidienne et qui ne sont pas toujours per­ceptibles par des adultes. Parmi ces der­nières par exemple, «Je suis saoulé», «Je vais péter un câble» ou encore «Je suis vénère» sont associés de manière nuancée à une seule et même émotion: la colère.

    L’instrument, qui desservira aussi bien les écoutants de la plateforme de soutien par chat de l’association que les parents ou encore les enseignants, sera avant tout évolutif et pourrait bel et bien faire l’objet de modifications lors des prochaines cam­pagnes.

    Le fruit d’un long travail d’obser­vation et d’analyse réalisé sur plusieurs mois prenant dans un premier temps la forme d’un focus group mené auprès du comité des jeunes de l’association. Une phase complétée ensuite par un volet quantitatif assuré en collaboration par des étudiants d’une école de commerce auprès d’un échantillon d’une cinquan­taine de jeunes adolescents âgés entre 12 et 18 ans.

    Karim AGOUMI

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