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L’ONSSA met le doigt sur la catastrophe des abattoirs

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5692 Le 06/02/2020 | Partager
Sur les 882 sites que compte le Maroc, seuls 8 sont accrédités
L’ONSSA a arrêté de contrôler 65 abattoirs ruraux
La tuberculose présente chez les bovins
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Aziz Akhannouch avec le DG de l’ONSSA, Abdallah Janatti lors de la commission de contrôle des finances publiques de la Chambre des représentants (Ph. Bziouat)

Aziz Akhannouch n’a pas dérogé à la règle: le ministre de l’Agriculture a pris la défense de l’ONSSA devant les députés de la commission du contrôle des finances publiques de la chambre des représentants. Il le fait depuis que la Cour des comptes a sorti un rapport sur les graves dysfonctionnements de cet Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, qui dépend de son département.

Le ministre a demandé aux députés de suivre son exemple en raison de la jeunesse de l’ONSSA dont l’âge ne dépasse pas 10 ans. Le nombre élevé des dysfonctionnements relevés par la Cour des comptes s’explique par la multiplicité des intervenants. Selon une ancienne circulaire, c’est le wali qui supervise les interventions dont notamment celles des autorités locales et des communes.

Toutefois, le problème est ailleurs: l’Office ne dispose pas d’attributions pour prononcer des sanctions contre les infractions constatées comme la fermeture des locaux des marchés de gros ou des abattoirs comme cela a été le cas à Mohammédia. Il est temps de passer à cette étape pour que l’ONSSA puisse s’acquitter du contrôle et prendre des sanctions comme notamment retirer les agréments.

Pour rappel, l’Office contrôle les marchés de gros, les marchés de poissons et les abattoirs. Mais lorsque ces unités ne sont pas organisées, il lui est difficile de s’acquitter de ses missions.

En tout cas,  selon Abdallah Janatti, DG de l’ONSSA qui a repris la parole après le ministre, le nombre des abattoirs s’élève à 882 dont 5 appartiennent au secteur privé, 184 aux municipalités et 693 aux communes rurales. Sur ce total, à peine 8 abattoirs sont accrédités pour une capacité de production estimée à 115.000 tonnes annuellement.

A cela s’ajoutent 19 projets d’abattoirs pour une capacité de 140.000 tonnes annuellement. Face à cette situation, l’ONSSA a décidé de suspendre le contrôle sanitaire des viandes rouges  au niveau de 65 abattoirs ruraux à cause de la non-conformité des conditions d’hygiène.

Le DG a également abordé le contrôle des pesticides. Ainsi, l’ONSSA  a autorisé 80 sociétés d’importation et de distribution de ces produits. En contrepartie, l’Office a retiré 12 matières actives de pesticides, ce qui équivaut à 76 pesticides sur les trois dernières années. Il a également procédé au recensement de 1.084 distributeurs et à l’évaluation des conditions de travail dont 274 répondent aux conditions requises.

En plus, l’Office a accordé un délai de 6 mois aux distributeurs pour se conformer. Le contrôle des pesticides importés n’est pas en reste. Ainsi, sur les 20.000 tonnes importées, moins de 1% est non conforme et a été refusé. Ce qui a abouti à l’obligation de mettre en place un registre de protection des plantes dans les exploitations, a noté le DG.

Quant au contrôle des produits, comme la menthe dans le marché de gros, les analyses ont montré un niveau de non-conformité très élevé. Des décisions ont été prises. En effet, en mai dernier, il était de 85%  et en août de la même année, ce niveau est tombé à 40%. Et cela, grâce aux campagnes de sensibilisation. Les autorités locales ont adressé des avertissements à des agriculteurs en plus de l’élimination de 125,3 tonnes (17,35 ha).

Selon Abdallah Janatti, la situation sanitaire de 2019 a révélé l’existence de la fièvre aphteuse au niveau des bovins dans 36 exploitations situées dans 18 provinces. La réaction a été immédiate puisqu’il a été question d’anéantir 2.299 têtes, avec l’indemnisation des propriétaires à hauteur de 11 millions de DH. Cette fièvre s’est étendue aux moutons et aux chèvres dans certaines régions.

L’ONSSA a procédé à 2 campagnes de vaccinations de 2,96 millions de têtes lors de la première et 2,6 millions la 2e. Une autre campagne entre juin et octobre ayant touché 22,1 millions de moutons et 5,4 millions de chèvres. Cela a nécessité la mobilisation de 550 vétérinaires privés et 69 services provinciaux. Ce qui a fait dire au DG que «la situation actuelle est sous contrôle».

Quant à la tuberculose, elle est présente au Maroc depuis des décennies. En moyenne, les vaches sont atteintes à hauteur de 18% et les exploitations à 33%. Vu les effets sur la situation sanitaire et économique, une stratégie a été élaborée  en collaboration avec la FAO.

Ainsi, des conventions ont été signées avec  les coopératives et les associations des éleveurs de bovins pour combattre cette maladie et délimiter les responsabilités de chaque partie. Ce qui a induit une baisse relative dans les exploitations signataires des conventions. Mais pour son éradication définitive, dans les pays les plus avancés, cela a duré 50 ans.

Au niveau national, l’éradication de la tuberculose demande plus de temps et de grands moyens, avec l’adhésion active des éleveurs dans le programme. L’ONSSA travaille actuellement à la préparation d’une nouvelle stratégie de lutte, en plus de la révision de la circulaire ministérielle relative à la composition de la commission pour fixer la valeur des vaches et l’indemnisation.

Viandes rouges, pesticides... Quelques indicateurs clés

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882 abattoirs au Maroc dont 5 appartiennent au secteur privé, 184 aux municipalités et 693 aux communes rurales.

A peine 8 abattoirs sont accrédités pour une capacité de production estimée à 115.000 tonnes annuellement.

19 projets d’abattoirs pour une capacité de 140.000 tonnes annuellement.

Le contrôle sanitaire des viandes rouges suspendu au niveau de 65 abattoirs ruraux à cause de la non-conformité des conditions d’hygiène

80 sociétés d’importation et de distribution de pesticides autorisées par l’ONSSA.

12 matières actives de pesticides retirées du marché (soit 76 pesticides sur les trois dernières années)

1.084 distributeurs de pesticides recensés

Sur 20.000 tonnes importées, moins de 1% est non conforme et a été refusé.

                                                                          

Viandes blanches: Transport, abattage, commercialisation

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Une note circulaire des ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture précise les conditions de transport et commercialisation des volailles ainsi que les conditions d’abattage de proximité destinées aux besoins des ménages. Ainsi, à la sortie de l’élevage, les volailles doivent être accompagnées d’un document  délivré par l’éleveur ou son représentant et ce pour une meilleure maîtrise de la traçabilité.

Ces volailles doivent être destinées principalement à l’abattoir avicole agréé ou aux marchés de gros des volailles. Le transport doit être effectué dans des moyens agréés par l’ONSSA comme les cageots et caisses en matériaux faciles à laver et à désinfecter. L’utilisation du bois est prescrite.

De même, le commerce simultané, dans un même local, des volailles vivantes et des viandes de volailles est interdit. La note prévoit les modalités de transformation de l’abattoir de volailles en point de vente des viandes blanches.

Mohamed Chaoui

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