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Financement des TPME: Les premiers crédits pour bientôt

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5690 Le 04/02/2020 | Partager
Les offres commerciales des banques présentées ces jours-ci
L’inclusion financière des populations rurales passera par le CAM et Al Barid Bank
Des actions pour mieux maîtriser le risque de la population ciblée
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«Pour minimiser le risque qu’engendre un projet initié par une jeune entreprise, nous allons agir dans deux directions dont la première vise à améliorer la qualité des demandes de financement qui parviennent à l’agence bancaire à travers un accompagnement», souligne Fouzia Zaâboul, directrice du Trésor et des finances extérieures (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Quand interviendra le déblocage des premiers crédits pour jeunes porteurs de projets et des TPME?

- Fouzia Zaâboul: L’offre financière est finalisée et sa déclinaison en offre commerciale sera opérée dans les jours qui viennent par les banques. Cette offre sera déployée par la suite au niveau régional par le réseau bancaire pour sa commercialisation auprès des entreprises clientes ciblées par le programme. Il est ainsi question de quelques jours.
Pour ce qui est des ressources budgétaires, elles ne posent plus de problème. En effet, la loi de Finances 2020 a instauré le «Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat» doté d’une enveloppe de 6 milliards de DH, répartie sur une durée de 3 ans à part égale par l’Etat et le secteur bancaire. Ces ressources ont été renforcées par une dotation additionnelle de 2 milliards de DH.

- Pour l’inclusion financière dans le monde rural, quel est le dispositif retenu?
- En premier lieu, j’aimerais rappeler que nous avons déjà enclenché dès l’année 2019 notre stratégie nationale d’inclusion financière et dont l’une des cibles prioritaires est justement les populations rurales.
C’est à ce titre que plusieurs chantiers ont été engagés dont notamment l’amendement de la loi relative au micro crédit, la révision du système de garantie dédié aux petits agriculteurs, le développement du mobile paiement, l’éducation financière,…
Aujourd’hui, et à travers ce programme et notamment la 3e convention, on vise à accélérer ce chantier d’inclusion financière des populations rurales. Ceci passera entre autres par le développement d’un ensemble d’actions conjointes entre le Crédit Agricole du Maroc et Al Barid Bank, unissant leurs forces et complémentarités ainsi que moyens et réseaux. Cela dans le but de mieux servir ces populations en termes d’éducation financière, de  bancarisation et d’accompagnement non financier. Le programme permettra en particulier de faciliter les conditions de financement des projets dans le milieu rural à travers notamment l’intervention du Fonds Hassan II, qui permettra d’offrir des taux d’intérêt de l’ordre de 1,75%, soit les taux les plus bas jamais accordés à ces activités.

- Avez-vous prévu une formation pour le personnel qui devra gérer ces nouveaux clients?
- Cette question s’adresse aux banques. En ce qui concerne les équipes du ministère, elles n’ont pas de relations directes avec les clients. Elles sont plutôt chargées de la conception des politiques d’intervention, la structuration des modèles et mécanismes d’appui, la coordination entre les parties prenantes, le suivi des chantiers engagés dans le cadre de ce projet et la préparation des travaux des différents comités. Vu l’ampleur de ce projet et son importance, nous avons institué une cellule un niveau de la Direction du trésor et des finances extérieures qui y est dédiée, et prévu de la renforcer incessamment.

- La population ciblée par ce programme de financement est jugée risquée. Comment la traiter?
- En effet, le programme bénéficiera principalement aux jeunes porteurs de projets, aux auto-entrepreneurs et aux TPE afin de leur permettre d’accéder au financement. Il ciblera en particulier les projets en création qui sont normalement jugés risqués par les banques. Pour une meilleure maîtrise du risque élevé de cette population, nous allons agir à deux principaux niveaux. Le premier porte sur la demande de financement, à travers un large programme d’accompagnement qui va permettre aux porteurs de projets de mieux structurer leurs projets, d’affiner les études et business plans,…
L’objectif est d’améliorer la qualité des demandes de financement qui parviennent à l’agence bancaire. Cet accompagnement se poursuivra lors de la phase de post création. Le second concerne l’offre de financement, à travers les mécanismes d’appui de l’Etat comme la garantie, les avances et le prêt. Ils permettront de faire bénéficier les porteurs de projets de financements pour réaliser leur programme d’investissement et d’exploitation, à des conditions avantageuses, tout en  réduisant la pression sur leurs ressources et trésorerie au cours des premières années d’activité. Tout ceci est de nature à minimiser le risque qu’engendre un projet initié par une jeune entreprise.  

- Le développement de modèles alternatifs de financement comme le mobile paiement ou encore le Crowdfunding est cité. Où en est-on?
- Effectivement, notre approche pour le financement des jeunes porteurs des projets et des TPE est globale. Elle passe principalement par le recours à des modes de financement classiques tels que le financement bancaire ou la micro finance. Mais, elle intègre aussi le recours à des modes de financement alternatifs qui s’adaptent mieux à certains types de porteurs de projets ou à des contextes particuliers. A ce titre, le financement collaboratif, connu à l’international sous le nom du «Crowdfunding» est au stade du Parlement.

Propos recueillis par  Mohamed CHAOUI

                                                                        

Eviter le scénario des crédits jeunes promoteurs?

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Avec tout ce nouveau programme, comment éviter de reproduire l’expérience des crédits jeunes promoteurs? A ce niveau, la directrice du Trésor et des finances extérieures tient à rappeler que l’expérience du système des prêts jeunes promoteurs et jeunes entrepreneurs a été l’une des premières initiatives du genre de l’Etat au profit des jeunes porteurs de projets.

Il fallait permettre leur insertion dans la vie active en créant leurs propres affaires. Ce mécanisme de financement qui consistait en des cofinancements Etat/Banques a profité quand même à près de 13.000 jeunes «dont une bonne partie avait honoré ses engagements».

Entre temps, poursuit Fouzia Zaâboul, le contexte a évolué et l’approche en matière de politique d’appui au financement a été recadrée en particulier dans le sens, d’une conception concertée et participative, d’un adossement à des partenaires privés avec la mise en œuvre dans le cadre de vision plus intégrée,… «Je pense que l’expertise aujourd’hui acquise en matière de conception et de pilotage de tels programmes, nous permettra de réussir ce chantier important pour nos jeunes», conclut-elle.

 

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