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Sécurité sanitaire: Des milliers d’opérations de contrôle… et après?

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5684 Le 27/01/2020 | Partager
L’action de l’Onssa se limite toujours aux produits primaires
Fruits, légumes, viandes rouges et blanches épargnés par les inspecteurs de l’Office
En cause, la pléthore des intervenants

Des millions de tonnes de produits alimentaires ont été contrôlés en 2019 par l’Onssa. Les refoulements et la destruction ont porté sur des milliers de tonnes. Le bilan publié par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires est on ne peut plus exhaustif.

Si on se tient aux volumes traités: 13 millions de tonnes ayant nécessité près de 75.000 opérations. Mais dans l’absolu, la mobilisation des inspecteurs de l’Office a surtout ciblé les produits primaires ainsi que le marché des produits phytosanitaires.

Or le danger sanitaire se niche plutôt dans les produits transformés. Un domaine qui échappe toujours à l’intervention de l’Onssa. Abstraction faite des usines de conserves végétales, des huileries et d’unités de conditionnement et de stockage, il est absent sur toute la chaîne de production alimentaire.

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 Sur les dix ans de son existence, l’Onssa a délivré 7.536 autorisations dont 60% concerne l’activité oléicole et les conserves végétales. Suivent les entrepôts de stockage et les stations de conditionnement

Au total, 17.641 tonnes ont été détruites ou refoulées. Et 2.243 dossiers ont été dressés et transmis au Parquet. «Produits impropres, à la consommation, d’origine inconnue, non-respect des conditions de conservation et de stockage, expiration de la péremption, fraude sur l’étiquetage», voila les motifs invoqués. Sans toutefois préciser la nature des produits et l’identité des opérateurs concernés. Le constat est valable aussi bien pour le contrôle à l’import qu’à l’export.

Pourtant, les chiffres avancés renseignent sur l’ampleur de la fraude et du nombre des auteurs. Les retraits des autorisations sanitaires ou leur suspension flambent. Sur le terrain agricole, l’Office a également retiré 5 matières actives entrant dans la composition des pesticides. Ce qui porte à 48 le nombre de produits chimiques retirés du marché marocain.

En revanche, des pans entiers de l’alimentaire sont toujours hors champ du garant de la sécurité sanitaire. Ceci, après plus d’une décennie de la mise en place de l’Office. Et pas des moindres pour le consommateur marocain. C’est le cas des viandes (rouges et blanches), poisson, fruits et légumes, aromates, épices et  même une part importante du lait sont hors circuit du contrôle de l’Onssa.

Autant dire que notre assiette est exposée à un risque sanitaire élevé. S’ajoutent également, les marchés de gros, les points de vente, les halles au poisson, l’abattage de volailles, les Mahlaba et lieux de restauration collective. Tous ces endroits, où la population achète quotidiennement à manger, échappent à l’inspection de l’organisme qui, aux yeux de l’opinion publique incarne pourtant le rôle de gendarme. Si les abattoirs ne sont plus visités depuis plusieurs mois par les vétérinaires de l’Office, c’est parce qu’ils ne relèvent pas de ses attributions. Résultat, l’abattage clandestin règne désormais en maître absolu.

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L’essentiel de la consommation au quotidien du citoyen est occulté par le gendarme de la sécurité sanitaire     

Pourtant, à la création de l’Office, il était question d’assurer la traçabilité sur toute la chaîne de valeur: de l’étable à la table, de la fourche à la fourchette et du bateau au plateau. Rien de ces objectifs n’a été atteint jusqu’à présent. Dans le sillage, les réformes des marchés de gros et des abattoirs sont aussi restées lettre morte.

De fait, on est toujours loin d’une vision claire et d’une politique intégrée de sécurité sanitaire de produits alimentaires. Et pour cause! La responsabilité étant diluée entre une pléthore d’intervenants. Divers départements ministériels sont en effet impliqués: ministère de l’Intérieur, ministère de la Santé, ministère du Commerce et de l’Industrie, Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations, Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses… Dans ce contexte de multiplicité des intervenants et en l’absence d’actions coordonnées, la dilution des responsabilités risque de perdurer.

Avec cette nuance, la cohabitation de deux types de contrôle. L’un assurant le suivi des résidus pour les produits exportés, car il s’appuie sur le passage par les stations de conditionnement (analyse de laboratoire), l’autre pour le marché intérieur, occultant totalement les résidus chimiques. Si un exercice est tenté pour le lait «traité» dans les Mahlaba, le taux des résidus d’antibiotiques serait incalculable. Tant le colportage y prédomine face à la tuberculose qui sévit parmi 20% du cheptel bovin.

                                                                           

L’exception qui devient la règle

Selon la loi 25-08, l’Onssa «exerce, pour le compte de l’Etat, les attributions relatives à la préservation de la santé des animaux et des végétaux ainsi que la sécurité sanitaire sur toute la chaîne alimentaire».

L’Office est, ainsi, chargé d’assurer la protection de la santé du consommateur à travers le contrôle du processus de production et de traitement de produits alimentaires y compris ceux de la pêche aussi bien à l’import qu’à l’export. Sauf que l’article 2 de la même loi précise «que l’Onssa agit sous réserve des attributions dévolues par la législation et la réglementation en vigueur aux départements ministériels ou autres organismes».

C’est cette disposition qui entretient l’anarchie depuis plus d’une décennie. L’amendement de cette disposition tarde à voir le jour bien que son introduction dans les circuits d’adoption remonte à plusieurs mois. C’est dire la résistance des autres intervenants.

A.G.

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