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Enquête L'Economiste-Sunergia: Surprenant, l’hôpital public continue d’attirer

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5681 Le 22/01/2020 | Partager
Presque 1 Marocain sur 2 consulte dans le public
La qualité de service et l’accueil restent des maillons faibles

Lorsqu’il a besoin de consulter un médecin, presque 1 Marocain sur 2 se rend dans un établissement de soins public. C’est ce qui ressort de la nouvelle enquête L’Economiste-Sunergia Etudes. 49% des personnes sondées s’adressent plutôt au secteur public contre 51% qui vont consulter dans le secteur libéral.

Ainsi, malgré la diversification de l’offre de soins et l’installation des médecins parfois dans des régions peu couvertes jusque-là, les centres de santé urbains et ruraux, les hôpitaux publics et autres dispensaires de quartier conservent encore une place prépondérante en matière d’accès des Marocains aux soins.

Ce sont surtout les hommes (53% de l’échantillon) qui fréquentent l’hôpital public, contre 47% des femmes. Par tranche d’âge, les 45-54 ans et plus sont plus nombreux (58%) à se diriger vers un établissement public pour une consultation, suivis par les  65 ans et plus (56%).

C’est dans le monde rural que les Marocains font naturellement le plus appel aux services du public pour se faire soigner: 68% contre 37% pour les citadins. Une propension qui peut être attribuée principalement à deux facteurs, soit l’absence d’une structure de soins dans le monde rural, soit à une question de pouvoir d’achat.

C’est dans les régions Nord, Est (57%) et Sud (54%) que l’on va le plus se soigner dans les établissements publics. Une prépondérance qui tient à la faiblesse de l’offre privée de soins dans ces régions en cliniques privées. A l’inverse, dans la région du centre, 41% des Marocains préfèrent le public. Ce qui suppose que 59% des habitants des grandes villes comme Casablanca, Mohammedia, Settat, El Jadida, etc., se soignent dans le privé. La région concentre d’ailleurs plus du tiers des cliniques privées du pays.

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Par catégorie socioprofessionnelle, plus on a les moyens, plus on s’adresse au privé pour se faire soigner. Ainsi, les personnes des classes D et E, dont les revenus sont compris entre 2.000 et 4.000 DH ou sont en dessous de 2000 DH, sont celles qui fréquentent le plus les établissements publics. Ces personnes se recrutent évidemment parmi la population urbaine, périurbaine que rurale.

En revanche, les Marocains les plus aisés, A (plus de 12.000 DH) et B (dont les salaires sont compris entre 6.000 et 12.000 DH) et plus, sont les moins nombreux à recourir aux services du public en matière de soins (21%). Beaucoup d’entre eux disposent d’une assurance maladie privée, parfois certains, en général des hauts cadres ou professions libérales, ont souscrit une couverture complémentaire.

Faible couverture du territoire par les cliniques privées

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Le Maroc compte 838 centre de santé urbains, 1.274 centres de santé ruraux, 149 hôpitaux. Ce qui totalise 23.931 lits (Ph. L'Economiste)

Le résultat de l’enquête n’est pas étonnant. Il renseigne sur l’égalité des Marocains devant la maladie. En effet, l’une des raisons qui expliquent le recours au secteur public peut être attribuée à la tarification pratiquée dans les hôpitaux publics. Par ailleurs, ces derniers se démarquent par la présence de professeurs de diverses disciplines dans le même CHU. Ce qui n’est pas le cas des cliniques privées. Le fait de pouvoir effectuer tous ses examens médicaux au même endroit (quand les appareils marchent) peut être un facteur différenciateur par rapport au privé.

Le fait que le public continue d'attirer s’explique également par la faible couverture du territoire national par les cliniques privées. La région Casablanca-Settat concentre 113 établissements de soins privés, soit près du tiers et le plus grand nombre de médecins privés: 4.870, soit plus de 35% des effectifs. Elle est suivie par la région Rabat-Salé-Kénitra (57 cliniques), Marrakech-Safi (45 cliniques). Bien que ce soit une grande région avec un gros potentiel économique, la région Souss-Massa ne compte que 23 cliniques, presque autant que l’Oriental. La région Guelmim-Oued Noun est la moins dotée puisqu’elle ne dispose que d’une seule et unique clinique, équipée de 19 lits. Mais il y a pire. Les statistiques du ministère de la Santé indiquent que les régions du Sud, à savoir Laâyoune-Sakia-El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab ne sont dotées d’aucune clinique. Pourtant, ces deux régions comptent respectivement 43 et 13 médecins.

L’enquête L’Economiste-Sunergia Etudes s’est également attachée à évaluer le degré de satisfaction par rapport à la qualité de services des établissements de soins, aussi bien publics que privés. 31% des personnes sondées se déclarent «très satisfaites» de leur expérience en matière de soins. 29% sont des hommes contre 33% des femmes. 35% des hommes ont déclaré être «très insatisfaits». Par tranche d’âge, 1/3 des 45-54 ans se disent «très insatisfaits».

Les personnes du troisième âge sont celles qui apprécient le plus les services des établissements de soins puisque 46% d’entre elles se déclarent «très satisfaites». Il n’est pas surprenant que les habitants du milieu rural ne trouvent pas leur bonheur dans la qualité de service des établissements de soins. En effet, 35% des personnes se déclarent «très insatisfaites». A signaler tout de même que le monde rural est peu doté en cliniques privées. Ces dernières s’implantent là où il y a le plus de pouvoir d’achat.

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Selon les statistiques, la région Casablanca-Settat accapare plus de 30% des cliniques privées, alors que les deux régions du Sud en sont totalement dépourvues

Le secteur public des soins concentre le plus d’insatisfactions, abstraction faite du genre, de l’âge, du milieu de résidence et la catégorie socioprofessionnelle. Ainsi, 51% des hommes sont «très insatisfaits». Ces insatisfaits se recrutent surtout parmi la tranche d’âges 25-34 ans.

En revanche, les 65 ans et plus, réputés pour avoir le plus besoin de soins, sont «très satisfaits» des services des établissements de soins. Même si seul 1 Marocain sur 5 des classes A, B fréquente un hôpital public, plus de la moitié d’entre eux sont «très insatisfaits». Du fait de leur situation aisée, ces personnes se font plutôt soigner dans le privé. Par conséquent, elles procèdent à des comparatifs entre les deux secteurs. Par région, c’est dans le Nord-Est que l’on est plus insatisfait de la qualité de service.

Parmi les griefs que tiennent généralement les patients au sujet des hôpitaux publics, la qualité de l’accueil, la non-disponibilité des médecins, l’absence de médicaments, le faible nombre de lits et les équipements souvent en panne… Des carences palliées par les établissements de soins nouvelle génération tels que les hôpitaux Cheikh Khalifa à Casablanca, ou Cheikh Zeid à Rabat.

A l’inverse, le privé, sans être parfait, cristallise moins d’insatisfaction. En effet, 83% des femmes sondées sont au moins satisfaites contre 74% des hommes. Les 65 ans et plus sont les plus insatisfaits de la qualité de service fourni par le privé (37%). Parmi les dérives que les patients relèvent habituellement figurent l’exigence d’un paiement en espèces, le refus de prendre en charge un patient sans le dépôt d’un chèque de garantie…

                                                                                  

Fiche technique

L'enquête L’Economiste-Sunergia Etudes rentre dans le cadre du concours My Market Insights (Vague 6) du groupe Sunergia. La méthodologie repose sur l’enquête téléphonique sur système CATI. L’enquête a été réalisée lors de la rentrée des vacances estivales, sur la période allant du 5 septembre au 31 octobre 2019. L’échantillon compte 1.000 personnes interrogées de façon aléatoire, soit une marge d’erreur de +/-3,1%.

La structure de l’échantillon a été redressée de façon à appliquer exactement la structure de la population marocaine issue du recensement (RGPH 2014) du Haut-Commissariat au plan (HCP). La réalisation a été confiée aux équipes de Marketphone, filiale du groupe Sunergia à Casablanca.  Cinq critères de quotas ont été appliqués: sexe, âge, milieu d’habitation (urbain ou rural), région et CSP.

Les sondés sont à 49% des hommes (490) et à 51% des femmes (510). 60% des répondants vivent en milieu urbain contre 40% en milieu rural. Les catégories socioprofessionnelles relèvent des CSP suivantes: A et B (13%), D et E (31%) ou encore C (56%). Toutes les grandes régions y sont représentées.

Hassan El Arif

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