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    Analyse

    L’aquaculture passe à la vitesse supérieure

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5666 Le 31/12/2019 | Partager
    256 nouveaux projets lancés avec un objectif de 156.000 tonnes/an... L’Anda reprend le collier
    La production actuelle bien loin des 200.000 tonnes fixées par Halieutis
    Le Maroc a encore du chemin à faire pour se hisser au niveau de ses concurrents méditerranéens
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    Couvrant près de 1.700 km de littoral, les plans d’aménagement aquacole préparés par l’Anda ont permis d’identifier les espaces à vocation aquacole et leur potentiel national. Répartition par espèces, la pisciculture se positionne en tête avec une part de 62%. Mais en termes de projets identifiés, on constate que la place de cette espèce reste très faible avec seulement près d’une dizaine de projets. Cela s’explique par le coût élevé des investissements nécessaires pour la réalisation de fermes dédiées à l’élevage des poissons contrairement aux deux autres espèces

    Le Maroc n’arrive pas à tirer profit de ses potentialités marines pour développer la filière de l’aquaculture. Bien que cette activité figure au cœur du plan Halieutis, les résultats enregistrés restent timides et «le secteur demeure peu développé comparativement à d’autres pays de la Méditerranée (Espagne, France, Italie, Grèce, Turquie, Egypte, Tunisie…, avec un total de production de près de 822.000 tonnes (2015) au niveau de la région», selon une étude publiée en 2018(1).

    La production actuelle avoisine 700 tonnes/an pour un potentiel évalué à 380.000 tonnes. Le même constat a été confirmé par le dernier rapport de la Cour des comptes sur le plan Halieutis pour la période 2010-2016. Les enquêteurs rappellent que «la production aquacole moyenne pendant six ans (2010-2015) était de 400 tonnes seulement, alors que le plan Halieutis a prévu de la porter à 200.000 tonnes».

    Le rapport constate également que «les deux principales espèces élevées sont le loup et l’huître avec une production moyenne, sur la période 2010-2016, respectivement de 123 et 284 tonnes». Alors que la production des trois espèces ciblées par le plan Halieutis, à savoir la moule, le maigre et la sole demeure insignifiante, ajoute le rapport.

    En 2017, la production aquacole a atteint 537 tonnes, soit seulement 0,04% de la production halieutique totale, avec une valeur de 21,90 millions de DH. Le Maroc dispose d’atouts favorables au développement de l’aquaculture marine, notamment son littoral, et qui de plus est, modérément exposé aux tempêtes. Celui-ci reste néanmoins faiblement occupé et inexploité, constate la Cour des comptes.

    Consciente de cette situation, l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) a initié, depuis sa création en 2011, plusieurs actions afin d’insuffler une nouvelle dynamique au secteur en vue de lui permettre de drainer plus d’investisseurs marocains et étrangers. Mais il faut leur donner plus de visibilité sur les potentialités et les opportunités offertes à travers les plans aquacoles couvrant les différentes régions du Royaume.

    Actuellement, 5 plans sont validés et ouverts à l’investissement, indique Majida Maârouf, directrice de l’Anda. Il s’agit des plans correspondant aux régions suivantes: Dakhla-Oued Eddahab, Souss-Massa, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, l’Oriental et Guelmim-Oued Noun (partie Sidi Ifni). Selon les plans d’aménagement aquacole réalisés, le potentiel de production annuel de ces zones est estimé à 380.000 tonnes.

    Le reste des plans est en cours de préparation concernant d’autres régions, ajoute la responsable de l’Anda. Après ce travail de planification qui a permis d’identifier les zones à vocation aquacole, les projets seront ensuite réalisés sur le terrain. Des appels à manifestation d’intérêt pour la réalisation des fermes d’élevage ont déjà été lancés par l’agence.

    Cette opération a été entamée depuis 2015 à Dakhla pour s’étendre par la suite aux autres régions dotées de leur plan d’aménagement aquacole. Ce travail a permis de sélectionner 256 projets aquacoles au niveau national dont la réalisation va permettre d’atteindre une production de 156.000 tonnes par an. La région de Dakhla accapare le grand lot avec 214 projets, soit 80% de l’ensemble de projets sélectionnés.

    Attention à l’alimentation artificielle

    Activer le développement du secteur de l’aquaculture est devenu une urgence afin de réduire la pression sur les ressources halieutiques et répondre aux besoins en alimentation de la population notamment en protéine. Il faudrait pour cela, selon la Cour des comptes, «accélérer l’adoption du code de l’aquaculture, instaurer des mesures fiscales et douanières incitatives pour faciliter l’accès aux intrants aquacoles, et accompagner les investisseurs par un appui technique et financier». «Sur le plan de l’environnement, l’alimentation artificielle utilisée avec excès dans l’élevage notamment des poissons pourrait poser des problèmes particulièrement dans les zones marines fermées», signale Driouch Hassan, enseignant-chercheur en halieutique à l’IAV Hassan II, campus d’Agadir. Par contre, dans les zones ouvertes comme celle d’Agadir, les courants, les vagues et le vent vont se charger de la dispersion des aliments artificiels excédentaires, ajoute-t-il. La qualité de l’eau figure parmi les principaux enjeux aquacultures durables, confirme pour sa part l’expert français, Nadou Cadic(*) . Ces recommandations et observations seront certainement d’une grande utilité pour la préparation éventuelle de la stratégie Halieutis 2 pour la période 2020-2030.

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    (*) Lors de son intervention au Forum des entreprises aquacoles organisé le 13 novembre 2019 à Dakhla

    Noureddine EL AISSI

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    (1) Etude dont l’intitulé est «Aquaculture marine marocaine: Potentiel et nécessité de développement».

     

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