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    Recapitalisation mi-janvier 2020 pour Platinum Power

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5663 Le 26/12/2019 | Partager
    L’actionnaire américain risque de bloquer l’opération
    Le PDG fait valoir des projets et une réévaluation d’actifs

    Les contentieux entre les deux grands associés de Platinum Power persistent. Mais son PDG, Omar Belmamoun, «tient à aller de l’avant» malgré les procédures judiciaires en cours. Ainsi, une augmentation de capital en numéraire de 60 millions de DH a été décidée il y a dix jours par le conseil d’administration. «Cette recapitalisation sera actée lors de l’assemblée générale extraordinaire prévue mi-janvier 2020 à Rabat», précise le PDG de Platinum Power.

    Le capital devrait passer de 125 à 185 millions de DH. «Tous les actionnaires vont y participer. Il y aura une petite dilution dans l’actionnariat», précise le top management. Cette opération vise à renforcer les fonds propres de Platinum Power et faire face à ses engagements. Le top management évoque le lancement d’appel d’offres pour la sélection d’un constructeur d’un barrage à Makay au Cameroun. Autre engagement, la finalisation des études techniques au Maroc.     

    Le projet d’augmentation de capital risque-t-il de capoter? L’actionnaire américain, Michael Toporek, n’est plus membre du conseil d’administration depuis février 2019. Il a appris la nouvelle de la recapitalisation sur nos colonnes au même titre que son conseil juridique, Afrique Advisors.

    «Toporek n’est pas au courant de cette opération. Je doute fort qu’elle se réalise. Qui est cet actionnaire qui va mettre de l’argent dans Platinum Power?», se demande une source proche du dossier ayant souhaité garder l’anonymat.

    En juin 2019, le PDG a attaqué le businessman américain pour faux et usage de faux devant le tribunal pénal de Casablanca. Une audience est prévue fin décembre et risque fort probablement d’être reportée. «Michael Toporek n’a pas été encore notifié, d’où les multiples reports», indique une source proche de l’homme d’affaires.

    Cette action judiciaire n’en est qu’à ses débuts. Ne tirons surtout pas de conclusions hâtives: la présomption d’innocence et les droits de la défense prévalent.

    Pertes et saisies

    Malgré la révocation de l’associé américain, il demeure présent au capital à hauteur de 43% environ. Vu son litige avec le top management, Michael Toporek risque de bloquer l’augmentation de capital prévue mi-janvier 2020. Si ce scénario se réalise, le PDG de Platinum Power va saisir le tribunal de commerce. Cet éventuel recours judiciaire ne sera ni le premier ni le dernier.

    «Personne n’a intérêt à s’opposer à l’opération. Car c’est soit l’augmentation du capital, soit la cessation de paiement», précise-t-il. A fin 2018, le développeur d’infrastructures énergétiques a enregistré une perte cumulée de 200 millions de DH contre 180 millions de DH un an auparavant. Côté emplois, l’énergéticien a perdu la moitié de son effectif. «Il est passé de 20 à 10 salariés à cause de cette crise de gouvernance. Les directeurs Maroc et celui de la région subsaharienne sont toujours là», précise Omar Belmamoun. Les collaborateurs du PDG n’ont pas été en grande partie payés depuis au moins trois mois.

    Il y a aussi les saisies inscrites sur le Registre de commerce. Mohamed Amine Amzazi en est l’un des initiateurs. Après son licenciement en juin 2018, le directeur financier a eu gain de cause. La juridiction sociale a reconnu le «licenciement abusif» et lui a accordé 700.000 DH d’indemnités. Cette créance a donné lieu à l’inscription d’une saisie. Le propriétaire de locaux loués par l’entreprise a également initié une saisie à cause d’impayés. 

    Reste un des actionnaires, Afrique Invest, qui a effectué la même démarche au Registre de commerce. L’arbitrage initié par Brahim El Jai est en cours à Paris. «Le représentant d’Afrique Invest veut récupérer son investissement initial de 43 millions de DH», précise le PDG de l’énergéticien.

    Omar Belmamoun tient à «rester transparent» en reconnaissant «les difficultés financières». Il pointe du doigt la responsabilité de Michael Toporek: « Il a refusé toutes les solutions proposées par nos soins. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui explique sa révocation du conseil d’administration. Les PV des assemblées générales en attestent. Son objectif était d’asphyxier l’entreprise pour la reprendre au dirham symbolique». Ses contradicteurs rejettent évidemment ses accusations.        

    Par ailleurs, Platinum Power se prévaut de 25 milliards de DH de projets répartis entre le Maroc, le Cameroun et la Côte d’Ivoire (voir ci-dessous). Elle prévoit de revaloriser ses actifs pour les intégrer dans son patrimoine: 3 à 4 banques d’affaires sont sur sa liste.

    «La société a été valorisée en 2015 à 1,5 milliard de DH par les banques d’affaires Rotschild et Lazard», rappelle son CEO. Ses contradicteurs s’en réjouissent: «Tout le monde saura au moins ce que vaut réellement cette société. Il aurait fallu commencer par une réévaluation des actifs au lieu de l’augmentation de capital».

                                                                                                    

    Financement, commercialisation et régulation... le trio manquant!

    Le PDG de Platinum Power reste confiant. Il revendique son statut «de premier développeur de barrage privé» au Maroc, avec 25 milliards de DH de projets répartis entre le Maroc, le Cameroun et la Côte d’Ivoire. Son portefeuille marocain est le plus modeste. De 15 à 20% de la totalité des projets, précise le manager trentenaire.

    Pour l’heure, son entreprise détient sur le territoire national six autorisations de barrages pour une durée de 25 ans. Elle a opté pour la construction de ces plateformes hydroélectriques au lieu de céder ces projets. Platinum Power ne veut pas être cataloguée comme un vulgaire spéculateur.  

    Reste le financement et la commercialisation. Un premier Protocole d’accord a été signé le 9 juillet à Pékin avec China First Highway engineering Co. LTD (CFHEC).  Il concerne «un partenariat capitalistique et industriel», précise le management marocain. Le signataire chinois a réalisé un audit des projets et a posé une condition préalable: «l’existence d’un contrat d’achat d’électricité signé et cacheté par un éventuel client». Pas si simple à trouver.    

    «La commercialisation pose problème», reconnaît le management qui vit «un paradoxe». Platinum Power dispose d’autorisations que «les autres développeurs d’énergies renouvelables n’ont pas». Et pour cause, «l’ONEE ne veut pas de cette énergie intermittente. L’éolien et le solaire coûtent cher en stockage», selon Platinum Power.   

    Omar Belmamoun a tenté de démarcher l’office des chemins de fer (ONCF), le groupe OCP S.A. et des cimentiers. Mais en vain. Pour être rentable, Platinum Power doit vendre de l’électricité en heure de pointe. «Le coût d’investissement par MW est en moyenne de 30 millions d’euros», explique son porte-parole. Or, les cimentiers «s’effacent» en heure de pointe «en baissant leur consommation d’électricité et donc de productivité». L’OCP n’a pas donné suite à sa proposition commerciale.

    Quant à l’ONCF, il consomme 300 MW supplémentaires avec son nouveau TGV. Il y a eu un  appel d’offres «hors» électricité hydraulique! Platinum Power s’en étonne. Pourquoi? «Je n’ai pas reçu de réponse claire», répond son représentant légal. Où est passé l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE)?

    Faiçal FAQUIHI

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