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    Société

    Un Noël ordinaire en terre d’islam

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5661 Le 24/12/2019 | Partager
    Environ 30.000 chrétiens, dont 20.000 catholiques et 10.000 protestants
    Des messes de minuit dans plusieurs villes du pays
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    L’église chrétienne a retrouvé une nouvelle jeunesse grâce à l’apport des subsahariens résidant au Maroc (Ph. Jarfi)

    Les chrétiens, au Maroc comme partout dans le monde, s’apprêtent à célébrer les fêtes de Noël. Si pour beaucoup d’étrangers, (mais également de Marocains), la période est synonyme de sapins enneigés, de guirlandes et d’agapes: dinde farcie, foie gras, bûches à la crème… pour beaucoup de chrétiens pratiquants, les festivités démarrent avec la messe de minuit, ce mardi 24 décembre.

    Pour la communauté catholique, celle-ci sera célébrée, sous la houlette de l’archevêque de l’Eglise catholique au Maroc, Monseigneur Cristobal Lopez Romero, à la cathédrale Saint Pierre, place du Golan et siège de l’archidiocèse de la capitale.

    L’édifice, inauguré le 17 novembre 1921, est un beau témoignage d’une architecture Art Déco intégrant des références de l’art islamique. A Casablanca, c’est à l’imposante église de Notre Dame de Lourdes, construite en 1954 et classée patrimoine culturel national, que se tiendra la messe.

    D’autres messes seront célébrées dans différentes églises ou chapelles du Maroc: Marrakech, Agadir ou encore El Jadida. A Tanger, c’est à la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption, deuxième archidiocèse du Maroc, qu’aura lieu la messe traditionnellement célébrée en espagnol. Il faut dire que, bien que l’histoire du christianisme au Maroc soit ancienne, c’est avec l’avènement du protectorat que l’Église catholique se développera rapidement non sans quelques batailles internes entre les territoires sous domination espagnole et ceux sous le joug français. Pour clore ce chapitre belliqueux, le pape Pie XI créera 2 Vicariats apostoliques: un avec siège à Rabat, pour la zone française, et un autre à Tanger, pour la zone espagnole et la zone internationale de Tanger.

    En 1923, les deux églises avaient pour consignes strictes d’éviter tout prosélytisme. En 1955, 200 églises ou chapelles étaient à la disposition des 500.000 Européens du Maroc. Une neutralité qui ne sera rompue qu’une seule fois, dans l’Histoire, lorsque l’évêque de Rabat Mgr Lefèvre, publiera une lettre soutenant les efforts d’indépendance du Maroc. Il y plaida pour un nécessaire respect des volontés du peuple marocain à sa souveraineté.

    Le Sultan Mohammed V, lui-même, approuvera la lettre et invita Mgr Lefèvre à la Fête du Trône le 18 novembre 1952 où il revendiqua l’indépendance. Les années 75 à 90 virent le départ massif des chrétiens du Maroc, et de nombreuses congrégations religieuses ainsi que la majorité des églises furent fermées, parfois démolies ou vendues, la plupart du temps remises au domaine privé de l’État.

    Dans la dynamique du concile Vatican II, l’œcuménisme se développa entre les Églises anglicane, orthodoxe, catholique et évangélique, ce qui se traduira par la création d’un Conseil des Églises chrétiennes au Maroc, et en 2012 par la création de l’Institut Al Mowafaqa. Aujourd’hui, l’Eglise connaît un sursaut de vitalité grâce notamment aux nombreux étudiants subsahariens qui sont accueillis au sein des établissements d’enseignement supérieur du Maroc depuis une quinzaine d’années.

    Parmi eux figure un grand nombre de chrétiens. Ils ont donc donné un nouveau souffle à l’Église au Maroc, qui rassemblerait aujourd’hui environ 30.000 chrétiens, dont 20.000 catholiques et 10.000 protestants, et dont la moyenne d’âge se situe à 35 ans.

    Catholiques, protestants  et orthodoxes

    La première Église protestante au Maroc sera fondée en 1874 à Essaouira. Dès le milieu du 19e siècle, une communauté anglicane s’est constituée, bâtissant son propre cimetière vers 1850 et érigeant en 1906 à Casablanca l’église Saint John, qui existe toujours. En 1913 se constitue à Casablanca la première communauté protestante francophone organisée. Les premiers temples sont construits dans les années 1920-1930 et l’Église réformée évangélique française au Maroc reçoit son statut légal par le décret royal du 19 avril 1926. En 1959 les protestants donnent à leur Église le nom d’Église Évangélique au Maroc et présente dans plusieurs villes du pays.
    Des Églises grecque et russe orthodoxes sont également érigées à Casablanca et Rabat. Par ailleurs plusieurs communautés chrétiennes sont installées au Maroc dont les Franciscaines missionnaires de Marie à Nador qui apportent leur soutien aux migrants, la Compagnie missionnaire du Sacré-Cœur de Jésus à Taza qui possède un centre d’accueil pour personnes handicapées et les Salésiens de Don Bosco à Kénitra qui s’occupent de la gestion des deux écoles catholiques et des deux centres de formation situés dans la ville. D’autres communautés sont à vocation plus contemplative: les Clarisses à Casablanca, les Carmélites à Tanger et les Trappistes à Midelt.

    Amine Boushaba

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