×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Analyse

Compétition à l’export Les armes insoupçonnées des PME

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5646 Le 03/12/2019 | Partager
Les résultats d’une étude commanditée par le ministère de l’Industrie
Focus sur l’agriculture, l’alimentaire, le textile et les IEEM
Le potentiel des PME exportatrices
pme-export-046.jpg

Les PME exportatrices possèdent toutes un compte en banque propre, connaissent parfaitement les procédures pour obtenir un prêt (86%) et sont capables de produire des dossiers de coûts exhaustifs aux investisseurs potentiels (88%)

Les PME exportatrices sont-elles compétitives? Contrairement aux idées reçues, la réponse est affirmative selon les résultats d’une récente enquête. Identifier les points forts des PME, mais aussi les goulots d’étranglement relatifs à l’environnement des affaires. C’est l’objectif du rapport réalisé conjointement par l’Association marocaine des conseillers à l’export (AMCE), le ministère de l’Industrie et du commerce et le Centre pour le commerce international (CCI).

Les petites et moyennes entreprises (PME) représentent près de 98% des entreprises marocaines, concentrent 40% des investissements privés et génèrent 31% des exportations du Maroc. Elles offrent souvent des opportunités professionnelles aux tranches les plus vulnérables de la population active (les jeunes et les femmes) et créent des emplois sur l’ensemble du territoire.

«Le développement de la PME est également un facteur de réduction des disparités régionales», soutiennent les auteurs du rapport. Selon ce document, piloté par le CCI, la compétitivité des entreprises repose sur 3 piliers qui se résument comme suit: concurrencer, connecter et évoluer.

Le premier pilier correspond à la dimension statique de la compétitivité et évalue la capacité des entreprises à être en phase avec les exigences du marché en termes de qualité, quantité, prix et délais. Le 2e pilier est relatif aux liens avec les clients et entreprises qui entourent la PME et les institutions pour être compétitives. Idéalement, ces liens doivent être tissés en utilisant les technologies de l’information et de la communication modernes.

Le dernier volet, «Evoluer» correspond à la dimension dynamique de la compétitivité et évalue si l’entreprise a la capacité d’investir dans le capital humain, financier ou dans l’innovation pour s’adapter à l’évolution rapide des marchés. Le cadre d’analyse de la compétitivité repose également sur trois niveaux, dont deux sont analysés dans ce rapport, à savoir: la  capacité de l’entreprise et l’environnement des affaires.

Quatre secteurs d’activités font l’objet de cette enquête: agriculture, industrie alimentaire, textile et industrie électrique, électronique et métallique. A en croire les résultats, tout va pour le mieux pour les PME nationales. On y apprend ainsi que les PME du secteur de l’agriculture, à titre d’exemple, sont plutôt  optimistes. Malgré le climat sec et désertique, seules 42% des entreprises interrogées considèrent que le manque d’accès à l’eau est un obstacle.

Dans l’industrie alimentaire, l’étude relève que la plupart des entreprises «adoptent des normes de qualité nationales (90%)  ou internationales (70%). De même, environ 70% des  entreprises interrogées considèrent que la disponibilité d’information sur les normes est bonne et que les organismes de certification sont efficaces.

Même son de cloche dans le textile. En effet, près de  61% des entreprises interrogées affirment que leur production «correspond exactement à la demande». Par ailleurs, 92 % des produits ont été livrés à temps et moins de 1% des marchandises a été perdu ou avarié. Voici une synthèse des résultats de l’enquête sur la compétitivité des PME, secteur par secteur.

■ L’agroalimentaire: Un taux de croissance de 7%
Le secteur de l’agroalimentaire, regroupant l’agriculture, la sylviculture, la pisciculture et l’industrie alimentaire, se porte plutôt bien. Il participe à hauteur de 20% au Produit intérieur brut (PIB) et emploie 37% de la population active. Par ailleurs, on y observe un développement rapide: sur les dernières années, la valeur ajoutée a quasiment doublé et les exportations ont cru à un taux annuel de 7% en moyenne.
Les entreprises interrogées précisent être à 83% de la capacité maximale de production avec les ressources actuelles. Le secteur agroalimentaire est ainsi le plus efficient de l’échantillon dans l’utilisation de ses ressources. Ces entreprises bénéficient en effet de conditions financières idéales pour se développer: elles possèdent toutes un compte en banque propre, connaissent parfaitement les procédures pour obtenir un prêt (86%) et sont capables de produire des dossiers de coûts exhaustifs aux investisseurs potentiels (88%).

analyse-competitivite-046.jpg

Les meilleurs scores des PME sont réalisés dans les exigences financières et en matière de qualifications ainsi que les normes et certifications

■ Industrie alimentaire: 90% aux normes!
Conserves de poisson et des produits de boulangerie et confiserie. Ce sont les principales activités de l’échantillon de 20 entreprises opérant dans l’industrie alimentaire. Un secteur qui représente  27% de la production industrielle totale du Maroc. Dans ce secteur également, la majeure partie des ventes (soit 57%) est destinée à l’export. D’après les données de l’enquête, une grande majorité (90%) des entreprises sondées ont obtenu un standard de qualité (ONSSA ou autres).
Les certifications internationales sont également bien présentes (79%). Il semble aussi que l’environnement des affaires soit relativement bon, puisque environ 70% des entreprises interrogées considèrent que la disponibilité d’information sur les standards est bonne et les organismes de certification plutôt efficaces.

■ Manufacture: Le textile tire son épingle du jeu
Le secteur participe à près de 30% du PIB marocain et à 20% de l’emploi. L’automobile et l’aéronautique, notamment, jouent le rôle de locomotive avec une croissance du chiffre d’affaires annuel, respectivement de 25 et 17% en moyenne entre 2010 et 2016. A l’instar de l’agriculture, les principales destinations des exportations sont européennes, notamment l’Espagne (40%) et la France (29%). Seules 18% des entreprises interrogées exportent principalement vers un pays d’Afrique. Par ailleurs, la majorité des entreprises interrogées cherchent activement des clients à l’étranger (54%). L’essentiel des entreprises axent leur stratégie concurrentielle sur une offre de haute qualité (61%), tandis que 18% mettent en avant leur capacité à produire en grandes quantités et 14% leur prix bas.
Dans le textile, près de 61% des entreprises interrogées affirment que leur production correspond exactement à la demande. Par ailleurs, 92% des produits ont été livrés à temps et moins de 1% des marchandises a été perdu ou avarié.

■ IEEM: Un secteur jeune et compétitif
Le secteur de l’Industrie électrique, électronique et métallique regroupe la fabrication de produits métallurgiques et d’ouvrages en métaux, la fabrication d’articles électroniques et électriques et la fabrication de machines et de véhicules.
Si les problématiques sont similaires à celles du secteur manufacturier, les entreprises actives dans l’IEEM sont en général plus performantes sur toutes les variantes de la compétitivité. Ce qui s’explique notamment par  la relative jeunesse de ce secteur. En effet, 52% des entreprises de l’IEEM ont moins de 13 ans contre 25% seulement pour les autres secteurs manufacturiers. De plus, 8% des top managers ont moins de 35 ans contre 4% dans le secteur manufacturier dans son ensemble. Les entreprises de l’IEEM détiennent  plus de certifications que celles des autres secteurs manufacturiers en raison de la forte composante des hautes technologies.

Optimisme démesuré?

Si les PME exportatrices affichent un optimisme à toute épreuve, il faudra toutefois nuancer cet enthousiasme. Les perturbations à l’international vont peser sur le commerce mondial et donc sur les exportations marocaines, selon les économistes d’Euler Hermes.  «Le régime de basse croissance des exportations va se perpétuer en 2020», annoncent-ils. Les débouchés additionnels représenteraient seulement 10 milliards de DH dont 2 milliards de DH sur le marché espagnol et 1 milliard de DH en Inde. Ces résultats contrastent aussi avec les conclusions d’une étude menée pour la 1re fois par le CRI de Casablanca-Settat avec l’assistance technique de la Banque mondiale (cf. édition du 17 octobre 2018). Celle-ci démontre en effet que seule la moitié des TPME a survécu en plus d’une décennie (2003-2015). Parmi les principales difficultés rencontrées, figurent notamment l’accès au financement, la non-préparation des business plans, les pratiques managériales, le manque de veille sectorielle…

Fiche technique

Les résultats de l’enquête, menée auprès de 149 entreprises, sont déclinés par secteur (agroalimentaire, textile, IEEM, services …). Les entreprises interrogées sont basées dans 5 des 12 régions, principalement dans la région de Casablanca-Settat (32%), dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma (28%) et dans celle de Souss-Massa (25%). Ces entreprises sont notamment actives dans les secteurs de l’agriculture (24%), l’industrie textile (20%), l’industrie alimentaire (17%) et les services (14%). Dans l’échantillon, 4% des entreprises interrogées sont de micro entreprises (1 à 4 employés), 16% sont de petites entreprises (5 à 19 employés), 37% sont des entreprises de taille moyenne (20 à 99 employés) et 43% sont grandes (plus de 100 salariés).

Aziza EL AFFAS

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc