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    Economie

    La consommation interne «sauvera» la croissance

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5644 Le 29/11/2019 | Partager
    Elle compensera la baisse de la demande extérieure adressée au Maroc
    Le phénomène est lié à la montée du protectionnisme
    L'automobile exposée à la restructuration des chaînes de valeur
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    L'automobile est classée troisième en termes d'exportations additionnelles. Le secteur connaît des changements au niveau international. La demande externe ne risque pas d'être au même niveau que les années précédentes

    Faut-il être pessimiste ou optimiste sur l'évolution de l'économie marocaine? Du point de vue de la croissance, en décélération, l'on penche facilement vers la partie vide du verre. Euler Hermes, qui a tenu la 7e édition de l'observatoire international du commerce jeudi 28 novembre à Casablanca prévoit un taux de croissance de 2,4% cette année et un peu moins l'année prochaine, soit à peine 2% (voir notre édition n° 5643 du jeudi 28 novembre). Ceci intervient dans un contexte économique international marqué par une croissance en baisse: 2,5% en 2019 contre 2,4% cette année.

    Mais même si les perspectives économiques sont dégradées, le pays devrait poursuivre les réformes engagées. «C'est ce que nous constatons dans plusieurs pays qui saisissent le contexte actuel comme opportunité pour mener des réformes structurelles», souligne Alexis Garatti, directeur de la recherche macro-économique à Euler Hermes.

    Comme c'est le cas un peu partout dans le monde, le Maroc a également été touché par la réorientation de la politique commerciale américaine. «Le commerce international qui était un contributeur positif à la croissance marocaine va devenir un contributeur négatif». 

    L'économiste d'Euler Hermes reste néanmoins  «assez confiant dans la stabilité de la consommation intérieure». Car la bonne nouvelle est le bas niveau de l'inflation qui favorise cette stabilité au point de parler «d'une résilience de la consommation».

    Cela d'autant que les objectifs sociaux (éducation, santé…etc)  affichés par le gouvernement vont la favoriser. Le tout sans oublier l'impact de l'investissement dans l'infrastructure qui soutiendra également la demande. En tout cas, la demande interne devra compenser les effets du recul du commerce international.

    Dans ce check-up, l'économiste d'Euler Hermes est revenu sur le problème de la diversification. Celle-ci nécessite une réorganisation du tissu de production assurant ainsi un développement à long terme et permettant à l'économie d'absorber les chocs extérieurs. La transformation de l'économie devient également nécessaire face à l'évolution des investissements directs étrangers.  Ceux-ci sont en recul non seulement au Maroc mais un peu partout dans le monde. Cette contraction s'explique surtout par la montée du protectionnisme et de l'incertitude. Le phénomène est global.

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    Pour Euler Hermes, l'évolution de la productivité agricole indique que le Plan Maroc Vert a atteint certaines limites et de nouveaux modes de développement sont jugés nécessaires

    Autre fragilité, l'importance du secteur agricole qui expose la croissance aux aléas du climat. «Les fondamentaux liés à l'environnement sont en train de se transformer radicalement. Un modèle économique qui dépend de manière si importante des aléas du climat est dans une situation de fragilité», souligne Garatti.  Il signale aussi que le Plan Maroc vert «a atteint certaines limites» et de nouveaux modes de développement sont jugés nécessaires.

    Côté exportations, le Maroc est face à des défis. «Les éléments sur lesquels il se spécialise sont en train de souffrir», avertit Garatti. Les exportations de l'automobile ne sont plus aussi dynamiques. Dans ce secteur, les chaînes de valeurs très complexes, sont en train de se réorganiser et la transformation devrait prendre un peu de temps. Le tableau n'est pas totalement sombre puisqu'une stabilisation est attendue l'année prochaine ainsi que des gains assez importants à l'export.

    «Nous sommes confiants dans l'économie. Mais la demande externe ne serait pas au même niveau que les années 2016 à 2018», poursuit l'économiste de Euler Hermes.  Son message principal: «la stabilité et la transparence des objectifs de politique économique. Ne les changez pas en fonction des coalitions gouvernementales». 

    Khadija MASMOUDI

     

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