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    Société

    MEDays: Le monde face à la subversion et aux incertitudes

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5636 Le 19/11/2019 | Partager
    Plus de 200 intervenants du monde entier
    En guest-star: des présidents et chefs de gouvernement, des ministres, des grands patrons…
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    Le président Macky Sall recevant des mains de Fatima El Hassani, président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, le Grand Prix des MEDays 2019. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Mohcine Jazouli (Ph. Medays)

    Montée des populismes, jeu de puissances dans les relations internationales, fissures au sein des institutions multilatérales, défis de la croissance et du commerce, crises sociales… C’est sur un monde trouble où les fractures de la société s’accentuent et se multiplient dans l’ombre d’enjeux politiques et géopolitiques incertains que s’est penchée la 12e édition des MEDays, qui s’est clôturée ce week-end.

    Plus de 200 intervenants étaient invités à décrypter les enjeux d’une crise globale de confiance s’amplifiant, laissant de plus en plus place à l’incertitude et l’instabilité. Placé sous le thème de «Crise globale de confiance: faire face à la subversion et aux incertitudes», chefs d’État et de gouvernement, dirigeants d’organisations et d’entreprises internationales, acteurs de la société civile et médias et discuté en plénières, en tables rondes ou en ateliers autour des possibles solutions de gouvernance mondiale face à un système international en crise.

    En guest-star de cette édition: le président du Sénégal Macky Sall, le président du Sierra Leone Julius Maada Bio, le ministre des Affaires étrangères de la Palestine Ryad Al Malki,  Saeb Erakat, négociateur en chef et secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ou encore le Premier ministre de la République de São Tomé et Príncipe, Jorge Lopes Bom Jesus.

    «Il n'est pas aisé de tracer des parallèles entre les crises sociales ou politiques qui agitent la planète aujourd'hui, mais toujours est-il que nous voyons en Afrique, en Europe, en Asie et aux Amériques: l'agitation des peuples. Ce vacillement de pouvoirs établis doit nous interpeller», rappellera Brahim Fassi Fihri, président des MEDays, dans son discours d'ouverture.

    Vacillement des pouvoirs mais également de rapports de force: «Entre une Europe désunie où l’esprit solidaire se dissout dans la montée du populisme, une Russie qui s’impose en devenant une puissance énergétique de plus en plus influente, une première puissance mondiale qui s’isole et se renferme sur elle-même tandis que la Chine est sur les rangs du leadership mondial, autant de paramètres qui redessinent les contours préétablis de la gouvernance mondiale et nous poussent à considérer une éventuelle fin d’hégémonie occidentale et un déplacement du centre de gravité vers l’Est», précise-t-il, prédisant la fin du «nouvel ordre mondial» aujourd’hui dépassé.

    Redessiner une carte du monde, passe indubitablement par l’Afrique, continent de toutes les promesses. Plusieurs panels étaient consacrés au continent: banques, services financiers et assurances en Afrique: Quels nouveaux gisements de croissance?

    Pour une Union africaine indépendante: Comment sortir le continent de la perfusion financière? Energies et électricité: Connecter le continent, améliorer la sécurité, financer les projets et gagner en compétitivité… autant de thèmes qui ont mobilisé des experts du continent et d’ailleurs: ministres, directeurs d’instituts de recherches, élus et grands patrons. D’autres foyers de tensions ont également eu leur part des débats: Amérique latine, Asie du Sud-Est, Moyen-Orient et Europe centrale.

    Parole de président

    Dans son allocution, le président du Sénégal Macky Sall a dénoncé un paradoxe qui met à nu un monde d’extrême opulence face à un monde d’extrême pauvreté entre les Etats mais également au sein de ces mêmes Etats. Citant une étude récente, Macky Sall a rappelé que 8% seulement de la population du monde détiendrait 80% de sa richesse. Face à cela, plus de 850 millions de personnes vivent encore dans des conditions d’indigence absolue.  Une situation qui rend peu probable, selon le président, la réalisation de l’objectif de développement durable d’éradication de la pauvreté d’ici 2030, promut par le Pnud. Macky Sall a également dénoncé l’hégémonisme civilisationelle: «…Quand certains se croient investis de la mission de prescrire aux autres la façon d’être et d’agir, c’est quelque chose que nous vivons quotidiennement dans nos Etats d’Afrique», précise-t-il, rejetant fermement ce qu’il nomme «L’injonction civilisationnelle». Concernant le continent, Sall appelle à un rééquilibrage des rapports de force avec le reste du monde. «Dans  une Afrique en quête d’émergence, il ne peut y avoir ni chasse gardée, ni exclusivité, ni exclusion».

                                                                      

    La déclaration de Tanger

    La 12e édition du Forum MEDays s’est clôturée  par l'adoption de la traditionnelle Déclaration de Tanger appelant à une réforme inclusive de la gouvernance politique et économique mondiale pour refléter davantage les réalités géopolitiques du XXIe siècle. Une réforme inclusive à même de permettre aux pays africains d’être représentés à leur juste valeur, compte tenu de leur importance démographique, culturelle et sociale, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies.

    Le document appelle également à une intégration plus poussée de l'Union africaine et une réforme approfondie de ses mécanismes de financement et des moyens déployés au service des politiques de sécurité, d’industrialisation et de représentation diplomatique commune des Etats membres de l’Organisation des Nations unies.

    S'agissant de l'accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), la Déclaration de Tanger souligne l'importance pour les leaders des pays africains de faire du continent africain un continent de mobilité et d'opportunité par des mesures d’accompagnement de l’application dudit accord, plaidant dans ce sens en faveur de la constitution d'un fonds temporaire de compensation des pertes de droits de douane pour les Etats africains moins développés et à la mise en place d’un pacte de lutte contre l’évasion fiscale des entreprises multinationales.

    Le document appelle à la lutte contre les discriminations juridiques et légales à l'égard des femmes, rappelant ainsi que la parité est une condition sine qua non du développement, non seulement en Afrique mais dans l'ensemble des continents.

    Concernant le conflit israélo-palestinien, la Déclaration de Tanger rappelle que la sécurité et la coopération dans la région ne sauraient être assurées dans le long terme sans une solution juste, équilibrée et mutuellement agréée pour deux Etats, un palestinien et un israélien vivant côte à côte dans les frontières de 1967, avec Al Qods comme capitale de la Palestine.

    Enfin, en termes de cybersécurité, le document préconise la constitution d'une politique continentale africaine en accord avec les principes de la liberté d’expression et les pactes de l’ONU sur les droits civils et politiques, et ce afin de prendre en compte les menaces qui pèsent sur la qualité de l’information.

    A.Bo

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