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    International

    Iran: Le prix des carburants embrase le pays

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5636 Le 19/11/2019 | Partager
    Plus de 40 arrestations et 2 morts
    Hausse d’au moins 50% du prix de l’essence
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    Les Iraniens sont descendus dans les rues par milliers pour manifester en bloquant les routes suite à la décision par le gouvernement de supprimer les subventions sur le prix de l’essence (Ph. AFP)

    Pour la première fois depuis la fin de l’année 2017, et à trois mois des élections législatives prévues pour février 2020, les Iraniens sont descendus dans les rues par milliers pour manifester en bloquant les routes. La décision  prise par le gouvernement iranien de supprimer les subventions sur le prix de l’essence a déclenché, samedi 16 novembre,  d’importantes manifestations dans des centaines de villes du pays. 

    Les slogans des manifestants, portant d’abord sur des revendications économiques, ont pris une couleur politique allant jusqu’à remettre en cause la légitimité même de tout le système. Banques, bâtiments gouvernementaux, stations-service, postes de police, bus et voitures ont été incendiés dans différentes villes, alors que les autorités iraniennes font état d’au moins deux morts, dont un civil dans la ville de  Sirjan ainsi qu’un membre des forces de l’ordre à Kermanshah.

    Le bilan pourrait être plus lourd. Des vidéos, difficiles à vérifier, montrent des manifestants touchés par balles et saignants, allongés par terre, dans d’autres villes dont Chiraz et Ispahan, sur d’autres des manifestants brûlant le portrait de l’Ayatollah Khomeyni. 40 personnes ont été arrêtées dimanche dernier.  Lundi matin, l’accès à Internet était toujours coupé dans de larges parties du pays, aussi bien sur les réseaux ADSL que sur les réseaux de téléphonie mobile.

    Les écoles à Téhéran, Chiraz et Ispahan ont été fermées dimanche, le premier jour de la semaine en Iran. L’agence iranienne Fars, proche des gardiens de la révolution, a publié un rapport détaillé sur les émeutes, présenté comme provenant d’«une organisation de renseignements du pays». Le soutien affiché de plusieurs membres du gouvernement américain aux manifestants n’arrange pas les choses.

    «Comme je l’avais dit au peuple iranien il y a presque un an et demi: les Etats-Unis sont avec vous», a écrit samedi Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat, l’équivalent américain du ministre des Affaires étrangères, sur Twitter. Un message très mal pris par les autorités iraniennes. Ces propos sont «l’expression du soutien du secrétaire d’Etat américain à un groupe d’émeutiers», écrit ainsi le ministère des Affaires étrangères iranien dans un communiqué publié dans la nuit de dimanche à lundi.

    Le ministère  condamne ces «remarques interventionnistes», ajoute le texte, jugeant que «le noble peuple iranien sait bien que les remarques hypocrites de ce genre ne traduisent aucune marque honnête de sympathie». La décision d’augmenter les prix à la pompe avait été annoncée sans préavis, tard dans la nuit du 14 novembre.

    Elle a été prise par un conseil constitué des chefs des trois pouvoirs iraniens, le président Hassan Rohani, le chef de la Justice, Ebrahim Raïssi et celui du Parlement, Ali Larijani. Rohani a démenti que le gouvernement tenterait de profiter financièrement de la hausse des prix, précisant que cet argent serait rendu à environ 60 millions d’Iraniens nécessiteux sous forme de subventions en espèces.

    Or, cette mesure a pour but d’endiguer le déficit budgétaire. Le FMI estime, en effet, que le PIB de l’Iran devrait chuter de 9,5% cette année après un recul de 4,8% en 2018. L’inflation atteint officiellement 40%.

    A.Bo

     

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