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    Economie

    PLF: Benchaâboun solitaire face à l’opposition

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5635 Le 15/11/2019 | Partager
    Le portage politique de la majorité a fait défaut
    Les ministres ont boudé les discussions en séance plénière
    Il s’est montré ferme dans ses réponses aux critiques
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    Mohamed Benchaâboun a fait face aux critiques virulentes des députés de l’opposition sans que ceux de la majorité ne daignent leur riposter (Ph. Bziouat)

    Mohamed Benchaâboun est méthodique. Avant même l’adoption du PLF 2020 qui devait intervenir jeudi en fin de journée, le ministre des Finances a déjà prévu une première réunion ce vendredi avec les parlementaires de la Commission des finances de la Chambre des conseillers. Un marathon qui doit durer 22 jours chez les conseillers avant que le PLF ne revienne à la Chambre des représentants pour une deuxième lecture en décembre.

    En attendant, le ministre aura passé les pires moments en tant qu’argentier du Royaume. Seul, sans l’appui ni du chef du gouvernement ni de ses collègues qui ont brillé par leur absence. Les leaders de l’opposition l’attendaient de pied ferme dans un hémicycle où la majorité était inaudible.

    D’ailleurs, ils ont constaté cette «solitude» au point que le chef du groupe parlementaire de l’Istiqlal Noureddine Médiane a profité de l’occasion pour tacler les nouveaux ministres qui n’ont pas fait le déplacement. A voir le banc du gouvernement de l’hémicycle, «on aura compris qu’ils n’accordent aucune importance à cette loi de finances. Même les nouveaux ministres ne sont pas venus à  la Chambre des représentants, ne serait-ce que pour apprendre», a-t-il souligné en substance.

    Dans cette «solitude», le ministre des Finances a été réconforté par l’arrivée de Mustapha Ramid et l’apparition de son collègue de la Jeunesse, sports et de la culture, Hassan Abayaba. Du coup, Mohamed Benchaâboun a dû affronter les attaques virulentes de l’opposition, incarnée principalement par Noureddine Médiane et par Hicham Mhajri, député du PAM et président de la Commission de l’Intérieur.

    Ce dernier a accusé le ministre des Finances et le chef de gouvernement de «mentir aux citoyens». D’autres accusations ont suivi sans que les intervenants suivants, particulièrement de la majorité, qui ont succédé ne daignent leur riposter. La seule intervention qui a pesé a été celle de Mustapha Ibrahimi, nouveau chef du groupe parlementaire du PJD.

    Visiblement, il a développé un argumentaire destiné à défendre les choix du gouvernement.  D’ailleurs, c’est le portage politique qui fait défaut non seulement à Mohamed Benchaâboun mais aussi au chef du gouvernement pour aller convaincre les citoyens de la pertinence du PLF.

    Face aux tirs croisés, Mohamed Benchaâboun ne pouvait qu’encaisser les coups sans la possibilité de réagir. Il a fallu attendre le lendemain pour qu’il puisse le faire. Ainsi, il a insisté sur la nécessité de réhabiliter le discours politique à travers un débat sérieux et responsable. Il est impératif d’éviter de «cultiver le désespoir au sein des citoyens et faire douter de toutes les mesures prises par le gouvernement», a-t-il indiqué. Cette propension à l’exagération exclut toute neutralité essentielle à une analyse objective du contenu du PLF.

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    Le PLF a consacré une allocation de près de 18 milliards de DH pour la réduction des disparités sociales. Il s’agit de mettre en place des mécanismes de protection sociale à travers l’amélioration du dispositif de ciblage des populations pauvres et vulnérables

    Selon lui, le Maroc jouit de la confiance à l’étranger. Il en veut comme preuves, la notation de Standard and Poor’s et le dernier classement dans le Doing Business. Toutefois, le défi aujourd’hui est de rétablir cette confiance au niveau intérieur, dit-il. Le PLF comporte 7 mesures visant à favoriser le respect spontané des contribuables à l’égard de la réglementation fiscale et de change.

    «Je ne peux pas accepter de sous-estimer les efforts et la stratégie claire d’implémentation de la réforme fiscale qui a fait l’objet d’un consensus des différents intervenants lors des Assises de la fiscalité. Et nous rejetons les accusations relatives à l’encouragement de l’évasion fiscale et du blanchiment de l’argent», a martelé le ministre des Finances.

    Pour lui, le Maroc est totalement impliqué dans la stratégie internationale de lutte contre le blanchiment de l’argent et le financement du terrorisme. Au cours de ses réponses, Mohamed Benchaâboun a refusé de laisser dire que le gouvernement n’a pas tenu ses engagements dans la mise en œuvre de ces Assises de la fiscalité. Car, sur les 33 dispositions du projet, 22 découlent des recommandations de cette rencontre. En outre, le projet de loi-cadre pour la réforme de la fiscalité a été préparé. Il est actuellement soumis au SGG.

    Autre colère du ministre: «je ne peux pas accepter l’idée selon laquelle le gouvernement appliquerait les instructions de l’Union européenne en matière de fiscalité concernant les sociétés ayant le statut CFC et aux zones franches qui seront rebaptisées zones d’accélération industrielle».

    Il veut que les députés soient convaincus que le Maroc a pris les dispositions du PLF en toute souveraineté, tout en veillant à la protection de ses intérêts économiques liés particulièrement à l’encouragement de l’investissement et la création des emplois.

    Du coup, aucune décision n’a été prise sans une évaluation minutieuse de ses effets sur l’entreprise nationale et l’investissement en général, ajoute-t-il. Il a rappelé que le régime fiscal actuel reste en vigueur pour les sociétés qui existent dans ces zones. Celles qui comptent s’y implanter en 2020, auront la possibilité de bénéficier de l’exonération de l’IS au cours d’une période de 5 ans.

    Vision sociale

    Mohamed Benchaâboun s’est également élevé contre ceux qui reprochaient à son projet de manquer de vision sociale, qui sape le pouvoir d’achat des citoyens. Pourtant, avance-t-il, le PLF a consacré plus de 30% du budget général et plus de 45% des postes budgétaires aux secteurs de la Santé et de l’Enseignement. A cela s’ajoutent plus de 18 milliards de DH dédiés à la réduction des disparités  sociales à travers l’appui au Ramed, l’INDH, Tayssir,… Le PLF a réservé 26 milliards de DH au renforcement du pouvoir d’achat dont 11 milliards au titre de la hausse des salaires des fonctionnaires et 15 milliards de DH pour l’appui aux prix du gaz butane, de la farine et le sucre. Sans oublier une nouvelle décision relative à la régularisation spontanée au titre des avoirs et liquidités détenus à l’étranger par des personnes physiques ayant manqué à leurs obligations en vertu de la réglementation de change. Elle consiste à consacrer 50% du produit de cette disposition au Fonds de cohésion sociale.

    M.C.

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