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    Analyse

    Banques: L’assurance, nouveau gisement de bénéfice

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5632 Le 12/11/2019 | Partager
    Elle fait partie des amortisseurs à la pression sur la marge d'intérêt
    Pour l'instant, les revenus ne représentent que 5% de la marge sur commission sectorielle
    La compétition fait rage sur les clients patrimoniaux
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    En huit ans, la collecte a été multipliée par 2,5 pour s’établir à 11,5 milliards de DH en 2018. Cela représente 2/3 des primes d’assurance-vie. Il y a encore peu, moins de la moitié des primes transitaient par le réseau bancaire. Le niveau des commissions s’explique par le poids des produits d’épargne dans la collecte. Ils sont les moins rémunérateurs

    Le réseau bancaire reste encore le meilleur canal pour la vente des produits d'assurance-vie. Mais pendant plusieurs années, l'assurance-vie a souffert de la cannibalisation des produits d'épargne des banques elles-mêmes. Les arbitrages des réseaux étaient souvent guidés par la situation des ressources bancaires.

    Durant les périodes de tension, les conseillers sont invités à mettre en avant les produits bancaires, entraînant une évolution en dents de scie de la bancassurance. Aujourd'hui, les banques aiment vendre l'assurance. En huit ans, la collecte a été multipliée par 2,5 pour s'établir à 11,5 milliards de DH en 2018. Cela représente 2/3 des primes d'assurance-vie. Il y a encore peu, moins de la moitié des primes transitaient par le réseau bancaire.

    Les conseils des banques à leurs clients patrimoniaux notamment sur les questions de succession mais aussi pour se protéger contre d'éventuels avis à tiers détenteurs ont accéléré l'afflux des capitaux vers l'assurance-vie.  Les responsables de la Banque privée le reconnaissent volontiers.

    Le changement d'attitude des banques vis-à-vis de l'assurance-vie est aussi dicté par l'évolution de l'environnement. Il y a un besoin pour elles de mieux équiper leurs clients et l'assurance-vie fait partie des produits permettant de proposer une offre complète et diversifiée.

    Si l'assurance-vie est devenue stratégique pour les groupes bancaires, c'est parce qu'elle constitue aussi un des leviers pour amortir l'effet du ralentissement de la marge d'intérêt. La baisse des taux ces dernières années et le renforcement de la concurrence compriment les revenus liés à la distribution de crédit. La recherche de relais de croissance est donc vitale. Toutes les banques sont concernées par cette tendance.

    Les bancassureurs sont scindés en deux groupes avec d'un côté un trio composé de Attijariwafa bank, BCP et BMCE Bank. Ces trois groupes détiennent une part de marché cumulée de 83%. Leurs liens capitalistiques avec des poids lourds de l'assurance (Wafa Assurance, RMA, Attamine Chaabi) et la densité de leur réseau de distribution leur confèrent un net avantage sur la concurrence. Le second groupe est mené par Crédit du Maroc avec une part de marché de 8,6%. La filiale du groupe Crédit Agricole France veut faire de la bancassurance une des principales composantes de ses revenus avec une contribution de l'ordre de 10%. Al Barid Bank et Crédit Agricole captent respectivement 2,6% et 2% des primes.

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    Attijariwafa bank, BCP et BMCE Bank détiennent ensemble une part de marché de 83%. Leurs liens capitalistiques avec les majors de l’assurance et la densité de leur réseau de distribution font la différence

    Plusieurs opérations sont hors champ des chiffres de la bancassurance, notamment l'assurance décès emprunteur. Cette garantie est adossée à chaque crédit. Dans les grands groupes, les primes annuelles dépassent plusieurs centaines de millions de DH. Mais ce sont les commissions qui apparaissent dans les revenus, et l'assurance décès emprunteur fait partie des produits les plus rémunérateurs.

    Mais, il y a mieux. Le taux de la commission pour l'assurance adossée aux cartes bancaires frôlerait 80%. Les primes annuelles peuvent aller de 15 DH à 500 DH, confie un professionnel. Plus de 15 millions de cartes bancaires étaient en circulation à fin 2018. Toutes ne sont pas assurées. Mais, les banques gagnent à équiper leurs clients en cartes et à les pousser à les utiliser notamment pour régler leurs achats.

    C'est une source importante de commissions. Les établissements bancaires sont les distributeurs incontestables de l'assurance-vie. Les marges de progrès sont considérables et sont tributaires de l'amélioration du taux de pénétration de ces produits. Par ailleurs, leur périmètre d'intervention est limité à la vente de l'assurance-vie. Les bancassureurs pourraient être les grands bénéficiaires de la réforme du livre IV du code des assurances.

    Le projet prévoit l’élargissement de leur agrément à la commercialisation de nouvelles polices. Il leur sera également possible, sur autorisation exceptionnelle de l’Autorité, de présenter d’autres catégories d’assurances liées à d’autres produits bancaires. Dans l'assurance dommages, ils pourraient convoiter l'automobile.

    Si les banques sont autorisées à commercialiser ce produit, cela sifflerait la fin de partie pour une grande partie des courtiers. Pour le moment le secteur ne fait pas de forcing pour ne pas accentuer la pression sur les intermédiaires. Mais, inévitablement les choses vont basculer en leur faveur surtout si les intermédiaires ne font pas évoluer leur modèle.

                                                                                    

    5% de la marge sur commissions

    La bancassurance a généré 434 millions de DH de commissions en 2018. Retraitée de la TVA de 14%, cela représente 5% de la marge sur commission sectorielle. Le taux moyen de commissionnement s’élève à 3,8% en raison de la prépondérance des contrats d’épargne dans la collecte. Ce sont les produits les moins rémunérateurs. Les commissions ne dépassent pas 3%. En revanche, elles se situent autour de 20% pour l’assistance. Par contre, ce produit ne représente que 5% de la collecte. Les contrats prévoyance génèrent entre 30 et 40% de commissions.

    F.Fa

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