×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Automobile : «La stabilisation du marché en fin d’année serait une performance»

    Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5631 Le 08/11/2019 | Partager
    Adil Bennani, président de l’Aivam table sur 168.000 ventes à fin 2019
    Cela représente une baisse de 5% par rapport à 2018
    2020 serait une année de croissance
    adil-bennani-031.jpg

    Adil Bennani, président de l’Aivam: «Nous devrions pouvoir clôturer l’année entre 167 et 168.000 véhicules» (Ph. AB) 

    - L’Economiste: La hausse des ventes en octobre est-elle durable?

    - Adil Bennani: Il est vrai que le marché automobile réalise globalement une croissance en octobre (ndlr: +4,6%). Mais lorsqu’on y regarde de plus près, on constate que les gros faiseurs de marché comme Dacia, Peugeot, Citroën… sont tous en retrait sur ce mois. Cette progression du marché en octobre incombe davantage à des éléments exceptionnels ou plutôt épisodiques. J’en veux pour exemple la performance réalisée par Toyota (ndlr: 28% en octobre) qui a, en grande partie bénéficié d’une importante commande de 200 pick-up de l’ONEE. Au-delà de ses croissances épisodiques, on constate qu’au niveau de la tendance structurelle du marché, les choses sont difficiles. Ça peine! La croissance des ventes est si je puis dire fragile. J’aurais été plus serein si dans le top 10 des ventes les croissances étaient comprises entre 0 et 5%. Du point de vue global du marché, on constate d’un mois à l’autre que l’on revient à des niveaux un peu moins abyssaux (ndlr: -7,36% à fin octobre) qu’avant. Je rappelle que nous étions en tout début d’année entre -7 et -5%. Le mois de mars a été exceptionnel. Le contrecoup s’est fait ressentir avec une chute de 45% des ventes en avril et en mai, le marché a régressé de -15%.

    - A quoi doit-on s’attendre pour la fin d’année?
    - En termes de perspectives, je pense sincèrement que si le marché se stabilise sur les deux prochains mois, nous aurions réalisé en soi une belle performance. Je suis convaincu que le mois de novembre va être un peu difficile. C’est un mois qui est plus court en nombre de jours ouvrés. Maintenant, les choses devraient se rattraper en décembre si tout va bien, de manière à pouvoir clôturer l’année entre 167 et 168.000 véhicules (ndlr: en baisse de 5%).

    - Quels leviers pour une croissance pérenne du marché?
    - Aujourd’hui, il faut de la visibilité et de la confiance. Les ménages ne sont pas en situation de confiance par rapport à leur avenir et leur pouvoir d’achat. Leur moral n’est pas au beau fixe. Le regain de confiance ne pourra venir que par un engouement de l’économie en général. Nous espérons que la loi de finances 2020 puisse enclencher une nouvelle dynamique pour qu’on puisse repartir car on reste dans un pays sous-équipé en automobiles. Plus concrètement, je continue à penser que l’instauration d’une prime à la casse pourrait améliorer les choses. Ceci dit, l’année prochaine sera une année de croissance pour le marché automobile avec le retour de l’opération taxi. Celle-ci représente à elle seule 6 à 7% de croissance pour le marché.      

    - Comment se comporte le segment premium?
    - La performance du premium n’a pas été au top en octobre. Ceci dit, elle reste meilleure que la moyenne de l’année. Nous sommes donc actuellement dans le segment premium sur une tendance baissière de fond en raison d’un manque de confiance et de visibilité de notre clientèle dans le futur. Il y a également, comme vous l’avez si bien relevé dans votre journal, l’amnistie fiscale prévue dans le projet de loi de finances de l’année prochaine. Cela devrait se concrétiser pour ceux qui veulent se conformer par des décaissements, ce qui est peu propice à de la consommation d’automobile de luxe. Ceci dit nous avons espoir de conquérir d’autres prétendants au premium. 

    - Il semble que la guerre aux parts de marché ait commencé plus tôt que prévu…
    - Peu, si ce n’est aucun importateur, n’a pu négocier avec son constructeur l’année dernière sur la base d’un marché en recul  car nous tablions tous sur une croissance dans le pire des cas à 5%. Or on se retrouve avec une contreperformance de -7%. Ce qui signifie que nous avons vendu moins que ce que nous avons prévu et on se retrouve avec du stock mais pas de demande en face. Et cela fait que certains se lancent dans des promotions radicales en désespoir de cause. Mais ce n’est pas pour autant que cela crée de la demande. Il s’agira juste d’un gain de part de marché parfois au détriment du distributeur ou du constructeur ou des deux qui profite au consommateur mais qui est au final destructeur de valeur.

    Immatriculation: La dématérialisation fonctionne bien  

    Aujourd’hui, la dématérialisation des immatriculations est plus qu’opérationnelle. Plus de 98% des immatriculations faites par les membres de l’Aivam (les distributeurs et leurs réseaux respectifs) passent par la plateforme. «Sur 100 véhicules qui sont immatriculés aujourd’hui au Maroc, 92 voire 93 passent par la plateforme», assure Adil Bennani, président de l’Aivam. A fin octobre, ce sont quelque 13.400 véhicules qui ont été traités via cette plateforme. Dans ce processus de dématérialisation, le Maroc entame la phase II qui consiste à saisir les dossiers  directement chez les distributeurs puis transmis à l’autorité pour validation dans un délai de 48 heures. Viendra ensuite la phase III qui permettra au distributeur de saisir et valider à la fois. «Aujourd’hui, nous sommes en train d’essayer d’intégrer le paiement des droits d’enregistrement à notre niveau», précise-t-il.

    Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc