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    Economie

    Tourisme/World Travel Market: Le Maroc veut booster le marché britannique

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5629 Le 05/11/2019 | Partager
    Adapter le produit aux voyageurs anglais, très exigeants, mais qui dépensent beaucoup
    «Break-holidays», tourisme de famille, groupes.... il faut diversifier les offres
    Objectif : atteindre un million de touristes en 2023
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    Malgré la crise du Brexit, les britanniques maintiennent le cap. Ce marché de plus de 66 millions de touristes potentiels offre de véritables opportunités pour le Maroc. D’où l’intérêt porté par l’Ambassade, l’ONMT, et les professionnels qui ont inauguré le nouveau pavillon Maroc au WTM, hier à Londres. De g. à dr., Aziz Lebbar, président du CRT de Fès, Abdeslam Aboudrar, ambassadeur du Maroc au Royaume-Uni et Adel El Fakir, DG de l’ONMT (Ph YSA)

    Le Maroc met le cap sur le World Travel Market (WTM). La 40e édition du salon londonien s’est ouverte, hier, avec la participation d’une forte délégation marocaine. Y figurent notamment les CRT de Fès-Meknès, Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Marrakech-Safi, Souss-Massa et Béni Bellal-Khénifra, outre RAM et ONMT, ainsi qu’une trentaine d’établissements privés.

    Tenu du 4 au 6 novembre, le WTM est l’un des plus grands salons du tourisme au monde. Son édition 2019 accueille plus de 5.000 exposants venant de plus de 180 pays et près de 10.000 acheteurs. Une occasion pour les professionnels marocains d’affûter leurs armes pour conquérir un marché qui a un grand potentiel. A ce titre, l’Office national marocain du tourisme (ONMT) a choisi la plateforme de Londres pour dévoiler le nouveau pavillon Maroc.

    Installée au milieu du hall sud, la vitrine nationale occupe un espace de 525 m2 «d’une architecture moderne mais avec un cachet authentique et traditionnel», indique Adel El Fakir, DG de l’ONMT. En effet, le stand est reconnaissable grâce aux couleurs du Maroc, d’artisanat et du folklore.

    Portes en bois imprimé, zelliges et tapis projetés…le tout vous transporte de Londres à Fès, Agadir, ou Marrakech en un clin d’œil. Abdeslam Aboudrar, ambassadeur du Maroc au Royaume Uni et de l’Irlande du Nord, présent pour l’occasion, appelle les professionnels du tourisme à capitaliser sur les liens étroits entre Rabat et Londres afin d’établir de nouveaux partenariats, «et surtout de mettre le cap sur le digital en matière de promotion».

    Même son de cloche auprès de Jamal Younes Kilito, délégué de l’ONMT pour l’UK et l’Irlande du Nord pour qui «le Maroc a su anticiper les conséquences du Brexit sur ses relations économiques avec le Royaume-Uni, en signant les accords requis avec le gouvernement britannique. Ce qui permettra de gérer, sans heurts, le post Brexit, tant sur le plan du commerce, que celui du transport, ou des différentes coopérations sectorielles».

    «Le cadre des relations maroco-britanniques est aujourd’hui régi par un accord d’association permettant d’envisager ces relations avec sérénité et dans la continuité», rassure Kilito. L’ambition du top management de l’Office est d’attirer un million de touristes british. Et ce, en dépit de la faillite de Thomas Cook qui semble sonner le glas d’un certain modèle de tourisme. Surtout qu’elle est désormais considérée «comme une opportunité pour la redistribution des cartes dans le secteur et l’émergence de nouveaux business models».

    «Ces incertitudes doivent être considérées par notre destination comme autant d’opportunités. Nous devons nous positionner comme les précurseurs de la désintermédiation. Nous disposons, grâce à l’ouverture du ciel, à nos traditions de partenariat avec les OTO/OTA, à la flexibilité de nos opérateurs, des réponses idoines à apporter dans le cadre de ces nouveaux modèles», explique le délégué de l’ONMT.

    En outre, les professionnels doivent gérer, en leur faveur, l’impact de l’évolution du cours de la livre sterling sur leurs flux. Pour y parvenir, ils doivent se mobiliser pour créer une nouvelle inflexion sur le marché britannique, accélérer le rythme de croissance et atteindre, dans les quatre prochaines années, le seuil du million de visiteurs britanniques (au lieu de 600.000 actuellement).

    «Nous devons travailler davantage sur l’offre de produits, avec des «break-holidays» pour les individuels, mais aussi une offre pour le tourisme de famille et les groupes…le tout doit être de qualité irréprochable car il s’agit d’une clientèle très exigeante», souligne Aziz Lebbar, président du CRT de Fès.

    Et de poursuivre: «il y a une forte demande concernant les touristes britanniques surtout en Espagne, Turquie, et Egypte. Face à ses concurrents, le Maroc a tous les ingrédients pour doper ce marché en offrant une animation adéquate, et surtout une belle expérience de vie».

    Pour réussir ce pari, l’appui de l’Etat au secteur est déterminant. «Surtout, face à des charges en perpétuelle hausse et une marge de plus en plus maigre, voire même insignifiante si le gouvernement maintient sa détermination d’augmenter les taxes du secteur touristique au titre de la Loi de Finances 2020», conclut Lebbar.

    Agadir à l’honneur

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    Au WTM 2019, la capitale du Souss est à l’honneur. Ce choix n’est pas fortuit puisque les touristes britanniques sont accros au balnéaire. Ils sont également très demandeurs du soleil, d’animations et de joie de vivre. A noter que les Anglais voyagent plusieurs fois dans l’année et dépensent énormément d’argent. Ce qui les met à la tête de la clientèle la plus convoitée, devant les américains et les allemands. Une clientèle qui cherche aussi le thermalisme, la nature et la culture…bref des produits dont dispose la région Fès-Meknès. Pour la positionner sur ce marché, il faut travailler sur les produits de niches, mettre en avant les multiples facettes de la région, et booster le transport aérien. Pour ce dernier volet, «il est impossible d’atteindre nos ambitions avec seulement 4 vols hebdomadaires», estime Ahmed Sentissi, président de l’association des restaurateurs de Fès-Meknès. D’où son appel aux compagnies low-cost à programmer, en plus de Londres, Manchester et Dublin. En attendant, le Maroc reste la première destination africaine (+4% vs 2017) des britanniques.

                                                                                

    Les tendances

    Malgré la crise politique qui sévit dans le pays depuis de nombreux mois, les vacances à l’étranger restent une priorité chez les britanniques mais avec une intention de dépenser moins. La proportion de la population qui prend des vacances et le nombre moyen de jours fériés par personne ont tous les deux augmenté, d’où la tendance à voyager plus souvent et écourter la durée de séjour.

    C’est l’Association of British Travel Agents (ABTA) qui l’affirme. Selon cette association, «les Britanniques continueront à privilégier les vacances à l’étranger sur d’autres dépenses mais tout en les budgétisant de plus en plus soigneusement. Par ailleurs, en terme de type de vacances, les city break et les Beach break resteront les premiers motifs de voyages des britanniques suivis du All Inclusive, Lacs et Montagnes, ... Ce sont les 25-34 ans qui optent le plus pour les city break (50%), suivis par les 35-44 ans (45%). Les Beach Holiday sont populaires auprès de toutes les catégories d’âges. Côté commercialisation, il y a une prédominance des acteurs Online qui apparaissent maintenant dans les top 5 et après le retrait définitif de Thomas Cook. TUI & Jet2.com pourraient bénéficier de la part du marché de ce dernier. Enfin, Jet2Holidays ne commercialise que les destinations opérées par sa maison mère, la compagnie aérienne Jet2.

    DNES à Londres, Youness SAAD ALAMI

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