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    Analyse

    Aéronautique: Le middle management se fait rare

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5629 Le 05/11/2019 | Partager
    La formation de profils pointus, recherche technologique…
    Peu ou pas de complémentarité avec les sites majeurs (France, Espagne)
    Objets connectés, traitement de données, big data, recherche… les niches à développer
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     De 2014, année de lancement du Plan d’Accélération Industrielle (PAI), à 2018, l’industrie aéronautique a enregistré une croissance de 67% des effectifs de salariés. L’essentiel est composé d’opérateurs et techniciens. Pour accompagner l’essor du secteur, la formation de profils pointus reste l’un des éléments-clés

    L’industrie marocaine de l’aéronautique fabrique 38% d’un avion, soit environ le tiers de l’appareil. C’est dire que la filière a encore des gisements de croissance. Dans l’écosystème moteur, par exemple, l’objectif est de fabriquer un réacteur complet. Bien que les perspectives d’évolution du secteur demeurent très prometteuses, il n’en demeure pas moins que des défis majeurs restent à relever, notamment, en termes d’intégration, et de disponibilité de ressources humaines hautement qualifiées.

    Force est de constater la persistance d’un déficit en matière de profils pointus, notamment en relation avec les nouvelles niches à développer dans le secteur de l’ingénierie (objets connectés, traitement de données, big data, innovation, Industrie 4.0…).

    «Nous avons atteint une taille critique et sommes, aujourd’hui, dans une phase de passage à une deuxième étape, qui nous permettra de tirer d’autres industries sœurs telles que la défense, le médical, la recherche technologique, la sécurité... Nous devons gagner en valeur ajoutée via la recherche technologique», soutient Hamid Benbrahim El Andaloussi, PDG de MidParc.

    Base incontournable

    L’industrie aéronautique se fixe plusieurs ambitions. L’enjeu est de devenir une base incontournable dans le domaine de la recherche technologique. Ce qui passe par une action structurante et lourde dans la panoplie des briques de la formation. Bien qu’étant une référence, l’institut de formation aérospatiale (IMA), créé en 2013 et disposant d’une capacité d’accueil de plus de 1.000 stagiaires par an, forme essentiellement des techniciens et opérateurs.

    Le centre offre des formations qualifiantes en assemblage de pièces et sous-pièces, tôlerie, matériaux composites, systèmes électriques, électronique et câblage, usinage et outillage, peinture et soudage d’aéronefs... «Nous travaillons aujourd’hui sur le middle-management et tout ce qui est recherche technologique avec les universités. Nous sommes en train de travailler en bonne intelligence avec l’Ofppt pour gérer pour son compte l’Ismala, dans le domaine de tout ce qui est maintenance», explique Hamid Benbrahim.

    L’objectif est de mettre à plat l’ensemble de la palette des moyens de formation, d’éducation et de valeur pour aller encore plus loin, plus vite et plus en profondeur. L’autre défi est d’amener davantage de capitaux, groupes et compétences marocaines à investir dans ce secteur pointu. «Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons renforcer le secteur, le tirer vers le haut et assurer sa pérennité», explique le dirigeant de la zone franche située à côté de l’aéroport Mohammed V de Casablanca.

    «Le secteur doit étoffer la panoplie de profils et élargir la palette d’offres d’emplois: du manœuvre jusqu’à l’ingénieur qui fait de la recherche la plus pointue», souligne My Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’économie verte et numérique, qui souhaite que des industriels se lancent dans le spatial civil, notamment dans la mobilité par drones.

    Le ministre évoque ce que font les ingénieurs marocains chez Safran ou encore la Fondation MAScIR (Moroccan Foundation for Advanced Science Innovation and Research), chez qui le japonais Sumitomo sous-traite la recherche. Autre ambition du Maroc. Etre une plateforme complémentaire avec celle de la France, ou encore espagnole, avec laquelle très peu de relation sont entretenues.

    Des canaux de développement mutuels commencent à être tissés avec la plateforme canadienne. Pour aller plus loin, il est important de rendre le système plus robuste et durable. A cet effet, il faut éviter le piège du low-cost. Le Maroc se positionne comme une offre Best-cost avec des arguments tels que le coût concurrentiel de la main d’œuvre, plus de 55 accords de libre-échange, plus de 7 plateformes industrielles dont deux zones dédiées aux activités aéronautiques offrant des conditions concurrentielles (MidParc et Nouaceur aéropôle).

    Autre défi et non des moindres, celui de l’intégration locale. Les premiers à s’implanter dans la filière étaient les opérateurs internationaux, «parce que les Marocains considéraient que la marche à franchir était trop élevée». Petit à petit, les locaux intègrent le secteur.

    En marge de l’Aerospace Meeting, deux industriels ont procédé à deux inaugurations: l’usine d’EFOA, détenue à hauteur de 75% par le groupe français Weare et Tecaero Maroc. Le contexte mondial fait que le Maroc a des pions à jouer sur l’échiquier mondial, notamment la démocratisation de l’usage des avions fait que les compagnies aériennes transportent de plus en plus de passagers: 4,3 milliards en 2018.

    La hausse du trafic, notamment en Asie (+3,1%) et en Afrique (+2,6%), tire vers le haut les carnets de commandes. «Plus de 10.600 nouveaux avions devront intégrer le parc volant, s’ajoutant au parc à maintenir. Il en découle un besoin de 540.000 pilotes, 630.000 techniciens et ingénieurs dédiés au MRO (maintenance de moteurs et avions) à former partout dans le monde», explique Karim Cheikh, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS).

    M.Ko.

     

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