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    Economie

    MEDAYS se penche sur «la crise de confiance»

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5628 Le 04/11/2019 | Partager
    Focus sur la montée des contestations et du rejet des corps intermédiaires
    La légitimité des institutions de plus en plus interpellée
    La place des jeunes dans le nouveau modèle de développement également au programme
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    Pour Brahim Fassi Fihri, président de l’institut Amadeus, le forum MEDAYS, la thématique de la crise globale de confiance, choisie pour la 12e édition, prévue à partir du 13 novembre à Tanger, est «plus que jamais d’actualité, puisque nous vivons dans un monde en bouleversement quotidien, avec une accélération de l’histoire quasiment permanente» (Ph. Bziouat)

    A quelques jours de la tenue de la 12e édition du forum MEDAYS, Brahim Fassi Fihri, président de l’institut Amadeus, met l’accent sur l’importance des sujets qui seront abordés, en phase avec les évolutions que connaissent plusieurs pays, et dont les implications peuvent être globales.

    - L’Economiste: C’est la 12e édition de Medays. Cet événement a-t-il atteint l’âge de maturité?
    - Brahim Fassi Fihri:
    Oui, après 12 ans, le Forum est installé dans l’agenda international des grandes conférences. MEDAYS est considéré comme l’un des événements phares au Maroc et sur le plan continental. C’est un événement attendu, un rendez-vous des décideurs politiques, de plus en plus important. L’objectif initial, qui était de créer une plateforme pérenne, qui regroupe décideurs politiques et économiques de façon annuelle, a été atteint. Nous sommes satisfaits du rôle que joue MEDAYS en tant que plateforme à la fois de discussions, mais également de promotion, notamment par rapport aux orientations royales, particulièrement en matière de coopération avec le continent africain.

    - Quelle est la thématique choisie pour cette année?
    - Cette année, le thème est plus que jamais d’actualité, puisque nous vivons dans un monde en bouleversement quotidien, avec une accélération de l’histoire quasiment permanente. Nous avons choisi de nous pencher sur cette crise globale de confiance qui s’exprime à différents niveaux. Cela concerne le point de vue politique ou purement contestataire, comme c’est le cas actuellement au Chili, au Liban, comme c’était le cas en France avec l’épisode des gilets jaunes. Aujourd’hui, cette situation est globale, quelles que soient les spécificités politiques, économiques… Elle crée des incertitudes, qui seront déclinées à travers une trentaine de sujets lors des panels prévus à Tanger.

    - Cette crise de confiance n’est-elle pas une manifestation de l’échec des corps intermédiaires?
    - Aujourd’hui, il y a une vraie défiance, qui se manifeste par un rejet de plus en plus fort de ces corps intermédiaires traditionnels, représentatifs ou supposés être représentatifs. Ce qui fait que l’état de la démocratie participative, telle qu’elle a été pensée durant les 100 dernières années, pose aujourd’hui problème, notamment dans les pays à tradition démocratique. Il y a un vrai questionnement autour de cette forme de démocratie et de ces corps intermédiaires, qui ne représentent finalement que les personnes qui les dirigent. Il y a une certaine dichotomie qui s’installe entre ce qu’on peut appeler les élites et le peuple. C’est ce qui ressort des différents terrains de contestation, d’affrontement ou même d’échange sur cette question de confiance vis-à-vis de l’exécutif ou des pouvoirs politiques, qui ont de plus en plus de mal à mettre en œuvre leurs orientations.

    - Les inégalités sont l’une des principales causes de ces contestations. Cette thématique sera-t-elle également abordée?
    - C’est une thématique inhérente à une série de sujets. On peut la retrouver par exemple dans des questionnements purement économiques. Certes les inégalités se creusent, mais il y a aussi le volet légitimité des institutions qui est souvent questionné. Cet exercice de benchmark, notamment en exposant la situation des différents pays, peut être intéressant, au moment où le Maroc se penche sur la réforme du modèle de développement. J’y vois une opportunité. Cela permettra d’éviter de commettre des erreurs qui risquent de conduire à certaines formes de contestation. On l’a vu dans certains pays, tout peut partir d’une simple décision. En France, avec les gilets jaunes, c’était la hausse de la taxe de carburant, au Chili, c’est la hausse du ticket de métro, au Liban, c’est une taxe sur les communications sur WhatsApp… Souvent des sujets qui peuvent paraître anodins, mais qui rassemblent parce qu’il y a une vraie pression à la fois sur la classe moyenne et sur les classes inférieures.

    - Quid du rôle de la jeunesse, principal moteur de ces mouvements contestataires?
    - La jeunesse sera traitée lors des Medays sous un angle maroco-marocain. Un panel sera consacré à la place des jeunes dans le cadre de la réflexion autour du modèle de développement. Mais évidemment, l’intérêt aussi est de profiter de la présence de 80 pays pour élargir les débats. Le modèle de développement ne doit pas être une question purement économique. Les enjeux sociétaux, les questionnements politiques et de la jeunesse doivent être au cœur de ce modèle pour qu’il soit multidimensionnel.

    Guest-stars

    Plusieurs chefs d’Etat, dont Macky Sall, sont attendus, ainsi que des Premiers ministres et autres responsables politiques. Parmi les participants, les organisateurs misent sur une «forte représentation du continent africain». Ce qui fait des MEDAYS, selon ses promoteurs, un vrai forum africain, avec une dimension globale. «L’Afrique a besoin d’une plateforme comme MEDAYS qui fait d’abord la promotion de la coopération Sud-Sud et ensuite Sud-Nord», explique Brahim Fassi Fihri.

    Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

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