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    Economie

    La transition démographique s’accélère

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5626 Le 31/10/2019 | Partager
    L’augmentation de la population marocaine passe de 2,6% en 1980 à 1,25% actuellement
    La tranche en âge d’activité en hausse, la part des moins de 15 ans en recul
    Une personne active prend en charge moins d’une personne inactive
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    Pour Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, les transformations structurelles ayant marqué la population marocaine, en plus de l’adhésion à de nouvelles valeurs ont participé à la transformation du profil de la jeunesse. Les déficits de participation et les inégalités peuvent favoriser les facteurs de revendication (Ph Bziouat)

    Au moment où le Maroc prépare la refonte de son modèle de développement, les ressources fournies par le Haut commissariat au plan (HCP), notamment en matière de dividende démographique peuvent constituer un atout. D’où l’importance du rapport sur la population et le développement, présenté hier à Rabat, et qui sera soumis au Congrès international sur le même thème, prévu à Nairobi à partir du 12 novembre prochain, comme l’a souligné Ahmed Lahlimi.

    «Les avancées réalisées par le Maroc dans plusieurs domaines» visent à «créer les conditions favorables à l’émergence d’un nouveau modèle de développement, où l’ensemble des composantes de la société peuvent trouver leur place pour contribuer à l’effort national de création de richesse, matérielle et immatérielle, et tirer profit de cette richesse», peut-on lire dans ce rapport.

    Aujourd’hui, la transition démographique au Maroc se situe à un stade avancé. Au cours d’une trentaine d’années, l’accroissement de la population a connu un important déclin, passant de 2,6% pendant les années 1980 à seulement 1,25% actuellement. Cela est lié notamment à «l’amélioration des soins médicaux, aussi bien préventifs que curatifs, et des conditions de vie».

    Cette transition démographique est accélérée par l’urbanisation qui ne cesse d’augmenter, avec un taux passant de 29,1% en 1960 à 62,4% en 2018. Cette évolution a eu un impact direct sur la structure par âge de la population marocaine, qui a connu des changements majeurs. Il s’agit notamment de l’augmentation de la part de la population en âge d’activité, passant de 49,9% en 1981 à seulement 62,4% en 2014.

    La tranche des personnes de moins de 15 ans est plutôt en recul, passant de 45,6% à 28,2% sur la même période. La proportion des personnes âgées restée relativement stable durant les 5 dernières décennies, entre 7,2% et 9,4%. Ce dividende démographique offre une série d’opportunités, notamment en termes de capital humain, selon Lahlimi. Mais ces jeunes ne trouvent pas toujours les bonnes conditions pour accéder au travail, a-t-il dit.

    Au Maroc, mais également dans d’autres pays, le taux d’activité et celui d’emploi sont en baisse, a rappelé le Haut commissaire. Il a ajouté que cette population a bénéficié de quelques bienfaits des politiques antérieures. Ces jeunes, qui constituent pratiquement 60% de la population globale, selon Lahlimi, sont de plus en plus instruits, ont bénéficié d’un niveau économique amélioré par rapport à leurs aînés.

    Cette évolution s’est accompagnée du renforcement de l’adhésion à de nouvelles valeurs de démocratie, de droits humains, de droit à la prospérité et à la reconnaissance. «Cela a modifié le profil de cette jeunesse», a expliqué le Haut commissaire. Résultat: le déficit de participation démocratique ainsi que les inégalités peuvent transformer ces atouts en facteurs de revendication.

    Le rapport élaboré par le HCP a mis l’accent sur la persistance d’une série de défis à relever. «Des efforts considérables doivent encore être déployés pour accompagner les changements que connaît la démographie du pays et se préparer à ceux prévus dans un avenir proche», est-il indiqué.

    Par exemple, le rapport de dépendance est resté stable entre 2005 et 2010, autour de 60%. C'est-à-dire qu’une personne active prend en charge moins d’une personne inactive. «Ce décalage positif diminuera d’abord, pour amorcer une remontée à partir de 2035-2040, pour atteindre 70 personnes inactives à la charge de 100 personnes actives en 2050».

    En face, l’économie nationale est appelée à davantage de transformation structurelle, pour pouvoir absorber les nouveaux venus sur le marché du travail. Sur 400.000 personnes en âge d’activité qui arrivent annuellement sur le marché du travail, seulement 47% accèdent à l’emploi.

    Population en chiffres

    • 1,25% est le taux d’accroissement de la population marocaine
    • 62,4% est le taux d’urbanisation en 2018
    • 60% est la part des jeunes dans la population globale
    • Sur 400.000 personnes en âge d’activité, 47% seulement accèdent à l’emploi
    • 70 personnes inactives seront à la charge de 100 personnes actives en 2050.

    Sous-utilisation de l’aubaine démographique

    Pour le HCP, le chômage est le principal indicateur de la sous-utilisation de l’aubaine démographique. Actuellement, son taux est de 18%, et «a tendance à être de plus en plus de longue durée». Et plus la personne est diplômée, plus la durée du chômage est longue. D’où l’importance d’une «diversification du tissu productif basée sur la valorisation des avantages comparatifs, avec l’émergence de nouvelles spécialisations», recommande le HCP. Mais la valorisation des ressources humaines, en misant sur des formations en adéquation avec les exigences du marché du travail, reste décisive dans ce processus.

    M.A.M.

     

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