×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    PLF 2020: Le réquisitoire de l’opposition

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5626 Le 31/10/2019 | Partager
    Le projet de budget dépour­vu de vocation politique, selon l’Istiqlal
    Critique de la nouvelle archi­tecture du gouvernement
    Le PAM déplore l’énorme retard des chantiers

    Au sein de la Commission des fi­nances, Mohamed Benchaâboun est res­té placide devant le réquisitoire de l’Isti­qlal contre le gouvernement. Pourtant, Noureddine Médiane, chef du groupe parlementaire, n’a pas fait dans la den­telle, lors du débat général.

    Pour lui, «le PLF 2020 ne comporte pas de vocation politique. C’est le fruit de la prépara­tion de l’administration qui est habituée à ce genre d’exercice. Le chef du gou­vernement a découvert son contenu à l’occasion du conseil des ministres ou du conseil de gouvernement».

    Dans le cadre du regroupement de départements, le député istiqlalien reconnaît avoir été surpris de constater que «le ministère de la Justice est toujours en place alors qu’il n’est plus chargé que de la pein­ture des bâtiments et le changement des ampoules électriques des tribunaux. Même les greffiers ne dépendent plus de ce département. A quoi bon le garder alors que la bonne gouvernance aurait dicté de le supprimer et de transférer ces attributions à l’autorité judiciaire», a-t-il affirmé.

    Noureddine Médiane ne voit pas de relation entre le PLF et le programme gouvernemental qui avait retenu un taux de croissance de 5,5%. Comme il ne voit pas de rapport avec le nou­veau modèle de développement. La régionalisation avancée est également malmenée. Pour lui, «il s’agit de caisses pour financer les programmes des wa­lis et des gouverneurs».

    Autre grief, la corruption qui gangrène les marchés publics, avec des appels d’offres qui se traitent à la demande. Noureddine Médiane a également abordé le marché passé dans le secteur du tourisme, juste avant la passation des pouvoirs entre les deux ministres. Pour lui, ce gouverne­ment manque de volonté de combattre la corruption. Dans le même sillage, il cite les rapports de la Cour des comptes dont au moins un devait être transféré à la justice.

    Deux grands ministères oubliés dans le remaniement

    Sur le remaniement, le député a son avis. Selon lui, ce gouvernement ne reflète pas les compétences attendues. Comme les autres, il est né à la suite de tractations avec une répartition de ministères pour contenter les uns et les autres. Ce gouvernement est composé de 14 technocrates, sans parler de cer­tains ministres qui ont été repeints aux couleurs partisanes.

    «Cette démarche sape la méthodologie démocratique». L’Istiqlal reproche au «chef du gouver­nement d’avoir accepté cette coalition. Ce compromis est dangereux. C’est une régression considérée comme une violation des droits des marocains», indique-t-il.

    Le ministre des Finances a égale­ment essuyé les tirs croisés du PAM. C’est le président du groupe parle­mentaire qui a ouvert les hostilités, en accusant le chef du gouvernement de tarder à élaborer un nouveau modèle de développement. Il a également traîné à enrichir le gouvernement et l’adminis­tration en compétences, conformément aux instructions royales.

    Pour Mohamed Aboudrar, la réduc­tion du nombre des ministres de 39 à 23 est positivement perçue. Toutefois, le remaniement a été marqué par une certaine anarchie qui a fini par oublier deux ministères importants de l’actuelle coalition. Il s’agit des départements de la Communication et des Affaires éco­nomiques et de la gouvernance.

    Ce qui a provoqué un vide et alimenté l’inquié­tude sur le devenir des fonctionnaires concernés. Cela a été rattrapé plus tard par des décrets d’attribution qui les rat­tachent à d’autres ministères. Pour le chef du groupe parlementaire du PAM, «cet exécutif souffre de manque de stabilité, ce qui impacte négativement l’exécution des politiques publiques du programme gouvernemental».

    Après le blocage, il y a eu plu­sieurs remaniements, à raison d’un par an comme si c’était le projet de loi de finances, ajoute-t-il. «Si ce remanie­ment réduit le nombre de portefeuilles, il augmente la part des technocrates, un évènement politique important», dit-il. Quand on regarde la composi­tion de l’exécutif, on est frappé par la domination des technocrates dans un gouvernement politique, composé de 6 partis, aujourd’hui 5 après la sortie du PPS à l’opposition.

    En effet, «l’inva­sion des technocrates représente une problématique, placée sous le thème de la liaison de la responsabilité à la reddition des comptes. Si le ministre politique, qui porte des projets de so­ciété, rend des comptes aux citoyens à travers les élections, qu’en est-il pour les technocrates?

    «Qui va contrôler les ministres de la Santé et de l’Education nationale qui vont dépenser 91 milliards de DH au cours de 2020», s’est inter­rogé Mohamed Aboudrar. Selon lui, cette forte présence des technocrates et leurs parcours permet de qualifier cette équipe de «gouvernement de l’argent, des affaires et des assurances». Une accusation pleine d’arrière-pensées électoralistes.

    Acrobaties du PPS

    Les députés du groupement PPS ont dû faire preuve d’acrobaties pour justifier leurs critiques du PLF 2020. Des députés du PJD riaient sous cape alors qu’ils énuméraient leurs griefs. Il y a encore moins d’un mois, le parti était dans la majorité. Aujourd’hui, il s’essaie à l’opposition. Le PPS s’attendait à ce que le PLF présente une plus-value de ce gouvernement. C’est une déception puisqu’il ne répond pas aux attentes des citoyens, dira Aicha Lablak, chef du groupement du PPS.
    Selon elle, «le ministre a parlé d’un PLF transitoire, ce qui suppose des ruptures. Or, ce n’est pas le cas puisqu’il est une copie conforme aux précédentes. Il ne comporte pas de dispositions courageuses» . Pour elle, la 2e vague de contribution libératoire devait prévoir des poursuites judiciaires et administratives.

    Mohamed CHAOUI

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc