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Culture

Soraya Mellouk: L’art qui fait du bien

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5624 Le 29/10/2019 | Partager
Une dizaine de toiles offertes à l’hôpital du 20 Août à Casablanca
L’art-thérapie pour réduire les souffrances des enfants malades
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«Voir la lumière dans les yeux des enfants c’est ce qui me donne la force de continuer», déclare l’artiste qui travaille essentiellement avec des enfants atteint de cancer (Ph. Fadwa Alnasser)

«Regarde, ils mettent de la couleur dans le service, c’est bon signe, nos enfants iront mieux», s’exclame une maman accompagnant son enfant au service d’hématologie et oncologie pédiatrique de l’hôpital du 20 Août à Casablanca. Soraya Mellouk, artiste peintre, y est, en effet, en train d’installer une dizaine de toiles, qu’elle a tenues à offrir à ce service, pour, dit-elle, «apporter un instant de bonheur généré par la magie des couleurs».

Le contact avec l’art laisse très souvent une trace indélébile dans la tête et dans le cœur des personnes qui y sont confrontées, qui soulage et apaise. Soraya Mellouk en a été convaincue, dès les premiers instants où elle a commencé à pratiquer la peinture d’une manière spontanée.  Artiste autodidacte, cette Algérienne de nationalité et marocaine de cœur (pays où elle est née), s’intéresse beaucoup à l’art-thérapie et au pouvoir des couleurs. Une attirance quasi mystique.

«J’ai commencé à peindre spontanément, il y a une dizaine d’années. La peinture est venue à moi émanant de ce que je ressentais», dit-elle.  En publiant ses œuvres sur les réseaux sociaux, Soraya Mellouk est très étonnée, au départ, de l’effet que sa peinture a sur un grand nombre de personnes. Les témoignages affluent sur sa boîte mail: «Votre peinture, nous fait du bien, nous rappelle notre enfance, nous apaise, nous relaxe…».

«C’est à partir de ce moment que j’ai cherché à comprendre. Mes recherches m’ont amenée jusqu’aux neurosciences et le rapport de l’art avec notre bien-être. C’est là que j’ai compris que ma peinture et les couleurs que j’utilise devaient aller naturellement vers l’hôpital», déclare l’artiste plus convaincue que jamais.

Les neurosciences se sont, en effet, penchées longuement sur la question: que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous contemplons une œuvre d’art? Selon les chercheurs, d’une manière simplifiée, une interaction avec une œuvre d’art va permettre à notre cerveau d’élaborer une recomposition intérieure (de l’œuvre perçue) à laquelle viennent se combiner, de manière instantanée, nos représentations, nos souvenirs.

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Une dizaine de toiles ont été installées au service d’hématologie et oncologie pédiatrique de l’hôpital du 20 Août à Casablanca. Un don de l’artiste pour apporter «un instant de bonheur» aux enfants malades (Ph. Fadwa Alnasser)

Ce qui peut aisément  expliquer qu’un même tableau ou qu’une même œuvre musicale peut laisser «froids» certains et provoquer un choc émotionnel chez d’autres, confirmant la citation  du dramaturge Oscar Wilde: «La beauté est dans les yeux de celui qui regarde». Et c’est le regard des enfants qui intéresse particulièrement Soraya.

C’est à l’hôpital Parnet à Alger que l’aventure va commencer pour l’artiste, le jour où elle décide d’aller peindre avec des enfants malades, du service oncologique. Elle monte un projet, «La peinture en partage», qui consiste à accompagner des enfants, individuellement,  pour la réalisation d’une œuvre. «Une véritable leçon de vie!» dit-elle.

Dans un contexte hospitalier, Soraya découvre très vite que les couleurs ont toutes un sens particulier chez les petits patients, qu’elle va apprendre à décrypter au fur et à mesure des séances.

«Dans ce contexte, quand un enfant utilise la couleur verte, elle est souvent synonyme de nature et par extension de vie. Le rouge est lié au sang et donc dans l’inconscient des enfants à la maladie. Le bleu représente le ciel ou un être suprême qui va nous venir en aide et enfin le jaune, c’est le soleil qui illumine et donne de l’espoir».

Une combinaison de formes et de couleurs, qui au final rend les enfants plus sereins et transmettant un message très positif. «A la fin de chaque séance, je vois de la lumière dans les yeux des enfants et c’est ce qui me pousse à continuer», conclut l’artiste.

A.Bo

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