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Société

Foi et raison: Le duo gagnant pour une spiritualité féconde

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5623 Le 28/10/2019 | Partager
Un débat organisé, dernièrement à Salé, par l’association Nour
Une occasion d’aborder la problématique de l’ignorance et de ses effets sur le progrès des sociétés musulmanes
Réfléchir sur la nouvelle raison émergente conciliant modernité et spiritualité
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Pour Ghaleb Ben Cheikh, Docteur-ès sciences, physicien, philosophe et théologien, la méconnaissance est beaucoup plus grave que l’ignorance du fait qu’on pense connaître des choses alors qu’elles sont fausses par définition (Ph. sportingpost.co.za)

Comment peut-on concilier entre traditions, foi et raison au profit d’une spiritualité féconde et apaisée permettant à l’humanité de se prémunir contre les dangers des idéologies religieuses ou politiques? C’était l’une des questions centrales posées au débat lors d’un forum organisé, dernièrement à Salé, par l’association Nour. Pour planter le décor, Mohamed El Kourouj, membre dirigeant de l’association, a rappelé un sérieux paradoxe que connaît la société marocaine.

A un moment où on assiste à une forte ampleur de la religiosité en termes de traditions et de signes, on constate hélas «l’absence manifeste de l’éthique et de l’esthétique, et ce dans tous les compartiments de la société: écoles, justice, hôpitaux, administrations, sur les routes… , est-il déploré.

«Nous sommes, de plus en plus, témoins d’une domestication des esprits, d’un discours aliénant et d’un ritualisme desséchant», regrette El Kourouj. Une telle situation favorise la démission de l’esprit et une réelle défaite de la pensée. Comment explique-t-on cette dégradation et que faire pour la dépasser?

Une question à laquelle les conférenciers invités ont essayé d’apporter un éclairage à travers un rappel historique des visions de penseurs qui ont expérimenté les voies de la spiritualité et de la rationalité. Pour commencer, Ghaleb Ben Cheikh, Docteur-ès sciences, physicien, philosophe et théologien, a jugé utile d’appréhender le concept de l’ignorance considéré parmi les facteurs qui ont contribué à la décadence de la civilisation islamique.

Pour le président de la Fondation de l’Islam de France, «l’ignorance combinée à la croyance favorisera le fanatisme. Alors avec la fortune, elle donnera assurément la corruption. Combinée avec le pouvoir, l’ignorance va encourager le despotisme et la tyrannie». Pour combattre l’ignorance, Ben Cheikh recommande de s’attaquer à 4 chantiers urgents dans le monde musulman.

En premier lieu, il faut consolider la liberté notamment de conscience et de religion. A cela s’ajoute l’égalité fondamentale et foncière entre les êtres humains, la désacralisation de la violence et enfin l’autonomisation du champ du savoir par rapport aux données révélées. En ce qui concerne la foi, elle relève, selon le conférencier, de la fidélité et de la conscience, mais le plus important, c’est que ladite foi puisse être interrogée, précise-t-il.

Le forum de Salé a également été animé par d’autres spécialités, ce qui a permis de s’ouvrir sur l’évolution des traditions religieuses dans les autres religions monothéistes. C’est l’exemple de l’expérience de la Kabbale chez les Juifs.

N.E.A.   

                                                                                    

Il n’y a pas une ignorance, mais des ignorances

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«Les consciences humaines aspirent à une spiritualité et à un invariant besoin de transcendance pour avancer», souligne  Ghaleb Ben Cheikh, Docteur-ès sciences, physicien, philosophe et théologien (Ph. GBC)

• Chacune d’entre elles entraîne vers le chaos

• Une nouvelle rationalité pour permettre à l’humanité d’aller de l’avant

- L’Economiste: Selon vous, il y a plusieurs ignorances dont souffre une partie du monde musulman. Lesquelles?   
- Ghaleb Ben Cheikh:
On peut les résumer en quatre formes. Il y a l’ignorance sacralisée, c’est-à-dire qu’on a érigée au rang d’une doctrine garantie par le divin, ce qui n’est en fait qu’une construction humaine. La deuxième concerne l’ignorance institutionnalisée, c’est que parfois il y a un mécénat (d’Etat et aussi privé) contribuant à la construction des institutions, des écoles et des universités dans lesquelles on enseigne des mensonges au regard de la connaissance historique. Et on n’ose même pas interroger les présupposés épistémologiques de cet enseignement.   
A cela s’ajoute l’ignorance méthodologiquement programmée. Certains régimes par le passé et même maintenant ne donnent pas l’importance qu’il faut, voire interdisent l’enseignement de ce qu’on appelle les SHS (sciences de l’homme et de la société), notamment la philosophie dans le cycle secondaire. Alors que la dernière porte sur l’ignorance complexe qu’on peut résumer dans l’attitude de «nous ne savons pas et nous ne savons pas que nous ne savons pas».

- Pour dépasser cette crise de la pensée islamique, on recommande une nouvelle raison émergente. En quoi consiste-t-elle?
- Il s’agit d’un concept très cher au défunt professeur Mohammed Arkoun. Il s’agit d’une nouvelle raison qui va permettre à l’humanité de relever les différents défis posés par la modernité et le développement de la connaissance dans le cadre de cette révolution numérique. Il s’agit d’une rationalité qui allie les sources inventives de la technoscience et en même temps elle prendra en charge l’aspiration des consciences humaines à une spiritualité et à l’invariant besoin de transcendance.

Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

 

 

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