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Culture

Festival de Fès de la culture soufie: Décrypter le langage secret des fleurs et des parfums

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5623 Le 28/10/2019 | Partager
Reconnaître la beauté divine, prier et travailler… pour se rapprocher de Dieu
Les traditions spirituelles s’accordent sur les noms de Dieu et Ses qualités
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Faouzi Skali, président de l’événement, a rendu un vibrant hommage à L'Economiste et au groupe Eco-Médias pour son accompagnement. Un recueil des articles sera réalisé par les organisateurs du FFCS (Ph. YSA)

Le rideau est tombé, samedi dernier, sur le 12e Festival de Fès de la culture soufie (FFCS). L’événement, qui a animé la médersa Bouanania, le jardin Jnan Sbil et la grande salle de la mairie de Fès, a passionné les festivaliers pendant 8 jours. Le 26 octobre, le spectacle de clôture se tenait dans le jardin Jnan Sbil, où les 3.000 espèces végétales incarnent la beauté divine, la passion et la grandeur du Créateur.

Au menu de cette dernière soirée, l’on pouvait savourer «le langage secret des fleurs et des parfums». Un langage décrypté la veille par le maître-parfumeur de Marrakech Abderezzak Benchaâbane, et la charmante maître de conférence Leili Anvar. Telle une préparation à cette soirée de clôture, la table ronde du 25 octobre a révélé les «secrets des parfums».

«Le parfum est ton guide et te conduit sur ton chemin: il t’amènera à l’Eden et au Kawthar», écrit Jalâl Al Dîn Rûmî au XIIIe siècle dans son Mathnawî. Au jardin Jnan Sbill, le parfum de l’amour et la générosité étaient en «partage» avec un public venant du Maroc et d’ailleurs. Sa motivation est celle du dialogue interculturel créé et entretenu par «l’âme de Fès». Les chants soufis font ressurgir la magie de la capitale spirituelle.

Voyage dans le temps

Au FFCS, les festivaliers sont conviés à un voyage dans le temps. Ils retrouvent la sagesse des mystiques et s’inspirent de leur quête pour penser le présent. L’inspiration résonne aussi de manière artistique lors des spectacles. Celui du 25 octobre, invitant l’ensemble d’Ibn Arabi avec Ahmed Lakhlii et la troupe de la Tariqa Wazzaniya, fut un grand moment d’imploration du Tout Puissant.

Le lendemain, le spectacle création a pris comme guide la symbolique du parfum. Ce dernier est un rappel de la présence divine et de Sa beauté. La nature -avec ses couleurs, ses fleurs, ses senteurs- a toujours inspiré les grands soufis qui l’ont célébrée dans leur poésie comme en témoignent, tout au long de cette création originale, les chants et les textes sélectionnés: Ibn Arabî, ‘Attar, Rûmî... Les 3 répertoires musicaux choisis, ceux du Maroc, de la Perse et de la Turquie, retracent le voyage des parfums et des grands soufis.

Pour mettre ceci en musique, les organisateurs ont fait confiance à l’artiste Fatima Zohra Qortobi, dont la mémorable interprétation de la poésie de Rabiaâ Al Adawiyya au sein du FFCS avait été saluée unanimement par la presse. Outre Qortobi, Farzaneh Joorabchi, Ferhat Oguz Korc, l’actrice Amal Ayouch, le poète Khaled Roumo, Leili Anvar, Théophile de Wallensbourg, la confrérie turque Halvetiussaki et ses derviches tourneur, ont répondu à une quête de sens: «découvrir comment le monde est Un dans la diversité». C’est ce que disait, la veille, Chrif Moulay Abdallah Ouazzani, grand érudit de la Tariqa Wazzania.

Pour lui, «l’être humain a une grande responsabilité, celle de réaliser le bien sur terre, aborder Dieu, et le connaître à travers ses attributs: la générosité, la beauté, etc. Porter ce fardeau et le concrétiser, c’est se rapprocher de Dieu». Et c’est ce qui a été consigné par Ses messagers qui insistaient sur la prière qui nous relie à notre créateur et la reconnaissance de Son unicité.

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Le spectacle création de la clôture a invité au «langage secret des fleurs et des parfums». Que du bonheur pour un public venu en masse pour cette finale pour retrouver Fatima-Zohra Qortobi, qui avait interprété avec brio la poésie de Rabiaâ Al Adawiyya au FFCS. La veille, l’ensemble d’Ibn Arabi avec Ahmed Lakhlii et la Tariqa Wazzania ont enchanté au jardin Jnan Sbill (Ph. YSA)

En pratique, l’élément humain représente l’oubli, la fatigue et la fragilité. «Tenir un chapelet à la main nous rappelle notre connexion avec Dieu», explique l’érudit. Et de poursuivre: «le dialogue, l’amour, l’altruisme et l’altérité sont incarnés dans le travail, le partage et le service de l’autre». Dans ce sens, les vicaires agissent au nom de Dieu. Ils sont responsables de tout et ne doivent pas être en rupture avec le Créateur.

Pour y parvenir, ils sont dans une prière et une contemplation continuelle. Leur vie est consacrée à la recherche de Dieu à travers la prière et l’expérimentation. Qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs, ils attestent une sorte de concordance entre les 99 noms de Dieu et Ses qualités. L’homme réfléchit pour transposer ces qualités grâce à sa pratique religieuse.

Saisis par Dieu dans la prière, nous sommes l’intelligence active et réceptive qui goûte un instant de Paradis chaque fois que nous nous rapprochons de son regard miséricordieux. «Un regard d’un père à son enfant», estime Jean-Pierre Flachaire, moine au Monastère de Midelt.

«L’amour de Dieu»

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«L’amour de Dieu est total et inchangeable, et nous sommes follement aimés par Lui et appelés à entrer avec Lui en amour infini», souligne Jean-Pierre Flachaire, moine de Notre Dame de l’Atlas. Et d’ajouter: «plus nous serons amoureux de Dieu, plus Dieu nous comblera avec son amour». Cette vocation de se rapprocher de la vérité par la prière est une espèce de foudroiment de la foi. «Tout ce qui monte converge et c’est de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Il faut être émule dans sa prière», souligne Faouzi Skali rappelant «l’importance de la prière, l’émancipation  et la contemplation dans le monde d’aujourd’hui». Car, la prière est, selon Cheikha Noon (Pakistan), «une expression de tout ce qui existe, y compris la présence humaine». «Lorsqu’on reçoit le souffle divin, cela clore et libère en nous le parfum du divin, nous anoblit et nous entre dans l’expérience spirituelle de la clarification du cœur et l’illumination du trajet». Ce processus est un cheminement dont le but est de parvenir à la station du «digne d’éloge», de «l’agréé par Dieu». Continuer cette esquisse symbolique permet d’accéder à ce lieu de dialogue intime avec la présence divine. D’ailleurs, les différentes traditions spirituelles s’accordent sur l’universalité, l’ouverture et la tolérance prônées par le divin. «Nous sommes tous des frères en humanité et en spiritualité», conclut Cristobal Lopez, le cardinal de Rabat.

Youness SAAD ALAMI

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