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    Economie

    La filière des dattes retrouve de la vigueur

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5623 Le 28/10/2019 | Partager
    La production marque un bond de 40% à 140.000 tonnes
    L’objectif de plantation de 3 millions de palmiers réalisé avant terme
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     L’effort de valorisation des dattes (conditionnement et stockage sous froid) est sur de bons rails. Mais la réinstauration de la TVA à 20% sur les dattes conditionnées ne risque-t-elle pas de l’estomper et favoriser l’import? (Ph. Jarfi)

    «La filière des dattes se porte bien». Selon le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, les objectifs du plan de développement du secteur des dattes  seront atteints dès la fin de cette année. Pour le moment, la production prévisionnelle devrait  marquer un record de 143.000 tonnes, soit un bond de 40% par rapport à 2018-2019. Mais ce n’est pas encore le volume ciblé par le contrat-programme: 160.000 tonnes en 2020.

    Pour le ministre qui s’exprimait à l’occasion de l’ouverture du salon dédié à la filière, «il s’agit de l’objectif de plantation de 3 millions de palmiers». La superficie de palmeraie, qui était de l’ordre de 47.000 ha au début du Plan Maroc Vert, s’établit actuellement à 61.000 ha. En ce qui concerne la valorisation, une capacité de conditionnement et de stockage sous froid de 25.000 tonnes est d’ores et déjà installée. Pour un objectif à terme de 30.000 tonnes.

    Aujourd’hui, la filière du palmier dattier contribue pour 60% dans la formation du revenu agricole des oasis. Elle fournit 3,6 millions de journées de travail pour plus de 2 millions d’habitants. Elle génère également un chiffre d’affaires annuel avoisinant 2 milliards de DH et une valeur ajoutée d’environ 1,4 milliard.

    Fin 2019 la barre des 3 millions d’arbres sera franchie, soit plus que l’objectif du contrat-programme. Mais l’effet sur le volume produit est attendu dans les 4 à 5 années prochaines puisqu’il faut 7 ans pour qu’un palmier dattier entre en pleine production.
    A noter que le contrat-programme de la filière ciblait la réhabilitation des palmeraies existantes sur une superficie globale de 48.000 ha et la création de nouvelles plantations modernes sur 17.000 ha. Pour atteindre une production de 160.000 tonnes de dattes en 2020 et 185.000  en 2030 contre 140.000 tonnes actuellement.

    La dynamique devait être accompagnée  par une production de 300.000 plants in vitro par an, en impliquant des laboratoires privés sous supervision de l’Institut national de recherche agronomique (INRA). Reste à savoir si l’étalement de la campagne des dattes aussi bien en précocité qu’en tardivité a été pris en compte.  Dans l’objectif d’atténuer la concentration de la production sur les mois d’octobre-novembre.  Les services du ministère de l’Agriculture ne renseignent pas sur cet aspect.

    Or, cette situation fait du Maroc un importateur net: 30.000 tonnes, rien que pour satisfaire les besoins du Ramadan et 90.000 tonnes sur une année entière. Par contre, l’effort de valorisation et du développement du froid sera intensifié. Environ 110.000 tonnes de fruits seront traitées à moyen terme: 70.000 tonnes de dattes fraîches conditionnées, 20.000 tonnes transformées en produits dérivés et autant en aliment de bétail. Mais la réinstauration de la TVA (20%), telle que prévu par le projet du budget 2020, risque d’estomper l’élan de conditionnement.

    Pour réaliser les objectifs inscrits dans le contrat-programme, l’investissement a été arrêté à 7,6 milliards de DH dont 4,9 milliards sous forme de soutien de l’Etat. La subvention ayant été servie sous forme de distribution des plants et de réalisation des plantations ainsi que l’équipement en systèmes d’irrigation. Ceci, sans compter la cession du foncier aux investisseurs opérant en dehors des palmeraies.

    Parmi les principales réalisations, figure le renforcement de la recherche via l’installation de nouveaux laboratoires publics et du secteur privé ainsi que l’équipement de 15.560 ha en micro-irrigation. S’ajoutent aussi la construction et l’équipement de 48 unités de valorisation.

    En ce qui concerne l’amélioration de la valeur marchande des produits, il a été instauré des normes de qualité de 9 variétés de dattes dont 8 ont bénéficié de signe distinctif d’Indication géographique protégée (IGP). Selon le ministère de l’Agriculture, «la valeur ajoutée de la filière des dattes a plus que doublée» entre 2015 et 2018 par rapport à la période de référence 2003-2007.

    Le  nombre de journées de travail a également doublé avec à la clé un bond du rendement  de 40% de la main-d’œuvre. Il en est de même de la  production dont le niveau a été multiplié par 2. Du coup, le revenu moyen des agriculteurs s’est amélioré du tiers.

    Chiffres-clés

    • Plantations de 3 millions de  palmiers
    • Mobilisation de 28.400 ha au profit des investisseurs hors oasis
    • 15.560 ha équipés en système d’irrigation au goutte-à-goutte  
    • 9 variétés sélectionnées dont 8 distinguées: Indication géographique protégée
    • Production de 160.000 tonnes en 2020
    • Investissement de 7,6 milliards de DH dont 4,9 milliards de subvention
    • Valorisation de 110.000 tonnes
    • Exportations de 5.000 tonnes
    • Construction de 48 unités de valorisation de 30.000 tonnes de capacité

    A.G.

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