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    International

    Les ambitions russes en Afrique

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5621 Le 24/10/2019 | Partager
    Doubler les échanges en cinq ans, gros projets d’investissements
    Coopération militaire et sécuritaire, effacement des dettes…
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    Lors du sommet Russie-Afrique, le président russe Vladimir Poutine a promis à un parterre de dirigeants africains de doubler dans les cinq ans les échanges commerciaux  (Ph. AFP)

    La station balnéaire de Sotchi s'est mise à l'heure africaine pour quelques jours. La Russie veut au minimum doubler en cinq ans ses échanges commerciaux avec l'Afrique. Ce sont les ambitions du président Vladimir Poutine ouvrant le sommet Russie-Afrique tenu cette semaine.

    La rencontre se veut un symbole du regain d’intérêt russe pour le continent africain. «Nous exportons actuellement pour 25 milliards de dollars de nourriture. Ce qui est plus que ce que nous exportons d'armes qui représentent, elles, 15 milliards. Et nous sommes capables de doubler ces échanges», a ajouté le président russe devant plusieurs chefs d'Etat africains dont son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, qui préside l'Union africaine.

    Des poids lourds sont là, du Sud-Africain Cyril Ramaphosa au Nigérian Muhammadu Buhari, tout comme des partenaires historiques tel l'Angolais Joao Lourenço ou plus récents comme le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, qui a reçu le prix Nobel de la paix 2019, y était aussi. Des pays où la Russie est quasi absente seront aussi représentés, à l'instar de la Côte d'Ivoire avec son président Alassane Ouattara, qui aura en tête l'éventuelle conclusion d'un accord de coopération militaire.

    Poutine veut renforcer la présence de son pays sur le continent africain tout en tendant la main aux nombreux partenaires potentiels. Lesquels ont de très bonnes perspectives de développement avec un énorme potentiel de croissance. L’idée est de relancer l’influence russe dans une région où Chinois et Occidentaux sont déjà présents. Pour cela, des projets d'investissements avec des participations russes qui se comptent en milliards de dollars sont en préparation.

    L'effacement des dettes est un point clé de la politique russe en Afrique

    Le président russe cite pour preuve de l'engagement de Moscou la coopération militaire et sécuritaire, l'aide contre Ebola, la formation des cadres africains dans les universités russes. Il assure aussi que tous les projets proposés par la Russie se font sans ingérence «politique ou autre».

    L'effacement des dettes est un point clé de la politique russe en Afrique. Moscou avait ces dernières années annulé des dettes africaines à hauteur de 20 milliards de dollars. Après cinq années de sanctions économiques occidentales, le pays a besoin de partenaires et de débouchés pour booster sa croissance (elle ne dépassera pas 1,1% en 2019 et 1,9% en 2020, selon les prévisions du FMI).

    En 2018, les échanges commerciaux entre la Russie et l'Afrique s'élevaient à 20 milliards de dollars, moins de la moitié de ceux de la France et dix fois moins que la Chine. Et la majorité du commerce concerne les armes, rare domaine dans lequel la Russie reste en tête. Outre les armes, il est notamment question du nucléaire, des hydrocarbures et de l'industrie minière (cf. notre édition N°5619 du mardi 22 octobre 2019).

    Dans un contexte de tensions exacerbées avec les pays occidentaux, le sommet de Sotchi sera aussi l'occasion pour la Russie de montrer qu'elle est toujours une puissance d'influence mondiale. Au programme également des discussions sur des thèmes allant des «technologies nucléaires au service du développement de l'Afrique» aux «minerais africains au profit des peuples d'Afrique».

    Des intérêts pour le Maroc

    Les travaux du Forum économique se sont ouverts mercredi 23 octobre à Sotchi sous le thème «Russie-Afrique: Révéler le potentiel de la coopération», avec la participation du Maroc. La délégation marocaine devra participer à de nombreuses conférences ayant trait à la coopération économique, énergétique et culturelle. Le Maroc et la Russie sont décidés à donner un nouveau souffle à leurs relations économiques (voir aussi notre édition N° 5125 du 12/10/2017). De par sa position géographique, le Royaume peut faciliter la signature d’accords économiques et de coopération sécuritaire avec différents pays d’Afrique. De plus, la Russie est un marché incontournable pour les produits agricoles marocains. Le Maroc importe de Russie du gaz, du soufre, des engrais, de la houille... Il y exporte essentiellement des agrumes, des tomates, des poissons, des farines de poisson… Le marché russe concentre plus de la moitié des exportations marocaines d’agrumes. Et les opportunités d’investissement ne manquent pas.

    F. Z. T.

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