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    International

    Syrie: Ankara met fin à son offensive militaire

    Par L'Economiste | Edition N°:5621 Le 24/10/2019 | Partager
    Un accord russo-turc pour contrôler la frontière
    Lutter contre le terrorisme, faciliter le retour des réfugiés

    La Turquie a annoncé qu'elle ne re­prendrait pas son offensive militaire contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie. Car ces dernières se sont retirées des zones frontalières. Ceci conformément à l'accord arraché il y a quelques jours par le vice-pré­sident américain Mike Pence. Pour éviter un conflit turco-kurde exacerbé, les présidents turc et russe, Recep Tayyip Erdogan et Vla­dimir Poutine, se sont accordés sur un retrait des forces kurdes du nord-est de la Syrie et le contrôle en commun d'une large par­tie de la frontière turco-syrienne. Voici les principaux points du mémorandum conclu à Sotchi:

    ■ Différentes zones: Ankara garde la haute main dans une zone de 120 km le long de la frontière syro-turque et de 32 km de profondeur, entre la ville de Tal-Abyad (que la Turquie a prise au début de l'offensive) et celle de Ras al-Aïn (dont les derniers combattants kurdes se sont reti­rés dimanche dernier). L'accord parle d'un maintien du statu quo dans cette région et n'évoque aucune date de retrait pour les Turcs. Pour les secteurs frontaliers bordant cette zone où l'armée turque est présente, un autre régime a été décidé. Les forces kurdes YPG doivent se retirer avec leurs armes dans un délai de «150 heures à partir du 23 octobre», au-delà de 30 km de la frontière turco-syrienne. La police militaire russe et les gardes-frontières devront faciliter ce retrait, y compris de Minbej où les Russes et les Syriens sont déjà présents. A l'issue de ce délai, des patrouilles communes turques et russes vont circuler dans une zone de 10 km de profondeur depuis la frontière, à l'ouest et à l'est du secteur pris par la Turquie lors de son offensive baptisée «Source de Paix».

    ■ Terrorisme et réfugiés: Dans l'ac­cord, la Russie et la Turquie réitèrent leur volonté de lutter contre le terrorisme dans toutes ses formes. Poutine a explicitement fait référence au risque de résurgence du groupe Etat islamique, dont des milliers de vétérans sont détenus par les Kurdes. De son côté Erdogan, qui a salué un accord historique, avait en tête la menace que représente, selon lui, pour son pays le sé­paratisme kurde. L'accord prévoit par ail­leurs des efforts russo-turcs pour faciliter le retour volontaire et sécurisé de réfugiés. La Turquie, qui accueille sur son territoire 3,6 millions de réfugié, a dit vouloir que deux millions d'entre eux retournent en Syrie dans la zone de sécurité qu'elle est en passe de mettre en place.

    ■ Règlement politique: La Russie et la Turquie, bien que soutenant différents camps de la guerre civile, ont insisté sur la préservation de l'intégrité territoriale de la Syrie. Ils assurent poursuivre leurs efforts visant à trouver une "solution poli­tique durable" au conflit syrien. Ceci dans le cadre du processus de paix d'Astana, l'ancien nom de Nur-Sultan, la capitale du Kazakhstan, où les négociations se tiennent depuis 2017.

    Dans le même temps, des forces du régime syrien se dirigent vers la zone fron­talière après avoir été appelées à l'aide par les forces kurdes.

    Réunion tendue à l'Otan

    Une réunion des ministres de la Défense de l'Otan se tient ce jeudi 24 octobre à Bruxelles. Elle doit permettre d'aplanir les divergences apparues au sein de l'Alliance après l'opération lancée par la Turquie, l'un de ses membres, dans le nord-est de la Syrie, a annoncé le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg. De son côté, le président américain Donald Trump a qualifié de «grand succès la création d'une zone de sécurité en Syrie». Il ferait une déclaration sur le sujet depuis la Maison-Blanche.

    F. Z. T. avec agences

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