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    International

    Sommet Russie-Afrique: Les défis ne manquent pas

    Par L'Economiste | Edition N°:5619 Le 22/10/2019 | Partager
    Grand retour et ambitions croissantes sur le continent
    Un terrain occupé par les Occidentaux et la Chine
    Des enjeux pour le Maroc

    Montrer que la Russie a beaucoup à offrir aux Etats africains. C’est l’objectif du Sommet Russie-Afrique que le président russe Vladimir Poutine présidera les 23-24 octobre à Sotchi. Une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernements africains y sont attendus. Le Maroc y participera aussi. Ce sommet se veut un symbole des ambitions grandissantes de Moscou dans une région où Chinois et Occidentaux mènent déjà leur conquête.

    Après cinq années de sanctions économiques occidentales, Moscou a besoin de partenaires et de débouchés pour accélérer sa croissance (elle ne dépassera pas 1,1% en 2019 et 1,9% en 2020, selon les prévisions du FMI). Traditionnellement, ce sont des armes et des céréales que la Russie exporte vers l’Afrique, mais elle a étendu ses activités à d’autres secteurs:

    ■ Hydrocarbures: La Russie est un des principaux pays producteurs et exportateurs d’hydrocarbures, grâce à ses fleurons Gazprom, Rosneft et Loukoïl. Mais ses sols sont recouverts à 65% par le permafrost et la recherche et l’exploitation de gisements sont coûteuses. Le pays, qui tire la moitié de ses revenus des hydrocarbures, lorgne donc du côté de la manne africaine. Présents en Afrique depuis une dizaine d’années, les géants énergétiques russes cherchent à s’impliquer davantage dans les nombreux gisements découverts récemment.

    ■ Nucléaire: L’Afrique est un terrain quasi vierge pour l’énergie nucléaire. Il n’y a qu’une seule centrale sur le continent, en Afrique du Sud. Les centrales russes possèdent notamment pour avantage d’être moins chères que celles des concurrents occidentaux. L’agence russe Rosatom pratique de plus une politique de prêts avantageux. Déjà, des protocoles d’accord ont été signés avec l’Egypte, le Nigeria, le Soudan, le Kenya, le Ghana, la Zambie et l’Ouganda. Pour l’instant, seule l’Egypte a prévu de lancer un chantier pour quatre réacteurs qui doivent être érigés à El-Dabaa, sur la Méditerranée, d’ici à 2028-2029. Le coût d’une centrale pourrait s’avérer prohibitif pour certains.

    ■ Diamants & co: La Russie dispose d’importantes ressources minières et de savoir-faire dans ce domaine. Le grand producteur mondial de diamants, le russe Alrosa, a fondé dès 1993 la mine de Catoca en Angola, la quatrième plus grande au monde. Pour alimenter l’exploitation, le groupe y a même construit une centrale hydroélectrique. Depuis 2014, le groupe russe est à la recherche de nouveaux gisements dans le pays. Alrosa a aussi annoncé cette année son implantation au Zimbabwe pour y lancer des opérations d’extraction. Le groupe Rusal, un des leaders de l’aluminium (un temps frappé par des sanctions américaines), exploite pour sa part des gisements de bauxite en Guinée. Il a décidé de rouvrir dans le pays une raffinerie d’alumine fermée en 2012. D’autres groupes tels que Norilsk Nickel, Severstal, Nordgold et Ferrum Mining sont d’ailleurs présents notamment à Madagascar, en Guinée, en Afrique du Sud, au Burkina Faso.

    ■  Education: Dans les années à venir, la croissance économique en Russie sera freinée par le manque de main-d’œuvre et d’étudiants. D’où l’ambition de former de nouveau des élites en Afrique. Le nombre d’étudiants africains en Russie a doublé en dix ans et devrait se développer davantage. Ils étaient environ 17.000 inscrits pour l’année 2016-2017, selon les statistiques du ministère de l’Education.

    Les échanges

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    • En 2018, les échanges entre la Russie et le continent africain s’élevaient à 20 milliards de dollars.
    • C’est moins de la moitié de ceux de la France et dix fois moins que la Chine. Et la majorité du commerce concerne les ventes d’armes, rare domaine dans lequel Moscou est en tête en Afrique.
    • Entre 2014 et 2018, la Russie représentait ainsi 49% du total des importations d’armes en Afrique du Nord et 28% de celles d’Afrique subsaharienne, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). 

    F. Z. T. avec agences

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