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    Economie

    Les ménages étranglés par les difficultés financières

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5617 Le 18/10/2019 | Partager
    Leurs impayés ont augmenté de 3,3 milliards de DH depuis le début de l’année
    2 prélèvements automatiques sur 3 sont rejetés
    Pour beaucoup d’employés, le salaire est «mort-né»!
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    Les fins du mois sont tendus pour de nombreux ménages. Les factures des opérateurs de téléphonie et des distributeurs d’électricité et d’eau sont parfois des variables d’ajustement pour se faire un peu de trésorerie quitte à payer des frais de retard

    De la même façon que les entreprises multiplient aujourd’hui les déplacements chez leurs banquiers pour négocier des dépassements de découvert pour faire face aux échéances, c’est le même manège chez des milliers de particuliers. Pour beaucoup de Marocains, la «durée de vie» du salaire s’est resserrée.

    Dans bien des cas, le salaire est tout simplement «mort-né». Entre la traite de l’appartement, les factures et autres dépenses (surtout les frais de scolarité des enfants), les charges sont en constante augmentation alors que les revenus, eux, progressent timidement, voire stagnent.

    Faute de pouvoir financer la scolarité de leurs enfants dans le privé, beaucoup de parents les transfèrent à l’école publique. Ces réinscriptions ne sont donc dues  à l’attractivité de l’enseignement public comme le laissaient entendre des responsables de l’Education nationale (voir L’Economiste n°5600 du 25 septembre 2019).

    Un tiers des ménages disent s’endetter ou puiser dans leur épargne pour boucler les fins de mois selon l’enquête du HCP sur la confiance des ménages. Pour mesurer la dégradation de la situation financière des ménages, il faut observer le comportement des impayés de crédit. Les créances en souffrance ont augmenté de 3,3 milliards de DH en huit mois à 28 milliards de DH.

    Un autre élément révélateur de la tension sur les finances des ménages est l’incroyable taux de rejet des prélèvements automatiques. Deux ordres de paiement sur trois sont rejetés (un taux de rejet moyen de 55% sur les dix dernières années). «Il y a urgence à trouver des mesures pour baisser la proportion d’avis de prélèvement rejetés pour défaut ou insuffisance de provisions», s’alarme la Banque centrale dans le rapport sur les moyens de paiement.

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    Plus de 5,7 millions prélèvements automatiques d’un montant global de 16 milliards de DH n’ont pas abouti en 2018. La situation préoccupe la Banque centrale

    Plusieurs rejets peuvent être comptabilisés pour un même avis de prélèvement, ce qui pourrait biaiser le niveau du taux de rejet global. Toutefois, la situation reste préoccupante surtout pour les créanciers. Plus de 5,7 millions prélèvements automatiques d’un montant global de 16 milliards de DH n’ont pas abouti en 2018. Les opérateurs télécoms, les entreprises de distribution d’eau et d’électricité, les bailleurs... sont parmi les plus exposés à ces incidents de paiement. Les sociétés de crédit à la consommation y sont également confrontées.

    Si l’achat d’un logement est un investissement bien mûri, les choses sont plus nuancées pour l’acquisition de produits de consommation. Le développement des offres de crédit sur les lieux de vente notamment dans les grandes surfaces peuvent déclencher des achats impulsifs. Ces décisions qui sont guidées par une vision de court terme peuvent plus tard contribuer à déstabiliser la situation financière des personnes.

    Pour le cinquième trimestre consécutif, la confiance des ménages a baissé pour s’établir à 74,8 points. Les craintes autour de la situation économique et le niveau élevé du chômage pèsent sur le moral des ménages. Il faut espérer que ces difficultés ne mettent pas du sable dans le principal moteur de la croissance.

    F.Fa

     

     

     
     

     

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