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    Société

    Des projets pour professionnaliser la société civile

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5616 Le 17/10/2019 | Partager
    35 associations retenues sur 414 propositions
    Démocratie participative, plaidoyer pour la marocanité du Sahara…
    Le département de la société civile disparu avec le remaniement

    «La société civile doit être professionnelle dans ses actions, notamment dans l’affaire du Sahara marocain. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de renforcer ses capacités et de l’accompagner dans la réalisation de ses objectifs, selon les priorités de la démocratie participative». Mustapha El Khalfi, l’ancien ministre des Relations avec le Parlement et la société civile, avait lancé un appel à projets pour la sélection d’associations.

    Le but est de leur accorder un soutien matériel dans leur domaine d’intervention. Ainsi, ce sont 414 associations qui ont été retenues. Sur ce total, la démocratie participative a canalisé 189 projets, la cohésion sociale 146 et le plaidoyer civil pour la cause nationale 79. Le nombre de dossiers ne remplissant pas les conditions était estimé à 75. Au bout de ce processus, 35 associations ont été retenues par une commission, selon le cahier des charges qui figure sur le site web du ministère.

    Pour plus de précisions, 15 projets portent sur la démocratie participative. Il s’agit de promouvoir la consolidation démocratique, à travers la formation des acteurs associatifs, avec un accompagnement pointu. Pour que ces acteurs soient professionnels, ils ont besoin d’un impérieux appui.

    Dans cette opération, plusieurs instances de consultation ont été impliquées comme notamment celles de la jeunesse, de l’égalité, … A cela s’ajoutent le renforcement et l’approfondissement de la participation citoyenne dans la chose publique. Cela suppose l’implication des acteurs associatifs dans le processus de la décision  publique. Quand des pétitions sont déposées, elles deviennent un point à l’ordre du jour d’une réunion, a souligné l’ancien ministre.

    De son côté, le plaidoyer civil autour de la marocanité du Sahara a canalisé 10 projets. Il s’agit de soutenir les projets sur la base d’initiatives comme par exemple celle consistant à aller à Genève pour convaincre à travers un argumentaire blindé sur le sérieux de l’intégrité territoriale.

    D’autres projets se basent sur  la conception et le lancement d’une campagne dans le monde digital. L’objectif est de défendre le dossier de la question nationale comme un avocat, a noté l’ancien ministre. Le troisième domaine d’intervention porte sur la cohésion sociale. Les ONG qui luttent contre la drogue et l’addiction sont les principales concernées.  Ce domaine  a attiré 10 projets qui touchent plusieurs aspects.

    C’est le cas de la conception d’une campagne de sensibilisation, avec un accompagnement des centres de lutte contre ce fléau. Ce dispositif prévoit également des mesures pour la réintégration d’anciens drogués. L’addiction est devenue une question nationale puisqu’elle est prise en charge par plusieurs acteurs sérieux.

    Surtout que la prévalence de l'usage des drogues chez la population marocaine de 15 ans et plus est de 4,1%, soit 800.000 personnes touchées, dont 2,8% souffrent de dépendances à ces substances. La consommation de drogues et les dépendances concernent aujourd’hui des populations de plus en plus jeunes.

    Dans les villes du nord, l’usage des drogues dures est associé à des risques d’expansion de l’épidémie du VIH, des hépatites virales et de la tuberculose, en plus de la délinquance et de toute sorte de violence.

    Par ailleurs, le cahier des charges fixe les règles de jeu. Ainsi, les associations qui sont éligibles à cette compétition doivent être en situation régulière avec les impôts. Leurs projets doivent avoir un impact dans le domaine de leur intervention. L’appel d’offres, qui a pris fin le 6 septembre dernier, a retenu trois problématiques, pour reprendre l’expression de l’ancien ministre.

    Pour chaque projet retenu, le ministère devait débourser  entre 40 et 50.000 DH. C’est la première fois que ce département mène une opération similaire, avec un cahier des charges. Pour l’ancien ministre, cette opération n’était qu’un début. Une autre, beaucoup plus importante, devait être enclenchée en janvier prochain, avait-il indiqué juste avant de quitter le gouvernement.

    Aujourd’hui, dans la nouvelle architecture gouvernementale, le département de la société civile n’apparaît nulle part. Cette activité devrait retomber dans l’escarcelle du ministère de l’Intérieur. Pour l’heure, personne n’est en mesure de dire si le plan pour la promotion de la subvention publique aux associations dans les trois domaines va continuer.

    Instrumentalisation politique?

    Dès que le ministre a enclenché les mécanismes de soutien de la société civile, les critiques ont fusé. L’ancien ministre rejette l’accusation portée contre lui sur sa volonté d’instrumentaliser politiquement les associations qui travaillent dans ce secteur. Pour convaincre de son «innocence», il rappelle que «les associations éligibles viennent de différentes régions du Maroc. Elles sont connues pour mener campagne contre le PJD. En plus, la commission qui départage les projets dispose de critères précis». Ces avances n’ont pas convaincu grand monde. Qu’importe, «le professionnalisme a commencé dans la société civile, avec la soutenabilité du projet qui est essentielle dans la mesure où l’association doit être accompagnée par d’autres partenaires plus solides pour pouvoir obtenir l’accord». En outre, le ministère doit être au service de la société civile. C’est pour cette raison qu’il a élaboré un programme de formation de 1.200 acteurs associatifs dans la démocratie participative, 600 acteurs dans le plaidoyer sur la cause nationale. Il a organisé trois réunions sur la lutte contre l’addiction à Casablanca, Tétouan et Meknès.

    M.C.

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