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    Politique

    Majorité: Reprise des hostilités

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5614 Le 15/10/2019 | Partager
    Au lendemain du remaniement, El Othmani attaque son allié, Aziz Akhannouch
    Ce dernier lui conseille de remettre de l’ordre autour de lui
    Redéploiement des ministres sortants du RNI
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    Sitôt les nouveaux ministres installés dans leurs fauteuils que les protestations dans les rangs de leurs partis se multiplient. Les clashs ont démarré particulièrement entre le PJD et le RNI (Ph. Bziouat)

    Moins de deux jours après que le discours royal dans lequel le Souverain a appelé les partis à laisser de côté les vaines querelles et le gaspillage du temps et d’énergie, les clashs ont repris de plus belle, particulièrement entre le PJD et le RNI. De Francfort en Allemagne où il présidait une réunion de la jeunesse de son parti dans le cadre de la région 13, Aziz Akhannouch a riposté au chef du gouvernement.

    Car, la veille, Saâdeddine El Othmani s’est laissé aller en s’en prenant au RNI, sans le nommer comme d’habitude, qui aurait promis à la jeunesse de son parti de figurer dans la liste des propositions de ministrables. Le président du RNI s’est trouvé dans l’obligation de le recadrer en rappelant que sa promesse concernait l’échéance de 2021.

    Néanmoins, il faut prendre le temps de les encadrer et les former pour être au top et réussir leurs missions. «Nous devons les coacher avant de les jeter dans l’arène», a-t-il répliqué devant une salle survoltée.

    La riposte d’Akhannouch recèle un degré de déception du chef du gouvernement, particulièrement lorsqu’il lui a rappelé les fondamentaux: «Nous sommes des alliés, il ne faut pas nous utiliser pour faire de la politique», a noté le président du RNI, tout en attirant l’attention du chef de gouvernement sur la nécessité de remettre de l’ordre autour de lui.

    Cependant, en agissant ainsi, El Othmani «est en train de parasiter le discours royal». Il faut reconnaître que le chef du gouvernement est sur les nuages. Il est sorti renforcé du remaniement, sans avoir à gérer un blocage. D’autant que les chefs de la majorité ont joué le jeu avec lui, en maintenant la confidentialité du contenu des pourparlers. C’est pour cette raison qu’il s’est permis de titiller le RNI dont le président a été catégorique: «Il a commencé à nous chercher, il va nous trouver».

    Par ailleurs, Akhannouch n’a pas dissimulé son étonnement que le chef du gouvernement divulgue le contenu de ce qui s’est passé entre lui et le Roi. En effet, El Othmani a parlé de la confiance royale dans le ministre du Travail et de la Réinsertion professionnelle. Il s’agit de données sélectives sur un ministre, mais quid des autres? Le chef du gouvernement devait aussi mentionner la liste des ministres que le Roi a voulu garder dans l’équipe pour leurs compétences, a noté le président du RNI.

    Lors de sa rencontre avec les élus de son parti, El Othmani s’est élevé contre l’idée selon laquelle le remaniement a consacré la domination des technocrates dans ce gouvernement. Pour lui, «les nouveaux ministres non politiques ne sont pas technocrates mais sans appartenance politique».

    C’est la première fois qu’il ose une telle distinction hasardeuse. Il a également abordé des discussions serrées de dernière minute sur un portefeuille, qui a été finalement confié à une compétence, en l’occurrence Khalid Ait Taleb, ministre de la Santé. Il a annoncé qu’il a été choisi comme ministre de la Santé sur proposition du chef du gouvernement.

    En fait, El Othmani joue sur les mots. Car, constitutionnellement, c’est lui qui soumet les propositions au Roi pour nommer les ministres. Il a fallu dire qu’il avait proposé à ce poste Mustapha Brahimi, médecin et député du PJD. Idem pour Driss Oaouicha pour le poste de ministre délégué à l’enseignement supérieur.

    Dans cette démonstration, en jouant sur les mots, le chef du gouvernement cherche à construire son image au sein du PJD, divisé et qui veut se montrer uni, même devant l’épreuve du remaniement. Toutefois, en nommant Mohamed Amekraz au poste de ministre, le SG du PJD veut contenter le courant de Abdelilah Benkirane. C’est aussi une manière d’attirer vers lui le secrétaire général de la jeunesse du parti.

    Par ailleurs, les nouveaux ministres n’ont pas encore chauffé leurs sièges que les protestations  dans les rangs de leurs partis se multiplient. Le PJD veut afficher une photo parfaite avec la présence des ministres ayant quitté le gouvernement. Au RNI, la sortie du gouvernement des ministres politiques a été habilement exploitée par le président. En effet, Mohamed Aujjar et Rachid Talbi Alami ont été associés à la rencontre d’Allemagne, avec des prises de parole.

    De son côté, le MP va mal. Avant même le remaniement, le siège avait craqué sous les coups des chaises et des coups de poing lors d’affrontements du conseil national de la jeunesse. Pourtant, le secrétaire général Mohand Laenser s’était déplacé pour faire un discours d’ouverture. Le remaniement n’a pas calmé les ardeurs. Les ministres qui ont quitté le gouvernement ne l’ont pas fait de gaieté de cœur. Le jour des passassions, Mohamed El Aarej est sorti en larmes.

    Les secrétaires d’Etat ne sont pas non plus contents. Sur le bureau du secrétariat général du MP,  50 CV  ont été déposés pour devenir ministres. En outre, pour plusieurs responsables du MP, Saaid Amzazi, en charge de l’Education nationale, ne fait pas partie de la maison. Il n’embauche pas de cabinards du MP, dit l’un d’entre eux.

    Lachgar sous la tempête

    L’USFP est traversée par une nouvelle tempête, plus dévastatrice que les précédentes. Au lendemain du remaniement, les critiques contre le premier secrétaire Driss Lachgar se multiplient. On lui reproche sa gestion des tractations avec le chef du gouvernement. Si l’offre qui a été faite comprenait deux portefeuilles (le département de la Culture, la Jeunesse et les Sports et celui des MRE et les Affaires de la migration), Driss Lachgar a préféré batailler pour décrocher le poste de ministre de la Justice pour lui-même. Dans ce processus, il n’a pas non plus défendu Abdelkrim Benatiq, qui, de l’avis de tous, a brillé dans son poste de ministre des MRE et de la Migration. Idem pour la secrétaire d’Etat Rkia Derham. Plusieurs responsables sont montés au créneau, d’abord pour réclamer une réunion du bureau politique, ensuite réclamer l’alternative. Les regards se tournent vers Ahmed Chami pour succéder à Driss Lachgar.

    M.C.

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