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    Nobel d'économie: Des travaux sur la pauvreté récompensés

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5614 Le 15/10/2019 | Partager
    Les lauréats ont introduit une nouvelle approche
    Quelque 700 millions de personnes touchées
    Un défi de taille pour la BM et le FMI qui tiennent leurs Assemblées
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    Cette année, le prix Nobel d'économie récompense les travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde. Il a été attribué, hier 14 octobre, à la Franco-Américaine Esther Duflo et aux Américains Abhijit Banerjee et Michael Kremer.

    Leurs travaux ont introduit une nouvelle approche (expérimentale) pour obtenir des réponses fiables sur la meilleure façon de réduire la pauvreté. C’est ce qu’a annoncé le secrétaire général de l'Académie royale des sciences, Göran Hansson à Stockholm.

    Au milieu des années 90, Michael Kremer (âgé de 54 ans), professeur à l'Université d'Harvard, a effectué des expériences dans l'ouest du Kenya. Il a démontré à quel point cette approche peut être puissante en utilisant des expériences de terrain pour tester diverses interventions susceptibles d'améliorer les résultats scolaires.

    Le couple Abhijit Banerjee et Esther Duflo a ensuite réalisé des études similaires sur d'autres questions et dans d'autres pays. Leurs méthodes de recherche expérimentale dominent désormais l'économie du développement.

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    Réduire la pauvreté est un défi désormais à notre portée. Quelque 700 millions de personnes vivent encore dans l'extrême pauvreté, selon la Banque mondiale. Celle-ci organise, conjointement avec le FMI, les Assemblées annuelles du 16 au 19 octobre à Washington. Et le thème de la lutte contre la pauvreté est au menu de cette édition.

    Esther Duflo est la seconde femme à recevoir le prix Nobel d'économie. Professeure de cette spécialité au Massachusetts Institute of Technology (MIT), où exerce également son époux, elle est l'une des économistes les plus célébrées dans le monde. Elle avait reçu en 2010 la médaille John Bates Clark (qui récompense les travaux d'économistes de moins de 40 ans aux Etats-Unis). Ceux qui obtiennent cette médaille finissent en général par obtenir le Nobel. C’est le cas des économistes Joseph Stiglitz, Paul Samuelson, Milton Friedman, James Tobin ou encore Paul Krugman…

    «Je suis très honorée. Pour être honnête, je ne pensais pas qu'il était possible de gagner le Nobel aussi jeune», a réagi l'économiste Esther Duflo qui devient à 46 ans la plus jeune des lauréats du prix d'économie. Ses travaux lui avaient valu en 2013 d'être choisie par la Maison-Blanche pour conseiller le président Barack Obama sur les questions de développement (en siégeant au sein du nouveau Comité pour le développement mondial).

    Brune aux cheveux coupés au carré, au regard décidé, la Franco-Américaine a eu les honneurs en 2010 d'un portrait d'une dizaine de pages dans le New Yorker. Un numéro avait été dédié aux «innovateurs de notre temps». L'hebdomadaire américain The New Yorker la qualifie «d'intellectuelle française de centre gauche qui croit en la redistribution et qui souscrit à la notion optimiste que demain sera peut-être meilleur qu'aujourd'hui».

    Son livre «Repenser la pauvreté», co-écrit avec l'Américain Abhijit Vinayak Banerjee, a reçu le prix du livre économique de l'année Financial Times/Goldman Sachs en 2011. «Cet effort pour changer la perception de la pauvreté, elle aimerait aussi réussir à l'appliquer au regard porté sur l'économie et les économistes», tel est son souhait.

    Dernier-né des Nobel, le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel a été créé en 1968 pour célébrer les 300 ans de la Banque de Suède. Il avait été attribué en 2018 aux Américains William Nordhaus et Paul Romer qui ont décrit les vertus et nuisances de l'activité économique sur le climat.

    La saison Nobel prend fin

    Après une édition 2018 marqué par le report du prix de littérature, la saison Nobel 2019 n'aura guère soulevé de passions ni suscité de polémiques par-delà la consécration de l'écrivain autrichien Peter Handke. L'auteur de «L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty» est honni dans une partie des Balkans pour ses positions pro-Serbes et sa présence en 2006 aux funérailles de l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, accusé de crimes contre l'humanité et génocide. Comme attendu par les critiques, le prix de littérature 2018 est revenu à une femme, la Polonaise Olga Tokarczuk. Quant au prix de la paix annoncé à Oslo, il est allé au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed pour son action en faveur du rapprochement de son pays avec l'Erythrée. Les prix sont remis aux gagnants lors de cérémonies à Stockholm et Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de leur créateur, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896). Chaque Nobel consiste en une médaille d'or, un diplôme et un chèque de neuf millions de couronnes suédoises (environ 830.000 euros).

    F. Z. T.

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