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    Analyse

    Caisse de dépôt et de gestion: Des packages pour l’industrie, les régions, les EnR

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5613 Le 14/10/2019 | Partager
    Une capacité d’investissement de 3 milliards de DH sur les 5 prochaines années
    Un fonds de 1,7 milliard pour financer les entreprises dans les métiers mondiaux
    Tout un dispositif pour le déploiement de la régionalisation
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    Le Maroc a l’un des taux d’investissements les plus élevés au monde (32%)! Mais cela ne permet pas de réaliser la croissance escomptée. Jusque-là, le Maroc a investi massivement dans les infrastructures et les grands chantiers structurants. Pour autant, la croissance reste faible, le développement est non inclusif et les inégalités se sont accentuées sur fond d’un essoufflement des créations d’emplois.

    «Le problème réside dans la qualité de la croissance, car elle est irrégulière, insuffisamment inclusive et crée des inégalités qui s’accentuent d’année en année», analyse Mohammed Berrada, président de la Commission économique et financière de la CFCIM. C’est un problème de productivité, poursuit Berrada. La solution réside, selon Abdellatif Zaghnoun, DG de la CDG, dans la transformation structurelle du tissu productif.

    En clair, il va falloir renouveler les secteurs traditionnels par des activités créatrices de valeur ajoutée, à l’instar de l’automobile et l’aéronautique, soutient Zaghnoun. Parmi les secteurs censés opérer une restructuration, figurent l’agro-industrie, les produits de la pêche... «Ils ont besoin de restructuration pour s’inscrire dans un processus de mondialisation à l’export avec un positionnement aux standards internationaux», préconise le patron de la CDG.

    Plus encore, selon Zaghnoun, la transformation de l’agro-industrie permettra à coup sûr une création de valeur ajoutée, des activités dans la logistique, le conditionnement, le transport et des emplois par milliers dans le monde rural. Ce qui permettra de stabiliser les ménages et limiter l’exode rural. Mieux encore, cela devra anticiper et accélérer le développement de l’industrie de transformation dans les différentes régions du Maroc.

    Les métiers mondiaux apportent justement une solution, mais qui reste partielle. La CDG se dit fière d’avoir accompagné le franc succès de l’automobile avec Renault Tanger et PSA Kénitra. Pour rappel, PSA table à terme sur un taux d’intégration de 85%. «C’est un enjeu important, mais encore faut-il que les capitaux marocains soient présents dans cet écosystème. Les entreprises marocaines doivent s’impliquer dans cet écosystème. Pareil pour la CDG», insiste Zaghnoun.

    Ce constat plaide en faveur d’interventions plus ciblées et plus efficientes de la CDG dans le processus de transformation et du renforcement de la productivité du tissu industriel.  Ce qui passe par le développement d’écosystèmes industriels et de zones franches, à même d’apporter de la valeur ajoutée, de la taille critique, anticiper les évolutions et se positionner dans les métiers mondiaux avec une forte dose d’innovation.

    Sur l’industrie, la CDG se positionne en «investisseur stratégique» en contribuant à l’émergence de secteurs essentiels à de l’économie nationale. D’ailleurs, la Caisse mobilise une capacité d’investissement de 3 milliards de DH sur les 5 prochaines années.

    Un fonds de 1,7 milliard de DH a été mis en place pour financer les entreprises dans les métiers mondiaux, ou encore les sociétés  qui souhaitent intégrer les écosystèmes déjà en place (automobile, aéronautique, agro-industrie...). Dans le même sillage, la CDG prévoit un fonds de 1 milliard de DH pour accompagner les PME.

    En plus de son expertise avérée en termes de transformation industrielle et du succès dans les métiers mondiaux, la CDG apporte des offres et solutions pour faciliter le déploiement effectif de la régionalisation avancée. La contribution de la CDG consiste à coller aux besoins et attentes exprimés via les plans de développement régionaux (PDR) pour créer de la valeur et des emplois dans les territoires.

    Certes, les régions ont besoin de structures et de compétences, manquent de ressources qualifiées, d’expertise dans la gestion et suivi de projets, la gouvernance... Sur ce point précis, la CDG  prépare une offre globale pour apporter des solutions aux collectivités territoriales.

    «Nous avons développé une offre globale et intégrée en termes d’expertise, de financement et investissements à destination des régions», annonce Zaghnoun. Une expérience pilote a été enclenchée avec Marrakech. «Nous allons identifier 5 à 6 projets qui vont servir de modèles à généraliser», poursuit le DG. Dans son portefeuille d’expertise, la CDG fait valoir son savoir-faire dans l’ingénierie, les techniques d’aménagement-développement, les études, les barrages, infrastructures... La filiale CDG Capital se propose d’aider les territoires à faire des business plan.

    Pareil pour MedZ qui peut aider les régions à choisir les projets pertinents et les lieux d’implantation. L’autre filiale Finéa fait valoir son rôle dans le financement de PME pour faire émerger des entreprises régionales... «Ce sont là autant d’initiatives qui vont opérer des transformations réelles à l’échelle des territoires et opérer des effets inclusifs», soutient Zaghnoun.

    Autre périmètre d’accompagnement: la transition énergétique et le développement d’une économie durable. Il va sans dire que le Maroc s’est fixé des objectifs ambitieux en termes d’énergies renouvelables: 42% dans le mix énergétique à horizon 2020 et 52% à horizon 2030. P

    areil pour l’efficacité énergétique, dont l’objectif porte sur la réduction de 12% en 2020 et 15% en 2030. Or, aujourd’hui, l’on est encore loin du compte. Il va donc falloir accélérer le processus à travers des partenariats public-privé (PPP). «Nous pouvons contribuer aux EnR et à l’efficacité énergétique par la création d’un interlocuteur entre le public et le privé», annonce Zaghnoun.

    Sur l’efficacité énergétique, la CDG propose des solutions pour l’éclairage public, qui représente 60% de l’ensemble des dépenses des communes, les bâtiments publics, les complexes sportifs... «Nous sommes en négociations pour mettre en place un plan portant sur l’amélioration de la consommation de l’éclairage public», fait valoir le dirigeant.

    Réduire de 50% les filiales d’ici 2021

    La CDG compte quelque 140 filiales et participations (104 filiales et 39 participations exactement). «Nous voulons réduire de 50% nos filiales à l’horizon 2021», annonce Zaghnoun. Et d’ajouter:  la nouvelle organisation permettra d’éviter la redondance, les interférences et la destruction de valeur.

    Amin RBOUB

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