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    Economie

    L’Onssa au Club de L’Economiste: Résidus de pesticides: Un scandale tu depuis 40 ans!

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5604 Le 01/10/2019 | Partager
    Seuls les fruits, légumes et agrumes destinés à l’export subissent les contrôles
    Dans les marchés de gros, le désordre le dispute à l’incurie
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    Marché de gros de Casablanca, le plus grand du pays. C’est aux collectivités locales qui ont en charge la régulation et la gestion de ces marchés de s’assurer que les contrôles sanitaires y sont effectués (Ph. L'Economiste)

    Sur les marchés extérieurs (malgré des misères à une certaine période en Russie), l’Onssa jouit plutôt d’une bonne crédibilité. Ses laboratoires sont accrédités par l’Union européenne, les Etats-Unis et les grands pays vers lesquels le Maroc exporte ses produits alimentaires. Le certificat sanitaire que délivre l’Office pour l’export a une reconnaissance internationale.

    Le processus de contrôle comme les diligences appliquées aux fruits et légumes sont d’une telle sévérité qu’ils contrastent avec une quasi-absence pour les fruits et légumes qui transitent par les marchés de gros. Ce sont ceux-là que vous achetez sans doute régulièrement dans les marchés près de chez vous.

    Ce qui est pisté par les contrôles à l’export, ce sont les seuils de résidus de pesticides. Ce sujet a été érigé en priorité absolue en 2018, à l’arrivée de la nouvelle équipe de direction à l’Onssa. «Il faut avancer, faire quelque chose plutôt que de continuer à établir des constats», dit Abdallah Janati, directeur général.

    Avant 2010 (ndlr: à la création de l’Onssa), personne ne parlait de pesticide. Il n’y avait même pas de réglementation, poursuit-il. Il a fallu bâtir les fondations: le système d’homologation des pesticides à commercialiser et fixer les limites maximales des résidus. Au total, 80 sociétés assurent l’importation et un millier de détaillants assurent la distribution.

    Sur ce millier, seuls 270 ont les capacités techniques et professionnelles pour commercialiser les pesticides. Au reste, l’Onssa a fixé 6 mois pour se mettre en règle, sinon, ils seront évincés du marché. Le Maroc importe 15.000 à 20.000 tonnes de pesticides par an. A cette offre, il faut ajouter une importante quantité de produits qui arrivent par les réseaux de contrebande.

    Sur le plan du contrôle, tous les produits (fruits, légumes, agrumes) destinés à l’export passent obligatoirement par une station de conditionnement agréée par l’Onssa où ils subissent des vérifications de seuils de résidus de pesticides.

    Au moindre dépassement, le produit est renvoyé. Ce transit vise à préserver la crédibilité de l’ «origine Maroc». Car tout «incident» ou «sinistre» peut coûter très cher et pas seulement financièrement. Selon les derniers rapports de Bruxelles, le Maroc figure parmi les bons élèves de la classe en termes de non conformités.

    Que fait-on pour les produits destinés à la consommation locale qui passent pour l’essentiel par les marchés de gros? Le contrôle des résidus des pesticides y est inexistant, confirme le management de l’Onssa.  Il y règne une telle désorganisation que la traçabilité est impossible. C’est aux collectivités locales qui ont en charge la régulation et la gestion de ces marchés, de s’assurer que les contrôles sanitaires y sont effectués.

    A ce jour, ce n’est pas le cas. Or, c’est de là que partent les fruits, légumes et agrumes vendus dans les marchés de proximité. On est clairement dans un système de deux poids, deux mesures. Pour le management de l’Onssa, la grande distribution dispose de ses propres outils via des cahiers des charges pour maîtriser le risque sanitaire lié aux pesticides.

                                                                                               

    ■ Fièvre aphteuse: 25 millions de bêtes vaccinées
    C’est un gros département de l’Onssa qui consomme la moitié du budget de l’Office (qui s’élève à 1,2 milliard de DH). De ce montant, l’investissement absorbe 500 à 600 millions de DH. Le budget de fonctionnement de la santé animale est de 300 millions de DH pour un effectif de 600-700 personnes, constitué de vétérinaires (médecins et techniciens). Ce sont eux qui veillent sur la santé du cheptel contre les pathologies. Un technicien est recruté à 4.000 DH de salaire.  En 2019, la fièvre aphteuse a mobilisé d’importants moyens, 300 millions de DH, provenant d’une rallonge budgétaire. Celle-ci a été mobilisée en moins d’une semaine parce qu’il fallait réagir très vite. Le virus de cette année était très virulent pour les moutons avec une puissance de létalité élevée. Pour éviter la propagation du virus de la fièvre aphteuse, l’Onssa a lancé une opération de vaccination de 3 millions de bovins et tout le cheptel de caprins, soit 25 millions de têtes. C’est pour la première fois que cela arrivait au Maroc, assure le management de l’Onssa. Il est prévu un rappel de vaccin l’année prochaine. Le Maroc est le seul pays en Afrique disposant d’un programme de lutte contre la fièvre aphteuse reconnu par l’Organisation mondiale de la santé animale.

    ■ Tuberculose: 18 à 20% des bovins atteints
    Le Maroc est un pays endémique, concède le directeur général de l’Onssa. Les équipes de l’Office ont procédé aux premières évaluations. Selon leurs investigations, le taux de prévalence de la tuberculose dans le cheptel bovin se situe entre 18 et 20%, «ce qui est très élevé». Pour conduire le programme d’éradication, il faudra 8 milliards de DH, estime la direction de l’Onssa. «On n’est pas condamné à avoir un niveau si élevé de tuberculose. Il va falloir des choix, les scénarios sont prêts», indique le patron de l’Office national de santé et de sécurité alimentaire.

    ■ Le lait de colportage est impropre à la consommation
    Toutes les unités de transformation du lait sont agréées par l’Onssa et conformes. Le lait vendu dans les rayons des supermarchés et les hypermarchés est propre à la consommation. Il subit un certain nombre de traitements thermiques qui éliminent tous les risques. En revanche et contrairement à l’idée répandue au sein de la population, le lait de colportage (celui qui est vendu dans la rue), soit 20% de la production globale, présente de gros risques sanitaires, prévient le directeur général de l’Onssa. Les conditions de transport et la chaîne de froid ne sont pas garanties.

    ■ Protection des végétaux: 80 à 100 millions de DH de budget
    Le budget affecté à cette activité se situe entre 80 à 100 millions de DH pour l’investissement, et 20 à 30 millions de DH pour le budget de fonctionnement.

    A.S.

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