×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Société

    Culture, art et création, des voies royales

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5600 Le 25/09/2019 | Partager
    Dominique de Villepin met l’accent sur ces axes
    Les changements de paradigmes créent un «univers dangereux»
    dominique-de-villepin-00.jpg

    Dominique de Villepin, ancien chef de la diplomatie française: «Pour redonner confiance en son peuple, il faut d’abord lui redonner de la fierté, mais aussi le convaincre qu’il peut reprendre son destin en main» (Ph. MAP)

    «Le 21e siècle peut être le siècle de l’Afrique», telle est la conviction de Dominique de Villepin, ancien premier ministre de la République française, invité jeudi dernier par le Conseil du développement et de la solidarité (CDS).

    «Pour y parvenir il faut d’abord une prise de conscience culturelle de l’identité africaine et du rôle de la culture, de l’art, du sport et de l’innovation. Quand je vois la diversité des talents qui s’expriment dans le continent je pense que l’on ne fait pas assez pour les encourager alors qu’avec très peu de moyens on pourrait activer un espoir qui n’existe pas aujourd’hui dans certaines sociétés», suggère-t-il.

    Lucide dans ces constats, ce grand ami du Maroc, aspire à promouvoir une culture de la paix. «Plus que jamais, il nous faut redécouvrir l’importance de la culture, l’art, la création et le sport. Ce sont des voies royales», insiste-t-il.

    «Effacement des modèles»

    Devant un parterre de hauts fonctionnaires, diplomates et hommes d’affaires, l’ancien chef de la diplomatie française a décliné ses opinions et constats sur la géopolitique mondiale, mais aussi son analyse pour réinstaurer la paix dans le monde. «Aujourd’hui, la mondialisation crée des désespoirs. Elle nous place devant une mécanique économique très instable qui conduit à s’interroger sur le sens et la pérennité de cette mondialisation», indique-t-il.

    Le monde est ainsi marqué par l’incertitude et la volatilité. «Le petit épargnant a toujours le sentiment que l’on gagne à son détriment et 70% des classes moyennes des pays développés voient leur revenu diminuer ou au mieux stagner». De plus, avec des promesses économiques, politiques et sociales rarement au rendez-vous, les citoyens ont tendance à se diriger vers les discours les plus radicaux. Ce qui leur donne le sentiment que les choses peuvent changer», analyse-t-il.

    Selon de Villepin «tout cela pourrait s’expliquer par la transition géopolitique, économique ou énergétique». Cela ne serait donc que passager si la visibilité et l’instabilité n’étaient pas accrues par l’effacement des modèles.

    En effet, la répartition des matières premières, la monnaie, ou encore la technologie réinventent peu à peu une économie très différente de celle que l’on a connu ces dernières années. «Tout cela crée un univers particulièrement dangereux où tous nos modèles de référence commencent à disparaître», constate l’ancien premier ministre.

    Contre les armes

    Passionné par les questions internationales, Dominique de Villepin suggère des solutions pour «relever les défis de la paix et la solidarité dans le monde». «De nombreux pays pensent que la réponse à la crise internationale est l’intervention militaire. C’est évidemment une absurdité», s’insurge-t-il.

    «Toutefois, l’on constate que les Etats qui tiennent des discours radicaux, ou font usage de violence tiennent le haut du pavé. En revanche, les pays raisonnables, sages, justes et équitables donnent le sentiment d’être décalés», regrette-t-il.

    Selon lui, le défi actuel est de parvenir à instaurer un processus de paix entre les nations. «Il est temps de s’atteler au travail de la paix, de nous doter des outils pour construire un nouvel ordre, stable et juste. Des solutions existent, mais elles nécessitent de la patience, de l’imagination et de la volonté», insiste-t-il. 

                                                              

    dominique_de_villepin_00.jpg

    Source Editions Grasset

    Dominique de Villepin a deux expertises: la diplomatie, et surtout, Napoléon. Sur l’empereur, si l’on ne veut lire qu’un volume, ce sera «Soleil noir de la Puissance». Une réflexion (contemporaine) des formes du pouvoir.

    Quant à l’essai, «Mémoire de paix pour temps de guerre», on suivra avec attention les développements du début. Ils expliquent,avec pénétration, ce monde bizarre qui ne croit plus à la paix, mais où l’ancien ministre des affaires étrangères s’est opposé au gouvernement américain, en refusant l’invasion de l’Irak.

    Chacun connaît l’essence de cette opposition: «Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'Occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout, face à l'histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur». (Conseil de sécurité, 14 février 2003).

    Tilila EL GHOUARI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc