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    Licornes/investisseurs: Fin de la lune de miel?

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5600 Le 25/09/2019 | Partager
    Fiasco de l’introduction en Bourse de WeWork
    Crise de gouvernance, fronde, défiance, actions à votes multiples…

    WeWork, géant américain du co-working, peine à convaincre Wall Street de la solidité de son modèle économique. Le géant américain devait faire en début de semaine ses premiers pas au Nasdaq. Une cotation qui s'annonçait spectaculaire avant la suspension brusque de l’opération.

    Lorsque la startup déposait mi-août son prospectus d'introduction devant la Securities and Exchange Commission (SEC), la licorne valorisée à 47 milliards de dollars affichait sa confiance et espérait lever 3,5 milliards. Mais il fallait, avant, rassurer les investisseurs. Plusieurs, dont l’actionnaire principal Softbank, auraient émis des doutes sur une opération qui se négocierait autour de 15, voire 20 milliards de dollars, soit deux à trois fois moins.

    Le fiasco pourrait aujourd'hui coûter sa place au directeur général et cofondateur Adam Neumann. Selon Reuters, le géant japonais des télécoms Softbank chercherait désormais à évincer son dirigeant. Le mécène japonais, qui a investi 10 des 12 milliards de dollars levés par WeWork ces dernières années, pourrait être soutenu par la société Benchmark Capital.

    Les deux investisseurs disposent chacun d'un siège sur les sept que compte le conseil d'administration de la startup new-yorkaise. A ce stade, aucune des entreprises n'a souhaité confirmer la procédure, évoquée pour la première fois par «Wall Street» dimanche soir. La crise de gouvernance a vu la valorisation de WeWork divisée par quatre depuis mi-août.

    La défiance de plus en plus récurrente des investisseurs annoncerait-elle un tournant pour les startups qui visent la Bourse. Généralement appelées «licornes», le terme est employé pour désigner une startup, principalement de la Silicon Valley, valorisée à plus de 1 milliard de dollars. Il y a sept ans, Mark Zuckerberg, patron de Facebook, faisait avaler aux investisseurs la pilule de son irrévocabilité. Pareil pour Evan Spiegel, créateur de Snap, qui, il y a deux ans et demi, leur vendait des actions sans droit de vote, une première.

    Dans le flot de critiques touchant WeWork, celle sur sa valorisation boursière (47 milliards) est la plus récurrente. S’y ajoutent les critiques sur la gouvernance sans partage de son dirigeant Adam Neumann qui constituent les principales raisons de la fronde de plusieurs investisseurs et analystes. Par le biais d'actions à droits de vote multiples, le cofondateur de WeWork est quasiment intouchable au conseil d'administration.

    Le dirigeant s'est depuis engagé à réduire partiellement son contrôle sur l'entreprise. Dans un document envoyé à la SEC, l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, «The We Company», l’entité qui comprend WeWork, a annoncé la modification de sa gouvernance.

    Le document annonce la nomination d’un administrateur indépendant d’ici la fin de l’année et les droits de vote de son patron et cofondateur réduits de 20 à 10 fois le pouvoir d’un actionnaire lambda. Aucun membre de sa famille ne pourra siéger au conseil d’administration, qui aura à choisir le directeur général qui lui succédera. La possibilité a également été donnée au conseil d'administration de le révoquer.

    Le droit de regard de sa femme sur le choix de son successeur a été annulé en cas de décès. S’y ajoute la limitation, à 10% de sa participation, de toute cession dans les deux prochaines années. La licorne a modifié sa gouvernance pour sauver son introduction en Bourse. Sauf que cette carte ne semble pas suffire.

    Modèle économique

    Selon le «Wall Street Journal», WeWork devra encore lever près de 20 milliards de dollars pour soutenir la croissance de son empire d'ici à 2026, date à laquelle l'entreprise envisage la rentabilité. Pour rassurer les investisseurs et ne pas s'appuyer que sur l'acquisition (coûteuse) de nouveaux membres, WeWork s'échine depuis quelques mois à diversifier ses activités. L’entreprise a poursuivi sa mue en devenant The We Company. Son pôle «autres revenus», en forte croissance, s'appuie notamment sur le développement de «Powered By We», un service d'aménagements de bureaux, proposé à des entreprises déjà propriétaires de leurs locaux.

    M.Ko.

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