×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Changement climatique: L’ONU veut améliorer l’accord de Paris

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5599 Le 24/09/2019 | Partager
    Plusieurs pays annoncent leur intention d’être neutres en carbone d’ici 2050
    Les Etats-Unis, les grands absents du sommet sur l’urgence climatique
    paris_climat_onu_099.jpg

    C’est ce mardi que doivent démarrer les interventions des chefs d’Etat et de gouvernement  sur l’urgence climatique. Une soixantaine de dirigeants mondiaux se sont retrouvés lundi à l’ONU pour un sommet censé revigorer le chancelant accord de Paris, alors que jamais l’humanité n’a rejeté dans l’atmosphère autant de gaz à effet de serre.

    Trois jours après que des millions de jeunes ont manifesté sur cinq continents pour le climat, et quatre jours avant une nouvelle grève mondiale de l’école, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, «espère que des dizaines de pays opteraient pour  une révision à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre». Moins de la moitié des 136 chefs d’Etats et de gouvernements qui viennent cette semaine à New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU ont demandé à participer.

    Symbole de la jeunesse révoltée, la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, a été invitée à prononcer devant les dirigeants un discours qu’on attend sans détours.

    A la tribune, les Etats-Unis seront les grands absents. Donald Trump sera dans les murs mais s’exprimera à un événement sur la liberté de religion. Le Brésil et l’Australie, dont le Premier ministre conservateur était à la Maison Blanche la semaine dernière, non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les Etats-Unis, s’exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi.

    L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon mais qui s’active dans les énergies renouvelables, devait rencontrer  Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique. Un nombre important d’Etats devraient annoncer leur intention d’être neutres en carbone d’ici 2050, selon Antonio Guterres, c’est-à-dire qu’ils réduiront grandement leurs émissions et compenseront le reliquat par des plantations d’arbres qui absorbent le carbone de l’air.

    Cet objectif de «neutralité carbone», considéré si radical en 2015 qu’il avait été exclu du texte de l’accord de Paris, est devenu un point de ralliement pour de plus en plus d’Etats (Royaume-Uni, France... Union européenne...) et de multinationales, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’œil.

    Les cinq années passées auraient constitué la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. (Voir encadré). La Terre est en moyenne plus chaude d’1 degré qu’il y a un siècle. Et le rythme va en s’accélérant.

    Mais les promesses de lundi n’auront pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique.

    Selon l’ONU, 75 des 195 pays signataires de l’accord de Paris ont déjà exprimé  leur intention de le faire. Les Etats-Unis de Donald Trump n’en font pas partie. Dans l’actualité plus brûlante, l’Amazonie sera le sujet d’une réunion qui devait être organisée par le Chili, la Colombie et la France hier lundi,  juste avant le sommet à 12 heures GMT, avec le lancement prévu d’une initiative pour la protection des forêts tropicales.

    Le sujet est sensible après que le président brésilien Jair Bolsonaro, en conflit ouvert avec Emmanuel Macron, a dénoncé une remise en cause de la souveraineté du Brésil, qui contient la majorité de la forêt amazonienne. La France rassure: la réunion se fera «dans le respect de la souveraineté de chacun», selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, relayé par l’AFP.

    L’agenda du président iranien, Hassan Rohani, devait également être  suivi de près par les diplomates, même si une rencontre avec Donald Trump semble peu probable, après les attaques contre des installations pétrolières saoudiennes attribuées à Téhéran par Washington.

    Les 5 dernières années, les plus chaudes

    Les cinq dernières années (2015-2019) auraient constitué la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). A la veille de la tenue d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York, l’OMM a indiqué que la période 2015-2019 s’est caractérisée par une température moyenne plus élevée de 1,1 degré centigrade par rapport à celle de 1850-1900.
    Le mois de juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température. Ainsi, le charbon, le pétrole et gaz ont poursuivi leur croissance en 2018. Les émissions de gaz à effet de serre ont encore augmenté, et pour 2019, elles seront «au moins aussi élevées» qu’en 2018, soulignent les scientifiques, auteurs du rapport pour l’ONU. Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4 degrés  d’ici 2100. Il en ressort que les efforts anti-carbone doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5 degré, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015. La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM, précisant notamment que la montée du niveau des océans s’accélère, à cause de la fonte plus rapide des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud. Dans ce contexte, une soixantaine de dirigeants ont été  conviés par l’ONU à un sommet, à la veille de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies.

    A.G.

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc