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    Economie

    Industrie: Il faut sauver l’investisseur national

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5598 Le 23/09/2019 | Partager
    Pas de développement sans une forte industrie locale, martèlent les investisseurs
    Pas d’encouragements ni de régime adapté pour l’investisseur national
    L’industrie se doit de se sophistiquer

    Entraves à tous les niveaux, taxes en tous genres, pour l’homme (ou la femme) d’affaires national qui veut se lancer dans l’industrie c’est un véritable parcours du combattant qui l’attend. Et le résultat ne se laisse pas attendre, les investissements au capital national ont chuté quasiment de moitié en quelques années, passant de 31 milliards de DH en 2014 à 17 milliards en 2017, selon Adil Rais, président de la CGEM-Nord qui se base sur des statistiques du Haut Commissariat au Plan.

    «Au Maroc, nous avons réussi à attirer des investissements étrangers mais nous avons failli à mobiliser l’investissement national», conclut le patron des patrons au Nord qui intervenait lors d’une conférence organisée par la CGEM-Nord sur le développement de l’investissement national. «Et ce n’est pas seulement la fiscalité qui est en cause, même l’investissement est taxé», indique Rais.

    Pour ce dernier, une opération somme toute banale comme l’extension du poste transformateur d’électricité pour un industriel qui veut étendre ses installations est soumise à une attestation de conformité, document lui-même soumis à une taxation variant entre 500.000 et 2 millions de DH de la part de la Mairie.

    «Elle est calculée selon un barème incluant la superficie des installations mais aussi la largeur de la voie adjacente», explique le président de la CGEM-Nord qui rajoute que des projets d’extension de plusieurs entreprises sont à l’arrêt à cause de cette taxe.

    Mais ce qui dérange le plus l'homme d’affaires, c'est la dualité au moment de traiter avec les investisseurs, favorisant celui qui vient de l’étranger au détriment du national: avantages, taxation et même prix de l’énergie. En effet, le prix du kilowatt-heure est inférieur à la TFZ, suite à une convention du prix normal pratiqué dans les autres zones industrielles.

    Il y a des solutions comme le draw back qui permet de récupérer une partie de ce coût «mais face à la paperasse nécessaire, les opérateurs nationaux capitulent vite», note Rais qui appelle à ne pas oublier les industriels nationaux. D’autant que les possibilités ne manquent pas comme le souligne Yassine Haddaoui, directeur à la Caisse de Dépôt et de Gestion. Pour ce dernier, l’industrie permet de créer rapidement des emplois.

    Le Maroc a réussi à le faire mais de manière inégale, se démarquant seulement en matière d’industrie automobile et de l’aéronautique, «ce qui peut être vu comme un élément négatif est en réalité une aubaine car il montre que des opportunités existent». Car la diversification est primordiale, le mappage de l’industrie marocaine permet de relever de grandes lacunes et des pans entiers de secteurs qui manquent à l’appel.

    CESE: Il faut travailler sur la profondeur d’intégration

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    Pour Ahmed Reda Chami, président du Conseil économique social et environnemental (CESE), le principal défi de l’industrie marocaine reste la profondeur d’intégration. «L’industrie marocaine doit se sophistiquer», conseille Chami, ancien ministre du secteur, elle se doit de chercher de nouvelles opportunités là où les occasions se présentent et elles sont légion. Mais le président du Conseil appelle aussi les industriels à compter sur eux-mêmes et à ne pas trop attendre ni avoir recours à l’administration. Il s’agit de favoriser les rencontres et à chercher des fournisseurs locaux. Chami a aussi insisté sur le fait de trouver de nouveaux débouchés. Le Maroc s’est concentré sur les métiers mondiaux mais il y a d’autres opportunités qui pointent leur nez. Le Maroc se doit aussi d’investir encore plus dans le capital humain. La formation professionnelle, mais aussi la formation de base qui manque chez certains profils. «Le Maroc a beaucoup investi dans le hardware, il est temps de se tourner vers le software» ajoute celui qui a été responsable chez Microsoft.

    Ali ABJIOU
     

     

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